‹ Les Problèmes d'Aristote;Chapitre 2 sur 78 · partie la plus légère · texte numérisé non relu

partie la plus légère

droite, et soit soustrait pour quelque temps à l'action de la pesanteur. — Il n'y a que la droite... C'est exact; mais cette ligne droite résulte de la force imprimée par le moteur. — L'inégalité de l'air ambiant. L'air ambiant ne presse pas d'une manière inégale, à moins qu'il ne soit agité par quelque vent plus ou moins fort: mais à mesure que le corps s'éloigne du principe, il perd de la force et il finit par tomber. — Une ligne circulaire. Sans doute l'auteur entend 101] par Circulaire ce qu'il appelait un peu plus haut une hélice. — Que le corps doit décrire. J'ai ajouté ceci pour plus de clarté.

δ 12. Les grandeurs. Ou « les corps ». — Qui ont un poids inégal. L'expression du texte est incomplète; il est clair qu'il s'agit de corps composés de diverses matières qui ont des poids inégaux. J’ai adopté la correction admise par l’édition Firmin-Didot; cette correction indispensable ne porte que sur une seule lettre. L'ancienne et vulgaire lecon, que garde Septali, parle de corps à profondeurs inégales au lieu de poids inégaux. L'exemple des dés plombés prouve bien qu'il ne peut être question que de poids. — En tournant vers soi la partie la plus légère. C'est une condition qu'on ne doit pas négliger

SECTION XVI, CHOSES INANIMÉES, $ 13 19 N'est-ce pas parce que la partie la plus lourde ne peut avoir la même course que la plus légère, si elle est mue par la même force? Il y a bien nécessité qu'ellese meuve ; mais, comme il est impossible qu'elle se meuve également en ligne droite, il y a nécessité aussi que la partie qui se meut en dedans se meuve circulairement, comme s’il y avait au centre une partie qui, à cause de sa pesanteur, restàt tout à fait immobile, et que la partie tenant à la personne qui ἃ lancé le corps, füt projetée en avant, tandis que l’autre partie, sous celle-là, reviendrait à la personne qui la lance. Mais le tout étant en mouvement et le poids étant au centre, il faut que cette partie aussi accomplisse le même mouvement.

Pourquoi les corps en mouvement, s’ils rencontrent un obstacle, rebondissent-ils en un sens contraire à leur tendance naturelle, et selon des angles égaux ?

et sans laquelle le fait serait tout autre. Plus haut, $ 3 de cette section, la même question a été posée, et résolue un peu différemment, tout au moins dans les termes. — Ve peut avoir la méme course. La chose est évidente.— Æn dedans. C'est la traduction exacte du texte :

mais l'expression n’est pas assez nette. — Se meuve circulaire.

ment. Autour du centre, qui serait immobile. Peut-être cette explication n'est-elle pas juste ; le centre n'est pas immobile ; mais la partie plus lourde du

corps fait comme un centre autour duquel la partie plus légère est forcée de tourner, — L'autre partie sous celle-là. C'est la partie plus lourde qui est un instant au-dessous de la plus légère, dans le mouvement de rotation, jusqu’à ce que le corps tombe à terre.

ἢ 13. Rebondissent-ils. Noir plus haut, 8. 4; la question est résolue de même au fond; mais la rédaction est un peu différente.

— Leur tendance naturelle. Qui serait de tomber perpendiculairement, selon leur poids. —

N'est-ce pas parce que les corps n'obéissent pas seulement au mouvement qui les emporte selon leur tendance spéciale, mais qu'ils ont en outre le mouvement imprimé par la main qui les lance ? Le mouvement qui leur est propre s'arrête, quand ils sont arrivés à leur place naturelle ; car tout corps reste en repos quand il a atteint la place qu'il doit avoir naturellement. Mais nécessairement le mouvement du corps continue sous l’action qui lui est étrangère, non pas en continuant d'avancer, puisqu'il en est empêché, mais ou obliquement ou tout droit. Ainsi, tous les corps rebondissent selon des angles égaux, parce que le corps va où le porte le mouvement imprimé par la main qui l’a lancé; et alors, ou c’est un angle aigu, ou bien un angle droit qu'il forme. Mais comme la force résistante empêche que le corps n'aille tout droit, cette force arrète pareillement et le corps mu et sa tendance naturelle.

force, qui l'a lancé. Si la ligne continuait, elle devrait passer sous le plan que le corps a

Selon des angles égaux. C'est le principe bien connu : « l'angle de réflexion est égal à l'angle

d'incidence ». — Leur tendance spéciale. C'est la chute en ligne perpendiculaire. Les Anciens avaient dès longtemps observé le fait, sans en tirer les conséquences qui n'ont été enfin expliquées que par Newton.— En outre le mouvement. Noilà en effet la cause immédiate. — Qui leur est propre. La chute en ligne droite. — ἔν continuant d'avancer. Dans le sens qui lui a élé imprimé par la main, ou ja

atteint; ce qui est impossible.

