Ont-elles soif quand elles
ont peur. L'observationest juste,
elles ont peur, comme ont soif aussi les gens qui craignent un châtiment et des coups ἢ Ilne le faudrait pas cependant, puisque ces personnes ont froid.
N'est-ce pas parce que le refroidissement et la chaleur ne se produisent pas dans le même lieu du corps ? L'un est à la surface, d’où la chaleur s’en va ; l’autre est à l’intérieur, de manière à l’échauffer. La preuve, c'est que les entrailles se relâchent. Le lieu principal venant à se dessécher, la soif s’y fait sentir. Il semble que ce soit le même effet qu'éprouvent les malades qui ont une fièvre compliquée; car ils ont soif, tout en ayant froid, parce que ce n’est pas non plus le même lieu qui, chez ces malades, est refroidi ou qui est échaulffé.
Pourquoi, dans la colère, a-t-on si chaud etest-on si audacieux, quand la chaleur se concentre à l’inté-
À Camden
en ce sens qu'une peur extrême dessèche la bouche, et donne la sensation de la soif — Un châtiment et des coups. I n'y a dans le grec qu'un seul mot qui a les deux sens. — ZI ne le faudrait pas. C'est-à-dire: «ces personnes ne devraient pas avoir soif, » — Dans le méme lieu.
Cette explication est tout au moins ingénieuse. — Du corps.
J'ai ajouté ces mots. — L'un.
Le froid. — L'autre. La chaleur.
— Le lieu principal. L'expression du texte n'est pas plus précise. Par là, il est probable que l’auteur veut désigner le
ventre οἱ l'estomac. — Compliquée. Le mot grec, dont le sens est douteux, est Epiale ; il serait difficile d'en fournir l’étymologie. L'école Hippocratique connait déjà ce genre de fièvre ; voir Hippocrate, IVe livre des Epidémies, tome X, p. 159, édit. Littré. Il paraît que c'était une fièvre où l'action du phlegme se méêlait à l'agitation du sang. — Voir le ὃ suivant, où il est parlé aussi des eflets de la peur.
S 3. Dans la colère... dans la peur. Aristote s'est beaucoup occupé de ces deux affections,
SECTION XXVII, PEUR ET COURAGE, ὃ 3 281
rieur ? Et pourquoi est-ce tout le contraire dans la peur?
N'est-ce pas parce que le phénomène ne se produit pas dans le même lieu du corps ? La chaleur se manifeste vers la région du cœur, quand on ἃ un accès de colère; on est alors plein d’audace, on est tout rouge, on ἃ un souffle puissant, parce que tout le mouvement de la chaleur se porte en haut. Au contraire, quand on a peur, tout le sang et toute la chaleur se portent en bas; et c’est là ce qui amène aussi le reliächement du ventre. Le battement du cœur n'est pas non plus le même; chez les uns, le pouls est fréquent et saccadé, par la disparition de la chaleur; chez les autres, on dirait que la chaleur s’accumule en plus grande quantité. De là vient qu’on est tout en ébullition, que le cœur s’agite et se trouble ; et qu'il se produit bien d’autres mouvements que l’on qualifie ainsi, non pas d'une manière inexacte, mais en pleine connaissance de cause de ce qu'ils sont. N'est-ce pas de là que vient la soif dans ce cas ? Les
dans plusieurs de ses ouvrages ; et sa théorie est tout à fail analogue à celle qui est développée ici. Dans l'une etl’autre affection, le corps et l'âme ont la plus
sément encore : « au diaphragme ». On sent en effet dans cette partie du corps une sorte de brülure, quand l'accès de colère est violent, et qu’il tourne
grande influence. 1) y a, dans ἃ la fureur. — Plein d'aul'une et dans l'autre, des phéno- dace, etc. Tous ces détails sont mènes physiologiques et psy- très exacts. — Chez les uns. Les chologiques. — Dans le méme gens qui ont peur. — Chez les
lieu du corps. On pourrait traduire Organe, et non Lieu ; mais le dernier mot correspond mieux
au mot de l'original. — Vers la -
région du cœur. Et plus préci-
autres. Les gens qui éprouvent de ia peur.—Que l'on qualifie.
