‹ Les Problèmes d'Aristote;Chapitre 27 sur 78 · Dans des outres gonflées · texte numérisé non relu

Dans des outres gonflées

Septali trouve avec raison qu'il est difficile de comprendre comment on peut renfermer son bras ou sa main dans une outre gonflée d'air; et 1] propose une explication assez singulière. En s'appuyant sur un mot d'Aristophane, il croit que par Outre, il faut entendre le ventre, et par Membres les organes intérieurs gonflés et pressés par des vents. Le texte, qui n'offre pas de variante dans aucun manuscrit, ne se prête pas du tout à cette interprétation: la vieille traduction, ni celle de Gaza ne s y prêtent pas

davantage ; et il faut s'en tenir au sens naturel qu'offre l'original. On peut assez aisément mettre son bras ou sa main dans une outre dégonflée, que l'on gonfle ensuite en prenant les précautions voulues. L'expérience est assez délicate, même aujourd'hui, et avec tous les procédés dont nous dispo-

sons ; elle devait l'être davantage

pour les Anciens; mais elle n'était pas absolument impossible pour eux. — Nous font-ils tant de mal. La pression nous fait d'autant plus souffrir qu'elle est pius forte: et l'on pouvait sans doute l'augmenter dans

N'est-ce pas à cause de la pression de l'air ? En effet, de mème que l’air ne cède pas aux poids qui en dehors viennent à presser l'outre, et qu'il les repousse, de même l'air presse les membres qui sont renfermés dans l’outre avec lui. Ou bien, n'est-ce pas parce que l'air est retenu de force et comprimé dans l’outre ? L'air donc qui, de toutes parts, tend naturellement à sortir au dehors, appuie fortement sur le corps qui est enfermé en dedans de l’outre.

Pourquoi, dans les marais situés près de grands cours d’eau, se forme-t-il des bruits qu'on appelle des beuglements de bœufs, et qu'on prétend fabuleusement être ceux des taureaux consacrés au dieu de l'endroit ? En effet, le bruit qu'on entend alors ressemble si bien au beuglement du bœuf, que les vaches qui l’entendent sont agitées, comme si c'était la voix même du taureau.

N'est-ce pas parce que les cours d’eau qui se con-

une certaine mesure. Dans le pas... Cette seconde solution

Traité des Articulations de la collection Hippocratique, il est question d'outres gonflées qu'on employait à la réduction des luxations ; voir l'édit. et la trad. de Littré, tome IV, p. 211.

— À cause de la pression de l'air. L'explication est exacte.

— L'air presse les membres. Et de Jlà, la sensation plus ou moins douloureuse que éprouve. — Ou bien

l'on :

n'est-ce

n'ajoute rien à la première.

ὃ 2. Près des grands cours d'eau. De manière qu'à certains moments le fleuve se déverse dans le marais, ou le marais se déverse dans le fleuve. C'est là du moins le sens général qui semble résulter du contexte. Quant à la ressemblance de ces bruits avec les mugissements des bœufs, il y a exagération évidente. — Les vaches qui

verlissent en étangs, et les étangs qui s'écoulent en marais, sont, ou refoulés par la mer qui les repousse, ou bien qu’ils accumulent du vent, qui, dans cesconditions, est cause de ce phénomène ? Cela tient à ce qu'il se forme des trous dans le sol. L'eau qui s’y engouffre, parce qu'il y ἃ un courant dans ces sortes de marécages, repousse l'air, par un trou étroit, dans un espace plus large. C’est ainsi qu'en mettant sa bouche à l’ouverture d’une amphore vide, on produit un bruit qui est assez semblable à un beuglement ; or, en effet, c'est aussi de cette façon que, chez les bœufs, se produit leur mugissement. Quand les ouvertures des trous sont irrégulières, leurs formes diverses peuvent produire une foule de sons différents. De même, si après avoir soulevé le couvercle d’une amphore, on le pousse vers le fond, en le tirant tantôt dedans, tantôt dehors, et en pressant sur le bord, on produit un bruit si violent que c’est un moyen de faire fuir les bêtes

l’entendent... Si le fait est exact, il serait décisif. — Étangs.

marais. La synonymie grecque n'est pas assez connue pour qu'on puisse être sûr de la distinction qui est faite ici.

Peut-être s'agit-il uniquement du flux et du reflux des eaux, qui tantôt envahissent de grands espaces, et qui tantôt se reti-

rent. — Du vent... cause de ce phénomène. Voilà la véritable explication. — Des trous dans

le sol. Ce détail n'est pas suffisant, et l'auteur ne rend pas assez clairement sa pensée, qui ne semble pas concorder avec

ce qui précède et ce qui suit.

Ce serait alors l’air engouffré dans ces cavités qui produirait le bruit. — Æn mettant sa bouche... Le texte n’est pas aussi net. Le fait d'ailleurs est et c'est une expérience très facile. — Chez les bœufs.

Ceci semble indiquer des observations anatomiques sur le larynx des bœufs. — Soulevé le couvercle d'une amphore..… Ici aussi, j'ai rendu la pensée plus précise qu'elle ne l'est dans l'original. — Un bruit si violent.

On ne peut guère se faire aujourd'hui une idée de l'in-

réel ;

SECTION XXV, DE L'AIR, ὃ 8

fauves ; et les gardiens de la récolte les chassent par

cet expédient.

Pourquoi l'air ne devient-il pas humide, bien qu'il touche l’eau, tandis qu’il n’y ἃ pas une matière qui ne devienne humide en y touchant ?

N'est-ce pas parce que l'extrémité de ces deux éléments est confondue, et que la surface de l’un n’est pas différente de celle de l’autre ? Les autres matières sont plus lourdes; mais l'air ne va pas plus lom que l'extrémité superficielle du liquide. L'air touche l’eau parce qu’il n’y a pas d’intermédiaire entre les deux ; mais il ne se mouille pas, parce qu'il est toujours au-

dessus de l’eau.

tensité du bruit, parce que nous ne nous servons plus d'amphores; mais l'exemple pratique que l'auteur rappelle indique que le fait devait être réel.

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