‹ Les Problèmes d'Aristote; (volume 2)Chapitre 80 sur 82 · AL · texte numérisé non relu

AL

Pourquoi si, dans les éclipses de soleil, on regarde à travers un crible, ou à travers des feuilles, par exemple, celles d’un platane ou de tel autre arbre à feuilles larges, ou entre les doigts d’une main mis sur les doigts de l’autre, les images portées sur la terre sont-elles des croissants ?

N'est-ce pas par la même raison qui fait que, quand

diculaire, de part et d’autre, on regarde à travers. J'ai con-

est le gnomon, dont l'ombre est portée plus ou moins loin, sur le diamètre qui représente la surface sur laquelle l'ombre

est projelée. — Parce que le soleil est plus haut. C'est la vraie raison. — Soit le gnomon

AD. La figure est facile à recomposer, comme la précédente, et dans les mêmes conditions, le soleil étant placé sur une demi-circonférence, et la lune sur une demi - circonférence concentrique et moins développée.

δ 11. Dans les éclipses de soleil. Il semble que cette observation doit s'appliquer surtout aux éclipses annulaires. — δὲ...

servé la formule du texte ; mais l'expression est évidemment incomplète ; et il faudrait dire :

« Si l'on regarde la lumière du soleil passant alors par un crible, etc. » Je n'ai pas cru devoir adopter cette traduction; mais elle ressort de tout ce qui suit. — Sont-elles des croissants, ou Ménisques, pour prendre le mot grec. Comme les éclipses de soleil sont assez rares, on n'a pas fréquemment l’occasion d'observer ces effets de lumière ; mais il faut d'autant plus louer l'auteur d'avoir fait ces observations. — N'estce pas par la même raison. La cause du phénomène n'est pas

la lumière passe par un trou à angles bien marqués, il se forme un rond et un cône ? La raison en est qu'il y a alors deux cônes, l’un qui vient du soleil au trou, l'autre qui va du trou au sol ; et que tous les deux sont opposés au sommet. Comme, les choses étant ainsi disposées, le soleil est coupé en haut en forme de cercle, 1] se produira un croissant à l’opposé de la lumière sur le sol ; car les rayons partent du croissant de sa circonférence. Avec l’enlacement des doigts ou avec les cribles, ce sont des espèces de trous qui se forment ; et c’est pour cela que le phénomène est ainsi plus évident que si la lumière passait par des trous plus grands. Mais il n’y a pas de ces effets pour la lune, πὶ quand elle décroit, ni quand elle s’accroit, non plus que quand elle disparaît complètement, parce que les rayons partis de ses extrémités ne sont pas assez vifs, et qu’elle ne brille que dans son milieu ; le croissant n’a qu'un milieu très peu étendu.

identique, et la forme de la lumière n'est pas la même dans les deux cas. La figure du méniscoide tient sans doute surtout à la transformation que subit la lumière, ne partant plus que d'une portion du disque solaire et non de l'astre entier. — Deux cônes. Cette dualité est certaine:

mais elle n'explique pas le phénomène lui-même.— Sont opposés au sommet. Ceci est encore exact. — Est coupé d'en haut en forme de cercle. Ceci se rapporte à la partie lumineuse du soleil, qui subsiste malgré l'éclipse. — 1 se produira un

croissant... Ce serait à vérifier; et 1] est probable que l'auteur aura pris cette peine. — Du croissant de Sa circonférence.

Le texte est moins précis. — Mais il n'y pas de ces effets pour la lune. Cette digression sur la lumière lunaire, comparée à celle du soleil, est comme la suite du $ précédent. — Partis de ses extrémités. Ce sont les deux cornes de la lune, soit dans son premier quartier, soit dans le dernier. — Non plus que quand eile disparait complètement. Le texte n’est pas aussi précis.—Dans son milieu. C'est-

Pourquoi ne se produit-il pas de parhélie quand le soleil est au milieu du ciel, et pourquoi n’y en a t-il pas non plus, ni au-dessus, ni au-dessous du soleil, mais seulement de côté ?

N'est-ce pas parce que le parhélie ne se produit que quand la vue est refractée par rapport au soleil, et parce que cette portion immobile de l’air où la vue se réfracte, ne doit être, ni trop près du soleil, ni trop loin ? Si elle était trop près, le soleil la dissoudrait ; si elle était trop loin, la vue ne serait plus réfractée. En effet, renvoyée de loin par un trop petit miroir, la vue devient incapable de percevoir; et alors il ne se produit pas de halo. Si la nuée, quiest à l'opposé du

à-dire le milieu de l'arc qu’elle forme dans un sens ou dans l’autre.

$ 12. Parhélie. D'après l’étymologie, on sait que le parhélie est une image du soleil formée dans un nuage qui l'avoisine.