Le texte n’est pas aussi développé; mais il ne peut guère avoir un autre sens.— Les cra-
crachements à sec, la dessiccation de la langue et d’autres phénomènes analogues se produisent par l’afflux violent et simultané de la respiration, qui est entrainée en haut avec la chaleur; la soif alors est manifestement causée par l’échauffement du corps. Comment donc se pourrait-il que, dans les deux cas, ce fût le même lieu du corps qui nous causerait de la soif, et qui se dessécherait également, soit qu’on ait peur, soit qu'on se mette en colère ? Que la peur puisse aussi donner soif, ce qui le prouve c’est l’état où sont des soldats fuyant en déroute; les gens qui se battent n’ont jamais une telle soif, mème au fort du combat. Aussi, les gens qui ont peur ne sont-ils pas moins avides de boire, etavalent-ils le liquide, comme le comédien Parménon. Mais alors n'est-ce plus là de la soif, et n'est-ce pas plutôt la sécheresse que cause le refoulement du sang, et ce qui les rend tout pâles ? La preuve, c'est qu'ils ne boivent pas beaucoup; et qu'ils s’humectent seulement le gosier. Dans les déroutes, on a grande fatigue, et l’on ἃ soif, ainsi que les gens qui craignent de recevoir des coups. IHn'yarien là d'étonnant. Dans les batailles, il y ἃ
chements à sec. On essaie de ménon. Ce comédien n’est pas
cracher; mais la bouche n'a pius de salive. — Comment donc se pourrait-il. Cette forme interrogalive ne se trouve pas dans toutes les éditions. L'affirmation serait également acceptable. — Zes soldats fuyant dans une déroule. Le texte est plus concis; mais le sens n'est pas douteux. — Le comédien Par-
autrement connu. Il est probable que, dans un de ses rôles où il jouait la peur, il devait essayer de boire sans y réussir, par suite de l'angoisse qu'il feignait. — Tout péles. C'est un des effets les plus ordinaires de la peur; mais on peut aussi être päle de colère. — De recevoir des coups. Ou: «un châtiment.»
quelques guerriers et des plus braves, qui, lorsque le combat s'apprête, tremblent, non pas parce qu'ils ont peur, mais au contraire parce qu'ils sont pleins de courage. Ils se frappent alors la poitrine avec une large férule ; ou, s'ils n’ont pas de férule, ils s’échauffent du moins en se frottant avec les mains. Comme en ce cas la chaleur est très vive, et qu’elle se déplace, il semble qu'il y a dans le corps de ces guerriers une sorte de trouble et d’irrégularité.
Pourquoi les hommes braves aiment-ils généralement le vin ?
N'est-ce pas parce que les gens de courage sont pleins de chaleur, et que la chaleur se porte à la poitrine ? C’est là aussi que se fait sentir la peur, qui n’est qu'un certain refroidissement, de telle sorte que le sang reste moins au cœur chez les uns, et que, chez les autres, le cœur bat tout en étant refroidi. Ceux donc chez qui le poumon est rempli de sang, sont
— Ils se frappent alors... Comme les fauves de la race féline se
la boisson que prennent les gens. L'histoire ne nous apprend
battent les flancs de leur queue.
— Avec les mains. Ou peut-être :
« ne se frappant rien qu'avec leurs mains ». — Une sorte de trouble et d'irrégularité. n'y ἃ qu'un seul mot dans le texte.
ἃ 4. Aiment-ils généralement le vin. Cette théorie, moitié physiologique, moitié morale, n’est peut-être pas très exacte; et l’on ne saurait établir une relation étroite entre le courage et
pas que le peuple romain bût beaucoup de vin, au temps de toutes ses vertus guerrières.
D'ailleurs, les explications que donne l'auteur à l'appui de son hypothèse, sont assez ingénieuses; mais elles ne sont pas démonstratives. Il y a bien des races très braves qui ne connaissent pas l'usage du vin. — C'est là aussi que se fait sentir la peur. Cette phrase pourrait
échauffés comme s'ils étaient ivres; et de cette facon, l'apparence même du plus terrible danger ne les refroidit pas. Les gens de ce tempérament aiment aussi à boire, parce que le désir de boire se fait sentir à cause de la chaleur de l'organe, ainsi que nous l'avons expliqué ailleurs, et que ce désir s'adresse à ce qui peut l’apaiser. Or, le vin, quoique chaud par sa nature, apaise la soif bien mieux que l’eau, et surtout chez ces mêmes personnes, par les raisons que nous avons expliquées. Aussi, les malades attaqués de péripneumonie et les fous, aiment-ils tous également à boire du vin, bien que, chez les uns, le poumon soit chaud naturellement, et que, chez les autres, ce soit par suite du trouble qu’ils ressentent. Ce sont en général les mêmes gens qui, par tempérament, aiment à boire et qui sont braves ; mais quand on aime à boire, c’est du vin que l’on veut, et c’est ainsi qu'on se livre à la boisson. Le plus souvent ces deux dispositions naturelles s’accompagnent mutuellement; et voilà comment les gens qui boivent du vin sont plus courageux que ceux qui n’en boivent pas.
bien n'être qu'une interpolation.
