‹ Les problèmes de l'esthétique contemporaine [microform]Chapitre 36 sur 83 · L'ART ET LA DEALTÉ DANS LES RACES MODERNES · texte numérisé non relu

L'ART ET LA DEALTÉ DANS LES RACES MODERNES

comme règle de l'évolution humaine : le système nerveux, se développant de plus en plus, affaiblira le reste de l'organisme dans la mesure strictement compatible avec le maintien de la vie et avec les fonctions de reproduction. Si l'homme pouvait vivre et faire souche quoique étant tout nerfs et tout cerveau, il tendrait à devenir tel et à réaliser ainsi ce qu'imagine Diderot dans le Rêve de dAlembert.

A ces spéculations, nécessairement hasardeuses, sur l'avenir de l'humanité, une première réponse se présente : un être comme celui que Diderot et M. Renan imaginent est physiquement impossible ; la race en dis[)araîtrait au profit d'une autre mieux équilibrée. En outre, si vous attribuez au cerveau humain dans l'avenir un développement aussi miraculeux, vous devez logiquement lui supposer assez d'intelligence pour s'apercevoir à temps de la décadence qui menacerait le reste du corps. La grande anomalie de notre époque, c'est que la science, qui envahit l'instruction, n'a pas encore réglé pratiquement l'éducation tout entière ; mais le propre de la science est de guérir les blessures qu'elle a faites elle-même : elle le peut par une éducation mieux réglée, par une meilleure entente de l'hygiène et de la gymnastique, en un mot par une application plus méthodique des lois qui règlent le développeaient harmonieux des organes. Mettons cependant les choses au pis ; môme dans ce cas, l'avenir de la beauté ^t de l'art serait-il absolument compromis, comme l'affirme M. Renan, comme semble le craindre xM. Taine regrettant les superbes et tranquilles Vénus, <i fortes comme des

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chevaux? » Xous ne le croyons pas. Pour parler d'abord de la beauté, il y avait sans doute quelque chose d admirable dans la pureté immobile des formes, dans la [jroportion, dans le |)arfait ra[)port des or-anes aux fonctions qui constitue la hamiiè plastique et « l'efllorescence de la chair ; » peut-être cependant la beauté suprême et s yiûuwam poétique est-elle surtout dans l'expression et le mouvement. Pour un modernr, ce qu'il y a de plus beau dans l'homme, c'est encore le visa-e. Or le visa-e, par le déveloi)pement du système nerveux, de liatelli-ence et de la moralité, tend à devenir [)lus expressif. En vertu de la déponduice mutuelle des ori:anes, Lliomme des siècles à venir, s'il continue de développer son système nerveux dans une mesure compatible avec sa santé générale, devra porter dans sa physionomie môme le reflet toujours i)lus visible

1. Rappelons hriôvement quels sont, selon l'esthétique comme selon Ja physiologie, les si-nes les pkis caractéiisti(iues de la laideur du visage. Ce sent: !« la proéminence de la mâchoire, produite dans une race par l'usa-e cxa^'éré de cet or-ane ; i» la' saillie des pommettes, (p,i s'expli(|ue parle développement d.'s muscles de la mâchoire; > l'épatement et le relroussement du nez ou récarlement des ailes, <iui font ressembler le nez humain à un museau d animal ; i' IVcartement des yeux; oo la lai-eur de la bouche et lepaissem» des lèvres. Or, tous ces signes phvsiolo-iques de la lauleur semblent nécessairement liés à une infériorité "^intellectuelle et morale de la race ; nous les voyons le plus mai.jués chez les sauva-es ; ils disparaissent quand la barbarie laisse place a la civdisation ; ils ne semblent plus, dans les individus isolés chez qui brusquement ils se retrouvent en plein, que d^^ si-nes « d'atavisme; » il est donc permis d'espérer qu'ils s'évanouiront peu à peu dans les races supérieures sous l'iniluence du proi^rès intellectuel. Il y a en définitive une correspondance étroite entre les traits du visage et le cerveau, et cette correspondance devient manifeste quand on considère les masses ou ce que la statistique appelle les tçrauds nombres.

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