L’urine.…. plus longtemps
mauvaise qu’elle reste plus longtemps dans le corps, tandis que la fiente ἃ d'autant moins d'odeur qu’elle y séjourne davantage ?
N'est-ce pas que l’une se dessèche à mesure qu’elle reste plus de temps dans le corps, et que la matière plus sèche se corrompt moins ? L’urine au contraire s'épaissit ; mais quand elle ἃ peu séjourné dans le corps, elle ressemble d'autant plus à la boisson initiale qu'on a prise.
Pourquoi ne sent-on plus les mauvaises odeurs des choses que l’on mange ἢ
N'est-ce pas parce que, l'organe de l’odorat confinant à la bouche par le voile du palais, la sensation
dans le corps. L'observation est exacte, ainsi que ce qui concerne le séjour des matières
fécales. — L'une. C'est-à-dire la matière fécale — Se corrompt.
Ou, « Se pourrit ».— S'épaissit.
C'est exact; et la couleur plus foncée de l'urine en est une preuve. À mesure que l'urine séjourne dans la vessie, elle se charge d'une foule de substances, que la chimie peut analyser, mais que l’Antiquité n'avait pas le moyen de reconnaître. — Ælle ressemble d’autant plus. Ceci n'est pas très exact; mais l'urine est d'autant moins colorée qu'elle a moins séjourné dans la vessie.
$ 2. Que l’on mange. Le grec dit au passé : « Des choses que l'on ἃ mangées ». Le contexte
démontre qu'il s’agit de l’action que le sens du goût exerce sur le sens de l'odorat ; et l’explication physiologique qu'essaie l’auteur est bien d'accord avec cette interprétation. Selon lui, c'est la présence des aliments dans la bouche qui empêche qu'on ait la perception de l'odeur. On peut faire soi-même
τ aisément celte expérience toutes
les fois qu'on mange du fromage un peu fort. — Confinant à la bouche par le voile du palais.
Le nerf olfactif n'est pas ex rapport avec la bouche, mais avec les fosses nasales, dans lesquelles 1] se ramifie, pour porter à l’encéphale la sensation de l'odeur; voir Béclard, Traité élémentaire de physiologie humaine, 6° édit.,
SECTION XIII, DES MAUVAISES ODEURS, $ 4 387 est pleine bien vite, et qu’on ne perçoit plus aussi bien la sensation intérieure ? D'abord, tout le monde sent parfaitement l'odeur; mais quand les aliments touchent les organes, on ne sent plus rien. On dirait que les deux sensations sont naturellement confondues, et que la sensation extérieure, qui est sem-
blable, s’efface sous la sensation du dedans.
Pourquoi les fleurs fanées ont-elles une plus mauvaise odeur ?
N'est-ce pas parce que la partie terreuse que la fleur renferme, se mêle alors à l’odeur ?
Pourquoi, parmi les animaux, n’y en a-t-il pas un seul qui ait une bonne odeur, si ce n’est la panthère ?
Ρ. 922. — Est pleine bien vite.
C'est l’expression même du texte; mais on peut trouver que cette expression n'est pas assez claire. — La sensation intérieure.
Sous-entendu : « De l'odorat. »
— D'abord. C'est-à-dire : «Avant d’avoir mangé ». — Qui est semblable. L'expression est ici encore assez obscure; je n'ai pu la modifier ; mais on comprend qu'il s’agit de l'odeur du dehors, qui est pareille à la sensation qu'elle doit causer au dedans. — La sensation du dedans est celle que cause la présence des aliments; ils annulent l'odorat.
ὃ 3. Les fleurs fanées.… Voir la même question plus haut, section XII, 889 et 11. Ici, elle est exposée plus concisément et ἃ part. — La partie lerreuse.
Ceci se rapporte à la théorie des quatre éléments.
δ 4. Si ce n’est la panthère. C'était une croyance fort répandue dans l'Antiquité. Théophraste la rappelle par deux fois, sans paraître y croire beaucoup; Traité des Causes des Plantes, livre VI, ch. 5. 8 2, et ch. 17, 89, pages 295 et 315, édit. Firmin-Didot.Théophraste, en s’occupant des odeurs des fleurs, émet beaucoup d'idées
Car on dit que l'odeur de cette bête plaît aux autres animaux eux-mêmes, qui la respirent avec passion. Et pourquoi les animaux, une fois morts, sentent-ils si mauvais, tandis que souvent les plantes mortes et desséchées n’en ont qu'une odeur plus agréable ? N'est-ce pas parce que la mauvaise odeur tient à ce que la sécrétion n’a pas tout à fait la coction nécessaire ? C’est ainsi que, chez certaines personnes ou dans certains cas, la sueur sent mauvais; et surtout chez les personnes qui, sans avoir toujours cette odeur, l’ont après une maladie. Les vents et les évacuations de matières imparfaitement digérées sentent mauvais. C’est là ce qui cause aussi la mauvaise odeur dans les viandes, ou dans les matières qui sont analogues à la chair. J'entends par Analogue la partie qui, dans d’autres animaux, correspond à la chair; car, dans cette partie spéciale, il peut se trouver encore de la sécrétion imparfaitement digérée. Pour lanimal vivant, c’est là ce qui produit la mauvaise odeur;
semblables à celles qui sont développées ici. Quel est l'original, quelle est la copie? Il serait bien difficile de le savoir. Cette question d'authenticité et d'attribution a été discutée dans la préface en tête des Problèmes.