— Obliquement. C'est le cas ordinaire. — Ou tout droit. Ce qui ne se peut pas, parce qu'alors le corps rebondirait dans la ligne même où il seraittombé.

— Ou bien un angle droit. Le contexte explique pourquoi la réflexion ne peut avoir lieu ainsi. — La force résistante.

C'est le plan sur lequel le corps est tombé. — Dans les mirocrs.

Cette comparaison n'ajoute rien

De même que, dans les miroirs, c'est l'extrémité de la droite qu’on v voit au point où elle rencontre notre regard, de même c’est un sens contraire qui se produit dans le mouvement des corps. Ils sont repoussés selon un angle égal à l’angle du sommet; car il faut bien se rappeler que l'angle et la tendance naturelle agissent ensemble ; et dans cette condition, il est clair que le corps rebondit nécessairement, selon les mêmes angles.

Effets du rapprochement sur la grandeur des personnes et des choses; isolées, elles paraissent toujours plus petites; croissance des animaux et des plantes en longueur plus que dans les deux autres dimensions; sens différents dans lesquels on peut entendre les mots d'antérieur et de postérieur; application aux choses humaines ; la vie de l'homme ne saurait être un cercle ; opinion d’Alcméon.

à Pourquoi les gens qui n'ont pas la même taille paà la netteté de l'explication. — ble. De manière que la direction

L'extrémité de la droite. Le nouvelle soit une résultante des rayon lumineux va toujours et deux actions.

nécessairement en ligne droite, δ. 1. Les gens. J'ai précisé quand il ne rencontre pas un cette traduction parce que, le corps qui réfracte la lumière.— texte employant un masculin, il

À l'angle du sommet. Le sommet semble qu'il s'agit de personnes doit s'entendre du point où le et non de choses. Cependant, la corps touche le plan sur lequel suite parait s'appliquer aux il rebondit. — Agissent ensem- choses plus encore qu'aux per-

raissent-ils plus grands, lorsqu'on les regarde lun à côté de l’autre, que quand on les regarde séparément ?

N'est-ce pas parce que tout ce qui est de la même mesure est un, et que l'identité de mesure constitue éminemment l'unité ? Or, l'unité est quelque chose d'individuel ; et l’individuel est ce qu'il y a de plus petit. Mais le défaut de commune mesure produit la multiplicité, à cause de la différence. Les choses considérées en elles-mêmes ne laissent pas voir aussi bien à quelles grandeurs on ἃ affaire ; mais quand on les place parallèlement côte à côte, 1l n’y ἃ plus d'erreur possible. L'individuel paraît la vraie unité ; et il ne peut y avoir qu'un seul aspect en ce qui concerne sa mesure. Mais quand il n'y ἃ pas une même mesure, l’objet parait multiple en quelque sorte et offre un aspect de multiplicité ; il semble plus grand parce que, tout en restant unique, il paraît être multiple. Il ἃ la nature propre de la grandeur, grace à

sonnes.— La méme taille. L’expression du texte est plus générale et signifie : « Qui n’ont pas

exiger. Les éditions ordinaires disent au contraire : « L'identité de commune mesure. » Ration-

la même mesure ». — L'un ἃ nellement, c'est un non-sens. côté de l'autre. Ou : « l'un com- L'édition Firmin Didot donne parativement à l'autre ». — Est la variante de Gaza en note et

un. Ceci n’est exact que par rapport à l'identité de dimension. — Ce qu'il y a de plus petit. Ceci est surtout vrai de l'unité servant de mesure, pour toutes les choses de même genre qu'elle. — Ze défaut de commune mesure. J'adopte ici la lecon que Gaza parait avoir eue sous les yeux; elle est d'accord avec ce que le contexte paraît

dans sa traduction; elle conserve le texte vulgaire dans le grec. — Les choses considérées en elles-mêmes. Ou plutôt : « ἃ part.» — L'objet parait multiple en quelque sorte... Ces considérations peuvent sembler bien subtiles, quoiqu'elles ne soient pas fausses. — 7! semble plus grand... Répétition de ce qui est dit au début du ὃ. — L'iné-

sa continuité, et il a la nature du nombre grace à l'inégalité de ses parties. Dès lors, ayant le double accroissement qui tient à ces deux causes, il est bien dans l’ordre qu'il paraisse plusgrand, comparativement à ce qui est simple et un.

Pc

Pourquoi les animaux et les plantes croissent-ils davantage en longueur ?

N'est-ce pas parce que la longueur se développe selon les trois dimensions, tandis que la largeur ne croit que selon deux, et l'épaisseur suivant une seule ἢ La longueur est le primitif à partir du principe, de telle sorte qu'elle est la seule à croitre, en même temps que l'être prend aussi une certaine largeur, et enfin une certaine épaisseur, pour troisième dimension. La largeur représente deux dimensions, celle de l’objet lui-même, et tout ensemble, celle de la grandeur.

galité de ses parties. L'expression n'est pas assez claire ; l'inégalité ne s’adresse pas aux parties de l’objet, mais à la différence entre les deux objets de grandeur inégale.

