CHAPITRE III
Le passé et Tavenir de Tatmosphère.
Toutes choses évoluent dans TUnivers ; la question est posée et discutée," de savoir si l'Univers lui-même évolue comme toutes choses. Notre, atmosphère doit *donc évoluer, elle aussi, ne pouvant faire exception à la loi générale. Dès lors, il est légitime de nous demander ce qu'elle fut avant d'être ce qu'elle est, ce qu'elle sera après avoir été ce que nous la voyons être aujourd'hui : sans doute, son passé et son présent nous éclaireront-ils sur son avenir.
L'origine de l'atmosphère est liée à l'origine même du globe terrestre. Issue d'une nébuleuse initiale, peu à peu condensée et qui avait donné naissance au Soleil, la Terre, formée des mêmes éléments que l'astre central dont elle fut, sans doute, un fragment détaché par la force centrifuge, était d'abord à une température excessivement haute. La nébuleuse primitive ne contenait elle-même, à ses origines, que des atomes clairsemés d'hélium et d'hydrogène. Peu à peu, sous l'influence combinée des formidables pressions auxquelles cette contraction donnait naissance, sous l'influence concomitante des très hautes températures que produisait cette contraction même, s'est faite Vinlégration de la matière, faisant apparaître des atomes plus complexes qui constituent ce que
nous appelons aujourd'hui, faute de mieux, les « corps simples ».
Cette haute température initiale, à laquelle était porté le morceau détaché du Soleil qui devait constituer la Terre, maintenait à Tétat de fusion, d'incandescence, la masse entière de la planète. Mais, petit à petit, par suite du refroidissement graduel dû au rayonnement de ce corps chaud vers l'espace froid, la solidification de ce sphéroïde incandescent a commencé; une « croûte » solide, fragile d'abord, s'est formée à sa surface, emprisonnant ainsi au-dessous d'elle le magma igné des matières demeurées en fusion, et préservées désormais du refroidissement rapide par l'écorce même que ce dernier avait fait naître.
L'écorce formée jouait un autre rôle : elle séparait les masses ignées des vapeurs qui en étaient issues ; les premières restaient enfermées sous lu croûte, alors que les secondes restaient à l'extérieur, formant autour d'elle une enveloppe gazeuse à très haute température qui l'entourait de toutes parts.
L'Atmosphère était née.
Cette atmosphère originelle était loin d'être ce que nous la voyons aujourd'hui. Elle contenait, à l'état de vapeurs, les métaux les plus volatils, tels que le potassium et le sodii^m. Le chlore, le brome, le soufre se trouvaient également dans cette atmosphère initiale, ainsi que les gaz simples, oxygène, azote, etc. L'hélium et l'hydrogène y figuraient aussi et ce dernier dans une très forte proportion. L'analyse spectrale nous en montre, en efl'et, dans l'atmosphère des planètes éloignées en voie de formation, comme Uranus et Neptune. Tous ces corps étaient maintenus, par la haute température, à l'état de dissociation, et ne pouvaient se combiner chimiquement les uns aux autres.
Ces combinaisons n'ont commencé à se produire