LUE
Pourquoi les matières restent-elles sans se corrompre dans des outres bien gonflées, ou dans des
vases bien clos ?
identiques, et elles se fondent sur l'éloignement ou le rapprochement du soleil. — Za position du soleil. Le texte est moins précis ; on pourrait traduire simplement : « par une cause contraire ».
δ 16. Dans les grandes chaleurs. Ce sont les chaleurs de la canicule. — Plus étouffantes que les jours. L'observation est exacte pour nos climats, comme pour celui de la Grèce ; chacun de nous ἃ pu la vérifier. — 7!
n'y a pas de vent. C’est peut-être dire trop ; il y a seulement des vents plus faibles. — Les vents
étésiens. Ou, annuels, qui venaient du nord, — Les brises.
Le texte dit précisément : « les précurseurs ».
ὃ 17. ÆRestent-elles sans se corrompre. Voir la même question, plus haut, section XXII, δ 4, où elle est un peu plus développée. — Bien gonflées… bien clos. Les Anciens avaient cherchéles moyensde conserver certaines matières ; mais ils ne connaissaient pas le rôle que l’air joue dans ce cas ; cependant ils parvenaient à l'exclure en emplissant les outres, et en bouchant hermétiquement les
SECTION XXV, DE L'AIR, ὃ 18 217
N'est-ce pas parce que les choses se gâtent quand on les agite ? Or, tout ce qui est plein est immobile ; et ces vases sont pleins.
Pourquoi fait-il plus froid quand le temps est clair que quand il y a des nuages, bien que cependant les étoiles et le ciel soient chauds ?
N'est-ce pas parce que rien n'arrête l’évaporation quand le ciel est clair, et qu'alors elle se répand partout, tandis que, quand le ciel est couvert de nuages, elle est arrêtée ? Et cette cause reste la même, que ces vents soient du nord ou qu'ils soient du midi ; car si le vent du sud amène l'évaporation, le vent du nord la repousse. ΠῚ semble néanmoins qu'il y a plus d'évaporation par les vents du nord que par les vents du midi, et qu'il yen a plus en hiver qu’en été, soit à cause de la dissemblance, soit parce que la vapeur provient d'un refroidissement de la chaleur.
vases. Il serait possible de traduire aussi : « bien gonflées et bien closes ». — Quand on les agite. L'explication n'est pas très bonne, puisque bien des choses se gàtent, même en restant en place.
$ 18. Fait-il plus froid. L'observation est exacte, et l’on a bien des occasions de la faire.
— Les étoiles et le ciel, qui brillent de tout leur éclat quand il n'ya pas de nuages. — Soient chauds. C'était de la part des Anciens une simple hypothèse, et les espaces célestes sont au
contraire excessivement froids.
Il n’y ἃ pour nous de chaleur possible qu'a la surface de
notre globe. — Rien n'arrête l’évaporation. Qui est censée être froide, — Cette cause reste la méme. Le texte n'est pas aussi formel. — La repousse, et
la dissipe.— Soit à cause de la dissemblance. Il est difficile de comprendre ce que l’auteur ἃ voulu dire par là. A-t-il marqué ainsi le contraste du vent du sud, quiest chaud, avec l’évaporalion, qui est froide, ou simplement le contraste de l'été et
Pourquoi l'air en quantité moindre est-il plus chaud que l'air en quantité plus grande? Les lieux étroits sont en effet plus chauds que les autres.
N'est-ce pas parce que l'air en grande quantité ἃ plus de mouvement, et que le mouvement produit le froid ? Ce qui le prouve bien, c'est que les choses chaudes se refroidissent par le mouvement qu'on leur imprime.
Pourquoi l’eau et la terre pourrissent-elles, tandis que l’air et le feu ne pourrissent jamais ἢ
N'est-ce pas parce que toute matière devient très chaude en se pourrissant, et qu'il n’y a rien au monde de plus chaud que le feu? Mais n'est-ce pas aussi qu'il faut que la matière, pour pourrir, se soit préalablement refroidie, et que le feu est toujours chaud, et que l'air est plein de feu ἢ Or, rien de ce qui est encore chaud ne se pourrit; mais il faut que la matière
de l'hiver, du vent du sud et du vent du nord? L'expression est insuffisante.
$ 19. £n quantité moindre. 1] aurait fallu préciser davantage; et le contexte semblerait indiquer qu'il s'agit d'habitations plus ou moins spacieuses, et qui par suite sont plus ou moins chaudes. — Par le mouvement qu'on leur imprime. Le fait est exact pour certains cas, par
exemple les liquides bouillants, qu'on refroidit en les remuant.
Mais il est au contraire bien des cas où le mouvement échaufle, Join de refroidir.