Aristote a étudié spécialement le parhélie dans sa Météorologie, livre III, ch. 6, 88 5 et suiv. Les explications qu'il en donne se rapportent tout à fait à celles de ce $. — Mais seulelement de côté. Noir la Météorologie, loc. cit., 8 7. — Que quand la vue est réfractée. C'est un phénomène analozue à celui de l'arc-en-ciel, qui n’est non plus qu'une réfraction de la lumière solaire dans les gouttelettes d'un nuage. Il y a pour

le parhélie des conditions de position du spectateur comme pour l'arc-en-ciel — Cette portion immobile de l'air. C’est plutôt l'humidité de l'air; etil faut en effet qu'il y ait quelque chose d'immobile, pour que la lumière solaire puisse y agir.

— Si elle était trop près... Tous ces détails sont fort ingénieux.

— La vue ne serait plus réfractée.

L'expression n'est pas très juste ; il vaudrait mieux dire :

« La réfraction de la lumière solaire ne pourrait plus avoir lieu de manière que notre œil pût la voir ». — Par un trop petit miroir. ΤΟΙ encore, l'expression est insuffisante. Le miroir est le nuage où se produit le parhélie. — Zncapable de perce-

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soleil, est trop près de lui, le soleil la dissout ; si elle est loin, la vue sera trop faible pour y atteindre. Mais si c'est sur le côté que le parhélie ἃ lieu, il arrive alors que le miroir est éloigné à une distance si juste que le soleil ne peut dissoudre l’image ; et la vue ne peut s’égarer complètement, parce qu'elle porterait sous le sol. D'autre part, si le parhélie n’a pas lieu sous le soleil, c’est qu'étant dans ce cas près de la terre, il serait dissous par le soleil; et la vue se disperserait en haut du milieu du ciel. Enfin, le parhélie ne peut pas non plus se produire, même de côté, quandle soleil est au milieu du ciel, parce que la vue porte trop sous le sol, et qu’elle tombe trop peu sur le miroir. Par conséquent, elle sera impuissante, parce qu'elle sera réfractée tout entière.

Pourquoi l'extrémité de l’ombre formée par le soleil

voir. Le texte dit simplement : « faible ». — Trop faible pour y atteindre. Même remarque.

On pourrait traduire aussi:

« l’apparence visible sera trop faible » ; et alors notre œil ne pourrait pas la saisir. — Le miroir. C'est-à-dire le nuage qui nous réfracte la lumière et qui fait fonction de miroir, d’où la lumière nous est renvoyée.

— Parce qu’elle se porterait sous le sol. Ceci ne se comprend pas bien. Voir dans la Météorologie, loc. cit., ὃ 8, des idées toutes pareilles et des expressions analogues, — N'a pas lieu sous

le soleil, C'est une des alternatives posées plus haut. — Au milieu du ciel. C'est-à-dire, au méridien. — Trop sous le sol.

Ceci veut dire sans doute que la vue serait détournée vers le sol, où elle ne verrait plus le phénomène. — Sur le miroir.

C'est-à-dire, comme plus haut, le nuage qui nous renvoie la lumière, comme un miroir pourrait le faire. — /mpuissante.

Le texte dit « Faible », comme plus haut.

8 13. Semble-t-elle trembler.

Le fait est certain ; et c’est là une observation qu'on peut faire

parait-elle trembler ? Ce n’est certes pas à cause du mouvement du soleil ; car il est impossible qu'il ait un mouvement dans des sens contraires ; et c'est là précisément ce que fait la trépidation. De plus, le déplacement de l'ombre se fait insensiblement comme celui du soleil lui-même.

N'est-ce pas à cause du mouvement d'objets qui sont dans l’air et qu'on nomme des poussières ? On les aperçoit dans les rayons de soleil qui passent par les fenêtres, et on les voit en mouvement, sans même qu'il y ait le moindre vent. Ces particules allant constamment de l’ombre dans la lumière, et de la lumière dans l’ombre, la limite commune de l’ombre et de la lumière semble se mouvoir tout près de l’endroit où elles sont. Comme, d’un côté, elles font une sorte d'ombre, et que, de l’autre côté, elles font de la lumière, elles changent de ces deux facons. Par suite, l'ombre semble se mouvoir, bien qu’elle ne se meuve pas, ainsi qu'on le croit ; et ce sont les particules toutes seules qui se meuvent.

fréquemment. La question est poussières. Le mot grec signifie curieuse, et l'explication qui est proprement des Raclures. Ce

donnée semble la vraie. — Ce sont aussi ce qu'on appelle des n'est certes pas... La raison est atomes, comme les appelait très exacte ; et le mouvement l’école de Démocrite. — Allant

apparent du soleil n'a lieu constamment. C’est bien là le nécessairement qu'en un seul phénomène qu’on observe; et

sens. — Le déplacement de cette oscillation perpétuelle l'ombre. Cette seconde raison trompe notre vue. — L'ombre n'est pas moins forte que la semble se mouvoir. C'est là en précédente. L'ombre se dé- quoi consiste l'illusion. — Les place comme le soleil, et en un particules. Ou « les atomes», au seul sens ainsi que lui. — Des sens de Démocrite.

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