—Nous l'avons expliqué ailleurs.
C'est plus haut, section IT, que l'auteur a traité tout au long des effets de l'ivresse. Il y a dans les œuvres d’'Aristote une foule de passages où il est question du vin, considéré sous différents aspects. — Apaise la soif. Ceci est loin d'être démontreé,— Attaqués de peripneumonie. L'école Hippocratique n’a pas fait cette
observation, bien qu'elle se soit beaucoup occupée de la péripreumonie. — Les fous. Même remarque. — Ces deux dispositions. On aime le vin parce qu'on est brave, et l’on devient brave quand on ἃ bu du vin. — Sont plus courageux. Rien n’est moins certain. Il y a des peuples fort guerriers qui ne boivent que de l’eau, surtout les peuples qui habitent dans le midi.
SECTION XXVII, PEUR ET COURAGE, ὃ 6
Pourquoi les États réservent-ils tant d’honneurs au courage, bien que le courage ne soit pas la plus estimable des vertus ?
N'est-ce pas parce que les États sont toujours en guerre, soit qu'ils la provoquent eux-mêmes, ou qu'on la leur fasse ? Or, dans les deux cas, le courage leur est extrêmement utile. C’est qu'on honore les choses, non parce qu’elles sont en soiles meilleures, mais parce qu'elles sont les meilleures pour ceux qui s'en servent.
Pourquoi, quand on a peur, est-ce surtout la voix, les mains et aussi la lèvre inférieure, qui viennent à trembler ?
N'est-ce pas parce que l'émotion de la peur est une suppression de la chaleur, qui descend des parties supérieures du corps, et que de là vient la päleur qu’elle cause ? Ce qui fait que la voix tremble, en sortant de la poitrine, c'est que le prineipe qui met la voix en
ὃ 5. Au courage. La suite prouve quil s’agit uniquement du courage à la guerre. Le courage individuel avait encore plus d'importance dans l'Antiquité qu'il n’en ἃ dans les temps
modernes. — Sont toujours en guerre. Cette raison est très forte. — Pour ceux qui s’en
servent. Le texte n’est pas aussi
développé.
86. La voix... les mains, la lèvre inférieure. Voir la même question au $ suivant, où elle est moins développée qu'ici. — Une suppression de la chaleur.
Le fait physiologique est exact.
— Du corps. J'ai ajouté ces mots. — Le principe qui met la voix en mouvement. C'est l’organe du larynx, mis en action par la volonté. — “ὲ en est de
mouvement s’est refroidi. Il en est de même pour les mains, qui se rattachent à la poitrine. Si c’est la lèvre inférieure qui tremble et non pas celle d’en haut, c’est qu'elle pend en bas, dans le sens où elle doit pendre. La lèvre inférieure ne se relèverait que par une action contre nature; mais comme c'est la chaleur qui fait qu'elle reste en haut, si la chaleur vient à disparaître, la lèvre inférieure tremble, parce qu’elle est refroidie. Or, dans la colère, cette lèvre est pendante par la mème cause, comme on peut le voir sur les enfants, parce que la chaleur se retire et se presse alors vers le cœur.
de
Pourquoi, dans la peur, tremble-t-on surtout de la voix et des mains et de la lèvre inférieure ?
N'est-ce pas parce que la chaleur s’en va de l’organe où se forme la voix, et que les lèvres et les mains tremblent, attendu que ce sont les organes les plus mobiles, et ceux qui ont le moins de sang ? On perd même alors sa semence, et les parties honteuses re-
même pour les mains. L’explication est très insuffisante. — Parce qu'elle est refroidie. Mème remarque. — Sur les enfants.
Ceci est obscur, faute d'un . développement plus complet de la pensée. Il est peu probable qu'il s'agisse de la colère des enfants ; car l’action de la colère est moins remarquable chez eux que chez les adultes. — Se retire et se presse. Il n'y a qu'un seul mot dans le texte.
δ. 7. C’est la même question qu'au $ précédent, résolue d'une maniere plus concise et par des arguments différents. — Les plus mobiles. Le fait est exact ; mais ces organes n'ont pas moins de sang que bien d’autres parties du corps.— Sa semence.
