PHÉNOMÈNES DU VENT
Effet spécial du vent du nord sur les nuages; les vents étésiens ;
vent du sud après la gelée blanche ; vents changeant avec les saisons ; vents soufflant de la mer; vents après la pluie; action du soleil sur les vents; durée des vents du nord; durée des
vents du midi; vents de la canicule: vents sous la constellation
d'Orion; fréquence des vents du nord; époque des vents du sud; odeur de certains vents; rapport des vents et des éclipses ; rapports des vents du midi avec la pluie; vents du couchant, vents de l’orient selon les saisons : action du vent sur le flair des chiens; influence du vent d'ouest sur les nuages; vents d'ouest à l'équinoxe; vent d'est et du midi amenant la pluie; action desséchante des vents ; variétés des brises de mer ; citation d'Homère, sur le vent d'ouest ou zéphir; vents de la canicule au lever et au coucher du soleil; vent d'ouest le matin et le soir ; action du soleil sur les vents; origine des vents; rapports des cours d'eau et des vents; couleur de la mer selon les vents; effets divers des vents du sud selon leurs forces: alternatives dans la force des vents; effets des golfes sur les vents; action des vents chauds sur la constitution humaine et des vents froids sur l'appétit; vents en Egypte; comparaison des vents du nord et des vents du midi; température variable des vents; vents du sud froids en Libye; vents amenant des fièvres ; régularité des vents étésiens ; vent froid du sud-ouest; effets optiques du vent d'est; heures diverses des vents dans la journée ; douceur du vent d'ouest; vents de l’Attique, des iles, de l'Hellespont, de Lesbos ; pronostics des vents; singularités des vents en Arcadie, contrée élevée et humide; rapports des stries du ciel avec les vents et la pluie.
Pourquoi le vent du nord-est (cæcias) est-il le seul
qui ramène les nuages sur lui-même ὃ
81. Levent du nord-est(cæcias). quoique moins longuement, plus
La même question est traitée, loin, $ 31. Le cæcias est pris
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N'est-ce pas parce que le vent contraire à celui-là souffle en même temps que lui ? Ou n'est-ce pas parce que le cæcias souffle de contrées plus élevées ? Car les régions situées vers l’orient sont plus hautes que celles qui sont vers le couchant; ce qui le prouve bien, c'est l'étendue et la profondeur de la mer à l'occident. Le vent du nord-est, soufflant donc d’en haut et
en sens contraire, décrit par son mouvement une ligne qui a sa partie concave tournée vers la terre; et se heurtant, ainsi qu'on vient de le dire, sur cette
généralement pour le vent du nord-est. Quant à son action sur les nuages, l'observation peut être exacte dans certaines localités ; mais c'est probablement l'interposition des montagnes qui ramène les nuages, plutôt que le vent même qui les avait amenés. — Le vent contraire à celui-là... Il y a des éditions qui suppriment toute cette phrase; elle donne cependant une première solution.
Gaza l'a reproduite, sans doute d'après le manuscrit qu'il avait sous les yeux. Jl semble qu'il y a un motif suffisant de l’admettre, puisqu'elle se trouve répétée plus loin, ὃ 31.— Souffle de contrées plus élevées. Théophraste, Traité des Vents, ch.5, ὃ 33, p. 383 et ch. 6, 88 37 et 39.
p. 384, édit. Firmin-Didot, et Traité des signes des saisons, δ 36, p. 394, attribue aussi au cæcias la même puissance de ramener à soi les nuages après les avoir poussés. Seulement il
pense que cette action vient de ce que le cæcias est doué d'un mouvement circulaire. Pline, livre XVIII, ch. 77 (34), Littré, Ρ- 703, b, parle aussi du cæcias, en citant Aristote; mais son explication reste obscure, et l'on ne sait pas s'il fait du cæcias un vent du nord ou du midi.
D'ailleurs, ce premier $ est fort difficile à comprendre, et je ne suis pas sûr d'en avoir saisi complètement le sens. — Sont plus hautes. Ceci n’est pas tout à fait faux, si l'on se reporte à la situation géographique de la Grèce. Les montagnes de l’Arménie et du Caucase à l’orient sont en effet très hautes, sans parler des montagnes de l'Oural plus éloignées. — Ce qu le prouve bien. Cette preuve s'ap-, puyait sans doute sur des sondages plus ou moins nombreux de la mer. Il ne semble pas que cette observation ait été vérifiée par la science actuelle. — Se heurtant. Le texte dit précisé-
partie de la terre qui est à l'occident, et y rassemblant des nuages qui ont la forme de la ligne décrite par lui, il ramène de là les nuages sur lui-même par sa réfraction. C’est le seul vent qui ait cette action. C’est qu’en effet, les autres lieux sont trop hauts, ou, en sens contraire, sont trop bas ; et que le mouvement de ce vent s’y portant d’en bas et en ligne droite, il n'atteint la terre que par sa partie convexe. De cette facon, il n’y ἃ pas de réfraction possible du vent, parce que, n’aboutissant pas à la terre, la fin du mouvement ne touche que l'air dans un lieu où il n’y a pas de nuages, dont la terre soit entourée. Il n’yen ἃ pas non plus dans les pays qui sont moins creux et tournés vers le couchant, parce qu'il n’y ἃ pas là d'humidité. Il en résulte que, si le vent, dans ces parages, assemble des nuages, on voit moins nettement l'action qu'il produit, bien qu'il la produise réellement.