— Plait aux autres animaux.
C'est encore ce que rapporte Théophraste, locc. citt. Cuvier, en parlant de la panthère dans le Règne animal, ne dit rien de cette prétendue qualité. — N'a pas tout à fait la coction néces-
saire. Le texte n’est pas aussi précis. — La sueur sent mauvais. Le fait est assez fréquent ; et celte mauvaise odeur peut venir d’un tempérament particulier, ou de la malpropreté.— Après une maladie. Ces affections passagères après [65 maladies ne sont pas rares. — Dans les viandes. Ou, « Les chairs ». — J'entends par analogue.… Dans d'autres animaux.
Commelesinsectes,parexemple, qui n'ont pas de chair. Voir
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et quand ils sont morts, c’est là ce qui tombe en pourriture. Si les matières grasses, les os, les poils, n'ont pas d'odeur mauvaise, c'est parce que quelquesunes de ces matières sont cuites, ou que les autres n'ont aucune humidité. Quant aux plantes, elles n'ont pas d’excrétion πὶ de résidu. Pourtant, les plantes en ont peut-être aussi; mais comme elles sont naturellement chaudes et sèches, l'humeur s’y digère plus aisément, et elle n’y devient pas boueuse. Dans les climats chauds, Syrie et Arabie, la terre ellemême a une odeur agréable. Tout ce que produisent ces pays a une bonne odeur, parce que tout y est chaud et sec, et que les substances de ce genre ne sont pas putrescibles. Au contraire, les animaux ne sont pas dans ces conditions ; leurs excrétions, quoique chaudes, sont indigestes et de mauvaise odeur ; leurs vents le sont également. Une fois morts, l'humidité se pourrit en eux ; mais elle ne se pourrit pas dans les plantes sèches, parce qu'elles ne contiennent pas d'humidité.
l'Histoire des animaux, livre IV, ch. 7, ὃ 8. — C’est là ce qui produit. C'est-à-dire la coction imparfaite. N'ont pas. d'excrétion πὶ de résidu. I n'y ἃ qu'un seul mot dans le texte. — L'humeur, ou la partie aqueuse de leur organisation.— Boueuse.
C'est la traduction fidèle du mot grec. — Syrie et Arabie.
La Syrie pouvait être assez bien connue des Grecs ; mais l'Arabie était d'un accès bien difhecile ; et ils ne pouvaient guère en
parler que par ouï-dire. Théophraste n’a rien dit des végétaux d'Arabie. — La terre elleméme. C'est sans doute exagéré ; et cette odeur agréable de la terre ne peut venir que des
aromates qu'elle produit. — De ce genre. C'est-à-dire, chaudes et sèches. — /ndigestes. Ou,
« imparfaitement digérées ». — L'humidité se pourrit en eux.
Le fait n'est pas exact; et la pourriture a d'autres causes que l'humidité,
JD.
Pourquoi les matières à odeur mauvaise sententelles plus mauvais quand elles sont chaudes que quand elles sont froides ?
N'est-ce pas parce que l’odeur est une vapeur et une émanation d’un certain genre ἢ Or, la vapeur et l’émanation sont produites par la chaleur; car elles sont une sorte de mouvement, et la chaleur est cause du mouvement. Le froid, au contraire, rend les choses immobiles et les contracte; il tend à descendre. Loin de là, la chaleur et toutes les odeurs tendent à monter, parce qu'elles sont dans l'air, et aussi parce que l'organe qui les perçoit est en haut et non en bas; car l'odeur, en aboutissant au cerveau, y cause la sensation.
Pourquoi, lorsqu'on ἃ mangé de l'ail, l'urine con-
8. 5. Quand elles sont chaudes. exact; et l'odeur monte dans Le fait est certain ; et l’explica- l'air parce qu'elle est plus tion est assez plausible; la légère. — L'organe qui les chaleur dilate, tandis que le percoit est en haut. 1] est vrai froid resserre et contracte. — que le nez est dans la partie
L'odeur est une vapeur. La supérieure; mais ce n’est pas définition de l'odeur est très pour cela que l'odeurest volatile.
difhicile, et il ne faut pas s’étonner que la définition donnée dans ce $ soit insuffisante. — Une sorte de mouvement, analogue peut-être à celui qui nous fait percevoir la lumière et le son. — Jl tend à descendre.