δ 2. Crorssent-ils davantage en longueur. Xl est difficile de répondre à cette question autrement que par le fait lui-même.

Nous voyons ce que produit la nature; mais nous ne voyons pas le pourquoi.— Za longueur

se développe selon les trois dimensions. L'explication n'est pas bonne, parce que la largeur et la profondeur aussi ont nécessairement les trois dimensions, moins marquées mais non moins réelles. — La seule à croître. Ou plutôt: « la seule à sembler croître »; car la tige de la plante ἃ toujours les trois dimensions, quelque tenue qu'elle soit, comme le fait remarquer

Septali.

Dans quel sens faut-il entendre les mots d’antérieur et de postérieur ?

Est-ce dans le sens où l’on dit que, par rapport à nous, les guerriers de l'expédition de Troie nous sont antérieurs, de même que ceux qui les ont précédés eux-mêmes étaient leurs antérieurs, et en remontant toujours ainsi d'antérieurs à antérieurs ? Ou bien, n’est-ce pas en ce sens qu'il y a en toute chose un commencement, un milieu et une fin, et que, quand en vieillissant on arrive au terme, on remonte vers le début de sa vie. Les choses les plus près de ce début sont antérieures aux autres. Qui nous empêche d’être plus près de ce qui avoisine le principe ? Et si cela est exact, nous pourrions être antérieurs à nousmêmes et faire le cercle. De même que cela se produit pour le mouvement du ciel et de chacun des

soutenable. La vie ne recommence pas pour les individus, bien qu'elle commence pour la

S 3. Les mots d'’antérieur et de postérieur. Aristote a exposé les nuances de ces deux mots

dans la Métaphysique, livre V, ch. 11, et dans les Catégories, ch. 17. Il semble qu'ici il ne touche qu'à la notion du temps, où l'antérieur et le postérieur surtout évidents. Il les applique même particulièrement a la vie de l'homme. — Les guerriers... nous sont antérieurs.

Cet exemple est fort clair; mais ce qui suit ne l'est pas autant.

— On remonte vers le début de sa vie. C'est une hypothèse faite bien des fois et qui n’a rien de

sont

génération qui suit, et pour toutes les générations à venir.

— Qui nous empêche... La pensée reste tout à fait obscure parce que l'expression est insuffisante. Ce qui suit l’éclaireit un peu, et il semble que l'auteur a voulu dire que, si notre existence recommencaittoujours la même, il n'y aurait pas lieu de distinguer l'antérieur et le postérieur, pas plus qu'on ne peut les distinguer dans le cercle, qui n'a ni commence-

astres qui se meuvent circulairement aussi, qui empêche que la naissance et l'extinction des choses périssables ne soient soumises à la même loi, et qu'elles ne puissent tour à tour renaître et disparaitre ? C’est ainsi, dit-on, que les choses humaines roulent dans un cercle perpétuel. Mais il serait par trop naïf de supposer que ceux qui reviennent sont toujours en même nombre ; mais qu'ils soienttoujoursde même espèce, on peut bien le supposer. Il en résulte que fussions-nous les premiers, on pourrait toujours admettre que l’ordre de la révolution serait tel que les choses revinssent à leur principe, etque, parce retour, la continuité s'établit, et que tout se répétät sans cesse de la même facon. ἃ en croire Alcméon, les hommes meurent parce qu'ils ne peuvent pas joindre le commencement à la fin. On peut trouver l'expression assez heureuse, si on la prend comme une simple image, et si l'on ne veut pas lui demander trop d’exactitude. Mais s’il y a vraiment cercle, comme le cercle n'a ἢ commencement ni fin, on ne pourrait

ment ni fin. — Pour le mouvement du ciel. Aristote a cru à lPimmobilité de la terre, qui était pour lui le centre dn monde. — Aenaître et disparaitre. C'est l'observation, qui ne permet pas de croire à ce relour périodique des êtres. — Dit-on. Cette réserve est prudente. — 7 serait par trop naïf de supposer... Ce serait en effet une pure hypothèse ; mais elle hante toujours quelques imaginations. — De méme espèce.

C’est en effet la réalité, et à cet égard, on peut dire que l'humanité est immortelle. — Que fussions-nous les premiers, à subir la loi de renaissances perpétuelles, on pourrait toujours supposer que le mouvement circulaire une fois commencé se continuerait à jamais.

— Alcméon, médecin de Crotone.

Aristote le cile dans la Métaphysique, livre I, ch. 5, 89. — Ne pourrail pas étre antérieur.

Il est évident que, dans la con-

pas être antérieur, par ce motif que l’on serait plus rapproché du point de départ ; alors, nous ne serions pas plus antérieurs aux autres que les autres ne seraient antérieurs à nous.

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