ment : « tombant ». — Par sa même. — Ne touche que l'air. réfraction. Ou : « par sa ré- La phrase grecque est mal flexion ». — C’est le seul vent. construite grammaticalement,
C'est aussi l'opinion de Théophraste. — Trop bas. J'ai ajouté ces mots, qui sont implicitement compris dans l'idée de Contraire. — De ce vent. J'ai ajouté aussi ces mots. — Par sa partie convexe. Ceci se rapporte à la rondeur de la terre, déjà connu du temps d'Aristote. — De réfraction possible. Ou « de réflexion ». — N'aboutissant pas à la terre. Sur laquelle le vent passe sans obstacle qui l’arrête, et qui le fasse revenir sur lui-
et le sens que je donne semble encore le plus probable. — Moins creux. Et où le vent ne peut s’engouffrer pour revenir en arrière. — Parce qu'il n’y ἃ pas là d'humidité. Cette pensée n’est point suflisamment amenée.— Assemble des nuages.
L’expression du lexte est aussi vague. Les nuages sont bien toujours poussés et ramenés en arrière par le cæcias; mais le phénomène est moins apparent, parce qu'il est moins fort.
SECTION XXVI, DES VENTS, ὃ 2
Pourquoi les vents du nord deviennent-ils annuels (étésiens), tandis que les vents du sud ne le deviennent pas ?
N'est-ce pas que les vents du sud deviennent également annuels, mais sans que ce soit d’une manière continue, parce que l’origine du vent du sud est loin de nous, el que nous sommes dans la partie nord ? N'est-ce pas aussi parce que les vents annuels du nord soufflent quand l'air est bien régulièrement établi, car ils soufflent en été, tandis que les vents du sud soufflent au printemps, alors que les phénomènes de l'hiver ne sont pas moins réguliers ? Ajoutez que le vent du sud est humide, et que la région d’en haut est étrangère à l'humidité, de telle sorte que les vapeurs qui peuvent s’y former se dissipent vite. Puis, les vapeurs sont errantes, et 1] en résulte que, le vent, en ne se tenant plus dans le même lieu, fait changer avec lui le mouvement de Pair. L'air, s’agitant dans un lieu
$ 2. Les vents du nord deviennent-ils annuels... La même question est indiquée dans la Météorologie, livre 11, ch. 5, 87.
Aristote y a fait une très longue et très intéressante théorie des vents. Théophraste a étudié cette même question dans le Traité des Vents, ch. 2, ὃ 10, p. 378, édit. Firmin Didot:; 1] est en général d'accord avec son maitre.— Annuels. Il faut entendre par là que ces vents reviennent chaque année, à la même époque à peu près. — Æst loin de nous.
T. Il.
Par rapport à la Grèce, qui est plus rapprochée du nord, puisqu'elle est dans l'hémisphère boréal. — Dans la partie nord.
C'est exact, quoique les Anciens sussent alors assez peu de choses des diverses régions du globe.
— L'air est... C'est la traduction fidèle ; peut-être vaudrait-il mieux traduire : «l’atmosphère.»
— Etrangère à l'humidité. L’expression peut sembler assez singulière ; mais c'est cellemême de l’original.— L'air, s’agitant.
Le texte est moins précis. —
226 LES PROBLÈMES qui n'estplus le mème, d’autres vents encore peuvent
s'élever ; car le vent n’est qu'un mouvement de l'air.
Pourquoi le vent du sud souffle-t-1l après une gelée blanche ?
N'est-ce pas parce que le givre se produit à la suite d'une coction de l'air, et qu'après la coction et la purgation, le changement a lieu en sens contraire ? Or, le vent du sud est le contraire du vent du nord. C’est là ce qui fait aussi que le vent du sud souffle après la neige. En général, la neige, la grèle, la pluie et toute purgation analogue de l'air est un signe de coction. Aussi les vents s’apaisent-ils après la pluie, et après des frimas de ce genre.
Pourquoi y a-t-il des vents qui soufflent en retour
(tropiques) ?
N'est qu'un mouvement de l'air.