Cette expression est bien vague et peu conforme à la réalité. — Tendent à monter, Ceci est plus
— Au cerveau. Toutes les sensations, pour être perçues, doivent aboutir au cerveau: mais c'est spécialement aux fosses nasales que l'odeur provoque une perception, à cause des membranes particulières qui s'y ramifient.
8. 6. L'ail. L'ail, répandu dans toute la zône tempérée, est de
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tracte-t-elle de l'odeur, tandis que d’autres aliments, qui ont une odeur encore aussi forte, ne la communiquent pas à l'urine ?
Est-ce, ainsi que le disent des disciples d’'Héraclite, parce que l'ail s’'exhale dans le corps, comme il s’exhale dans la nature où il est répandu ; qu’en se refroidissant, il se dépose, produisant ici de l'humide, et là de l’urine ; et que lexhalaison qui vient de la nourriture, en sortant des matières auxquelles elle était mêlée, produit l'odeur ? Cette odeur viendrait alors du changement qui a lieu. Ou bien, ne faudraitil pas que toutes les substances qui ont de fortes odeurs produisissent aussi le même effet? Cependant elles ne le produisent pas. En outre, les concrétions venues d’évaporation ne reviennent pas à leur matière originelle, de manière que, par exemple, le vin venant du vin füt du vin et non de l’eau. Cette explication est donc une erreur. [ail est la seule substance qui relàche le ventre inférieur, parmi les substances
la famille des Liliacées-hyacinthinées ; 1] a en effet une action
s'exhale dans le corps. L’explication est insuflisante à cause
diurétique, mais moins forte de sa généralité. — Dans la que celle de plusieurs autres nature. Le texte dit: « dans le tribus de la même famille. Tout». — δέ que l'exhalaison.…
Voir le Traité général de Botanique de Lemaout et Decaisne, p. 590 et suiv. L'école Hippocratique avait bien observé ces qualités diurétiques etodorantes de l'ail; voir Hippocrate, Littré, tome IT, p. 485, tome VI, p. 575 et tome VII, p. 609. — Les disciples d'Héraclile. T’indication est trop vague; l'auteur aurait dû citer un nom.— L'air
Voilà la partie essentielle de la théorie d'Héraclite. — Ou bien.
Seconde explication propre à l'auteur, et qu'il semble préférer à la précédente.— De manière que, par exemple. L'exemple n'est pas assez clair. L'auteur veut dire sans doute que l’'évaporation du vin ne produit pas du vin, mais qu'elle produit de l'eau. — Celte explication. L'expression
qui ont à la fois une forte odeur et une action diurétique. Les autres substances agissent par en haut, comme le radis ; elles produisent des vents, ou du moins elles n’agissent pas sur l’urine. Du reste, les trois résultats se passent en bas, puisque l'ail provoque l’urination, produit des vents et agit dans la partie inférieure. La région qui avoisine les parties honteuses et la vessie subit toutes ces influences, parce qu’elle est proche et qu'elle est remplie d'air, comme le prouve bien l’érection de la verge. Il est clair que la sécrétion de l'ail descend dans la vessie, plus que toute autre substance analogue, en même temps que l'air; et en se mêlant à l'urine, il y produit l'odeur qu'elle répand.
de
Pourquoi l'haleine de gens qui n'ont encore rien mangé et qui sont à jeun, sent-elle plus fort ? Et c'est là ce qu’on appelle l'odeur du jeûne; et pourquoi après qu’on ἃ mangé, n’a-t-on plus cette odeur, bien qu’elle dût être plus sensible ἢ
du texte est moins précise. — logique. — Plus que toute autre Comme le radis. Les éructations substance analogue. Le texte
que cause le radis sont bien connues. Il est de la famille des crucifères ; voir le Traité général de Botanique de Lemaout et Decaisne, p. 414. — Puisque l'ail. Le texte n'a qu'un pronom indéterminé, qui ne peut se rapporter qu'à l'ail. — Remplie d'air, comme le prouve bien. C'est une erreur physio-
n'est pas aussi précis. — $e mélant à l'urine. On peut voir un phénomène du même genre, encore plus prononcé, quand on mange des asperges.
8.7. Sent-elle plus fort. Le fait est exact ; et quand on est à jeun, on a fréquemment une haleine mauvaise, qui disparait après qu'on a pris des aliments.