C’est Septali qui propose cette correction, en l'appuyant sur la fin du $ 11 de cette section; voir plus loin. La lecon ordinaire dit : «la bile », au lieu de
montent et se resserrent. On perd sa semence, parce que la chaleur, qui descend, la liquéfie; les parties honteuses se contractent, parce que la peur vient du dehors, et que la perte a lieu en sens contraire.
Pourquoi, dans la peur, a-t-on tout ensemble soif et froid, bien que ce soient là deux affections opposées ?
N'est-ce pas que les gens grelottent quand ils ont froid, et qu'ils ont soif quand ils ont chaud, tandis que, quand on ἃ peur, la chaleur et l'humidité disparaissent des parties supérieures ? La preuve, c'est la couleur du teint et l’état des entrailles. Le visage palit, et parfois le ventre se relàche. Ainsi, le frisonnement tient à ce que la chaleur disparait d’en haut ; et la soif tient à ce que le liquide a disparu également.
Pourquoi, la peur étant une peine et une souffrance d'un certain genre, les gens qui souffrent poussent-
« la semence ». Il parait indispensable d'accepter la variante de Septali. L'édition Firmin Didot a conservé le texte vulgaire. — Remontent et se resserrent. 1 n'y a qu'un seul mot dans le grec; mais il ἃ implicitement les deux sens. — λα perte.L'original dit précisément :
« la fuite. » Aulu-Gelle, Nuits attiques, livre XIX, ch. 2, ἃ reproduit tout ce ὃ 7, et il cite le texte grec qui est tout pareil au nôtre.
ὃ 8. Soif et froid. Voir plus haut, S$S 2, la même question, présentée un peu différemment, mais au fond résolue de la même facon. — Grelottent. J'ai dû prendre cette nuance pour l'opposer à ce qui suit ; dans l'original, les deux mots ont un sens à peu près identique. — À disparu également. Le texte est moins explicite.
S9. Les gens qui souffrent.
Ou : « qui éprouvent une grande douleur. » La question est in-
ils des cris, tandis que les gens saisis de peur se taisent ?
N'est-ce pas parce que, quand on souffre, on retient sa respiration, et qu'ensuite la respiration sortant en masse devient un cri, tandis que, dans la peur, le corps se refroidit et que la chaleur accumulée dans les parties basses y produit des vents ? Là donc où elle est poussée avec le plus de violence, là aussi elle produit davantage d'effet; et c'est ce qui fait que, dans la peur, on lâche des vents. La voix n’est qu'un mouvement du souffle qui se porte en haut, d’une certaine manière et dans certains organes. Ce qui fait que, quand on souffre, on retient son haleine, c’est que tous tant que nous sommes, lorsque nous ressentons quelque douleur, nous nous servons des ressources que la nature ἃ mises à notre disposition, sans d’ailleurs y penser plus que les autres animaux, qui se défendent avec leurs cornes, avec leurs dents, avec leurs griffes. Or, contre la douleur, c’est la chaleur qui, dans la plupart des cas, est le principal remède ; et c’est ce que l’on fait en retenant son souffle, puisqu'on chauffe et qu'on digère la douleur, en la retenant à l’intérieur du corps, avec la respiration.
génieuse, ainsi que la solution. dence. — Sans d'ailleurs y
— On retient sa respiration.
Sous-entendu : D'abord, puisqu'ensuite on se laisse aller à crier. — Des ressources que la nature a mises à notre disposition. Ceci est tout à fait d'accord avec le grand principe, émis par Aristote, que la nature ne fait rien en vain. Sous une autre forme, c'est l’idée de la Provi-
penser. Il y a en effet en nous une grande part laissée à l'instinct, malgré tous les progrès de notre intelligence et de notre raison.— Qui se défendent. Ce sont les théories exposées à bien des reprises dans l'Histoire des Animaux. — Qu'on échauffe et qu'on digère la douleur. Ces métaphores sont dans l'original.