Ce petit membre de phrase se retrouve textuellement dans Théophraste, Traité des Vents, $ 29, p. 382, ligne 39,édit.Firmin Didot.
S 3. Après une gelée blanche.
Il est possible que ces changements de vents soient réels sous le climat de la Grèce ; ils ne sont peut-être pas aussi réguliers dans le nôtre. — De l'air. J'ai ajouté ces mots pour plus de clarté. — La coction et la purgation. 1 ne faut pas
s’élonner de ces théories; et l'air en effet semble se purifier après que la pluie, la neige ou la gelée blanche ont eu lieu. — Or, le vent du sud... Toute cette fin du $ se retrouve à peu près textuellement dans Théophraste, Traité des Vents, ch. 8, $ 50, p- 386, ligne 47, édit. Firmin Didot. Il est évident que l’un des deux passages a été emprunté à l'autre.
δ 4. En retour. C’est la paraphrase, autant que la traduction, du mot de Tropées, qui est dans
N'est-ce pas aussi par la même raison qui fait que les courants ont lieu dans la mer (euripes)? Tant que le courant s'écoule, la mer est entrainée dans le mouvement, ainsi que l'air. Mais ensuite, lorsque le courant s’apaise, et qu'il n’a plus la force de refouler les courants venus de terre, comme le principe du mouvement et de la direction n’est plus assez fort, 1 faut bien que le flot revienne en sens contraire.
Pourquoi les sautes de vent viennent-elles de la mer ?
N'est-ce pas parce que la mer est proche ? Ou, n'est-ce pas aussi parce que la saute de vent est le contraire du vent de terre, et que la saute du vent de mer est comme un renversement du vent de terre ? Or, le vent de terre est le vent qui souffle de la terre
le texte. — Les courants... dans la mer. 1] s’agit simplement de courants et non du flux et du reflux, que les Grecs ne connaissaient pas. Sur les plages de la Méditerranée, le phénomène est à peine sensible dans un très pelit nombre de lieux.
Les Euripes sont en quelque sorte aussi les estuaires, où ce double mouvement des flots est très remarquable. Théophraste, Traité des Vents, ch. 4, 8 26, p. 381, ligne 51, édit. Firmin Didot, expose une théorie toute pareille, et parfois en des expressions identiques.—Æefouler les courants venus de terre. Le texte est moins précis. — Que
le flot revienne en sens contraire.
La description est exacte.
ὃ 5. Ce paragraphe est la suite du précédent. Septali ne le.
commente pas, et il se contente de ce qu’il a dit de l’autre. — Sautes de vent. Il me semble que c’est bien le sens du mot grec ; mais il peut signifier aussi les vents des solstices, et pour rester fidèle à l’étymologie, les vents Tropiques. J'ai préféré une expression plus générale.
On pourrait dire encore : « les vents tournants ». — Ze contraire du vent de terre, parce que le vent de terre revient ensuite en un sens contraire au sens où il ἃ d'abord soufflé. —
vers la mer; et la saute du vent de mer est le retour de celui-là, de telle sorte qu'il faut que ce dernier vent vienne de la mer. Et s’il vient ainsi de la mer, n'est-ce pas parce que l'air en s’écoulant va s’accumuler sur la mer? S'il ne reste pas sur terre, et s'il peut revenir ensuite après être parti, la cause en est que la mer est dans un creux ; et que l'air, de même que l’eau, s'écoule toujours vers le lieu le plus bas. |
Pourquoi les vents qui sortent des nuages cessentils plus vite quand il vient à pleuvoir ?
N'est-ce pas parce que les creux des nuages s’affaissent quand survient la pluie, et que c’est dans ces creux que se forme et se condense le principe du vent ?
Pourquoi les mêmes vents n'amènent-ils pas la pluie partout ?
Est leretour. Ou:«la réflexion». cation que donne Sénèque, qui
— Va s'accumuler sur la mer.
C’est une pure hypothèse peu conforme à la réalité. — Dansun creux. La mer est toujours en effet plus basse que la terre, et voilà comment tous les cours d'eau s'y rendent.
8 6. Qui sortent des nuages.
C'est la paraphrase du mot grec. Sénèque l'explique de méme, Questions naturelles, livre V, ch: 12, p. 474, édit.
Nisard.— Les creux des nuages.
C'est à peu près la même expli-
avait peut-être sous les yeux le même texte que nous. — Se forme et se condense. I n'y ἃ qu'un seul mot dans l'original.
— Le principe. Ou : « la cause ».
Voir aussi Théophraste, qui dit à peu près la même chose, Traité des Vents, ὃ 50, p. 384, édit. Firmin Didot. Quelques traducteurs se sont bornés à transcrire le mot grec, Ecnéphies.