8. 20. Et l'air. Plusieurs commentateurs et éditeurs ont supprimé ces mots qui semblent en contradiction avec ce qui est dit dans le début de ce 8. L'exact Gaza les ἃ omis dans sa traduction; mais comme tous les ma-
se refroidisse. Or, la terre, l’eau et l’air peuvent être ou chauds ou froids.
Pourquoi, quand le ciel est couvert de nuages, fait-il plus chaud que quand le temps est clair ?
Est-ce parce que les étoiles sont froides, ainsi que le croyaient les Anciens ? Mais n'est-ce pas là une opinion par trop déraisonnable ἢ Et n'est-ce pas plutôt parce qu'il y a de l’évaporation ? Il faut bien observer que c’est en l'absence du vent que se produisent la rosée et le givre. Quand donc le ciel est clair, la chaleur transpire, et elle entraine avec elle de l'humidité, de telle sorte que l'air se refroidit. De là vient aussi que l'humidité exhalée par la chaleur se change en
nuscrits les donnaient, Septali ἃ essayé de les justifier, en distinguant deux sortes d'air, l'un qui est dans les régions supérieures de l'atmosphère, l’autre qui est à la surface du sol, C'est celui-là uniquement qui serait exposé aux alternatives du froid et du chaud. L'air supérieur serait naturellement toujours chaud. Nous donnons celte explication pour ce qu’elle est; mais peut-être vaudrait-il faire la suppression, même contre l’autorité des manuscrits.
δ. 21. Quand le ciel est couvert de nuages. Voir la même quesüon, ὃ 18.--- Fait-il plus chaud.
L'observation est exacte, et l’on a de fréquentes occasions de la
mieux
vérifier, — Les Anciens. Il est regrettable que personne ne soit nommé. — Déraisonnable, et contraire ἃ l'opinion de l'auteur, qui vient de soutenir, $ 18, que les étoiles sont chaudes. — Za rosée et le givre. Ce n'est pas tout à fait l'explication donnée par la science actuelle; mais on voit que l'Antiquité était bien près d'expliquer correctement le phénomène. Il est dû certainement aux proportions diverses selon lesquelles l'air et la vapeur se mêlent. De nos jours, l'hygrométrie, ignorée des Anciens, ἃ fait de grands progrès; mais il y a encore bien des faits qu'elle ne comprend pas, par exemple la neige et le grésil et autres phénomènes analogues,
rosée. Mais quand le ciel est nuageux, l'humidité se trouve arrêtée; et par suite, il ne se produit pas de rosée n1 de givre, quand il v ἃ des nuages. La chaleur, restant autour de la terre, y produit une température élevée.
Pourquoi l'air a-t1l, dans le haut des maisons, un si fort courant, et surtout par le beau temps ?
N'est-ce pas parce que l'air, par sa constitution, contient beaucoup de vides ? Lors donc que l'air du dehors commence à entrer dans l'intérieur, l'air qui est déjà dans la maison se condense et se rétrécit. Cet air intérieur venant à céder, l'air du dehors prend à la longue bien plus de vides, et il occupe alors plus de place. L'air qui vient de la maison se précipite à cette place, attendu qu'il est tout proche; et 1] se porte dans cet espace, parce qu'il est suspendu, et que la nature du vide c'est de ne pas pouvoir résister. Cette action se passant dans plusieurs des parties de la pièce, l'air qui est voisin suit, par l’im-
8 22. Dans le haut des maisons. Il faut admettre, pour que cetteobservationsoitexacte, que la maison est assez élevée ; et même dans celte hypothèse, le fait n'est peut-être pas très certain. Il est bien possible que ce soit la masse seule de la maison, qui, gênant le mouvement de l'air, le rend plus sensible, comme il arrive autour des grands édifices. — Surtout par le beau temps. Le phéno-
mène n'est pas plus fort; mais on le remarque davantage. — Beaucoup de vides. Le fait n'est pas exact; mais l'air en tant que fluide, se déplace très aisément.
— Du dehors. J'ai ajouté ces mots pour plus de clarté. — Venant à céder. Le texte n’est pas aussi formel. — 71 est suspendu. C'est la traduction fidèle de l’original.— De la pièce. J'ai ajouté ces mots; peul-être ne s'agit-il que des parties de l'air;
pulsion qu'ilreçoit. Puis cette masse d’air se dirigeant au dehors, le lieu intérieur devient de plus en plus vide, tandis que l'air du dehors se condense davantage. Du dehors, il est de nouveau porté en dedans ; et ces effets opposés sont alternatifs.
ce qui reviendrait à peu près au mais il reste toujours quelque même.— Ces effets... alternatifs. doute sur le phénomène lui- Si l'explication n'est pas irré- même. En tout cas, l'observaprochable, on doit trouver du teur n'a rien négligé pour arrimoins qu elle est fortingénieuse; ver à la vérité.