SECTION XXVII, PEUR ET COURAGE, ἃ 10 289
= Pourquoi, dans la peur, a-t-on un flux de ventre et ressent-on l’envie d’uriner ὃ
N'est-ce pas parce que la chaleur qui est en nous, y est comme une sorte d'animal, et que l’animal fuit tout ce dont il a peur? Les peurs et toutes les affections analogues, arrivant du dehors par suite de la lutte
* qu'on soutient, et descendant aussi des parties hautes
vers les parties basses et de la surface vers l’intérieur, les régions du ventre et de la vessie s’échauffent et se relächent, en devenant plus disposées à tous les changements. C'est ainsi que les anis, les absinthes et tous les diurétiques développent de la chaleur. Il en est de même des médecines qui sont appliquées au ventre ; et qui, opérant par en bas, sont échauffantes. Parmi les médicaments ingérés, les uns relàchent le ventre simplement ; d’autres font une liquéfaction, comme, par exemple, l’action de l'ail sur l'urine. C’est tout à fait une action du même genre que celle-là, que produit la
$ 10. Un flux de ventre... l’en- dans l'animal. — Les peurs. vie d'uriner. Ces faits sont réels, arrivant du dehors. C'est vrai
bien que ce soient des exceptions. — Comme une sorte d’animal. Cette métaphore est employée ici, sans doute pour la première fois; depuis l'Antiquité, elle l'a été bien souvent. Elle est appliquée à la chaleur ; mais elle s'applique mieux à certains organes du corps, qui sont en effet comme un animal
Tv II.
d'une manière générale; mais la peur vient aussi quelquefois de l'intérieur, sans que rien d'extérieur puisse la causer. — C’est ainst que les anis... de la chaleur. Cette remarque pourrait bien n'être qu’une interpolation, bien qu'elle soit exacte. On en peut dire autant de ce qui suit sur l'effet des médicaments. —
chaleur venant de la surface et se réunissant dans ces parties du corps.
Pourquoi, dansla peur, les parties honteuses se contractent-elles, tandis qu’il semble que ce devrait être tout le contraire, et que, la chaleur s’accumulant en ce lieu par suite de la peur, les organes devraient se détendre ? |
N'est-ce pas parce que, toutes les fois qu'on a peur, on est en quelque sorte dans l’état des gens qui ont le frisson, et chez qui, la chaleur quittant la surface, tous les organes se resserrent ? Et même lorsque la peur est des plus violentes, on a des borborygmes. Il semble que, dans le frisson, la peau se contracte, ainsi que toute la surface du corps; et l’on dirait que la chaleur s’en est retirée. De là vient aussi qu’on a le frisson quand on a peur. Il en est de même pour les bourses de l’organe honteux, qui se resserrent en remontant; et les bourses étant remontées, les testicules se resserrent en même temps, phénomène qui se produit plus vite dans les actes sexuels. Car la peur
La chaleur venant de la surface.
C'est pour arriver à cette conclusion que la digression a été faite; mais le sujet précis de ce ὃ est en partie perdu de vue.
$ 11. Se contractent-elles. C'est un fait que chacun de nous a pu maintes fois vérifier. — La chaleur s’accumulant. La suite prouve que la chaleur, loin de s'accumuler dans ces parties,
s'en retire au contraire, pour remonter dans le thorax. — On a des borborygmes.Il semble que c'est là le véritable sens du mot peu usité qu'emploie le texte.— Dans le frisson. Le phénomène du frisson est assez bien décrit.
Le frisson est accompagné souvent de cette autre sensation qu’on appelle la Chair de poule.
— Phénomène qui se produit.
amène une crise ; et très souvent, dans l'anxiété qu’on éprouve, et dans l'émotion de la crainte, il y a une émission de semence, qui s'échappe.
Le texte est moins précis. — Amène une crise. L'original est aussi vague. — Une émission de semence. Voir plus haut, ὃ 7.
Quoique cette étude sur les effets de la peur et du courage soit incomplète à bien des égards, elle ne laisse pas que d'être fort curieuse. C’est une esquisse des rapports du physique et du moral dans l'homme.
Ces théories se sont peu développées dans l'Antiquité; mais on peut déjà en trouver beaucoup d'éléments dans les ouvrages d'Aristote, et notamment dans les Opuscules (Parva naturalia), et même dans le Traité de l’'Ame. Cette question de la communication des substances a été reprise dans le xvnesiècle, qui s’en est beaucoup occupé.
Leibniz aussi y a donné la plus grande attention. Le problème
peut exercer encore bien des psychologues et des métaphysiciens. Nous portons le mystère en nous; mais il n'en est pas moins obscur et impénétrable. De nos jours, on simplifie la question en déclarant qu'il n'y ἃ qu'un seul principe dans l'homme, et que la dualité est une pure illusion. Mais la conscience réclame si haut qu'on n'étouffera jamais ses revendications légitimes. Sans cette dualité, il est absolument impossible de rendre compte d'une foule de faits, où, de l'aveu de toutes les nations, est engagée la responsabilité de l'agent.
Mais il y a bon nombre de physiologistes qui ne veulent pas reconnaître une évidence aussi manifeste ; 115 dédaignent la conviction du genre humain, et même ils s’en font gloire.
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