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LA PROFONDEUR DES MERS CT SA MESURE

d'une vague de translation sismîque. Nous en ayons parlé à la fin du chapitre VII, et nous ayons fait remarquer que la profondeur moyenne ainsi trouvée pour le Pacifique coïncidait exactement avec celle que Ton déduit de la discussion des résultats des sondages directs.

Pour représenter sur une carte marine, d'une façon rationnelle et suggestive, les résultats des sondages, on emploi l'artifice des courbes isoàathes. On nomme ainsi des courbes qui réunissent les points du sol sous-marin où la profondeur est la même : ce sont les « courbes de niveau » de la topographie sous-marine.

Pour grouper dans un travail d'ensemble les résultats des sondages faits sur toutes les mers^ autrement dit pour figurer la bathymétrie générale des Océans, le Prince de Monaco a entrepris et mené à bien une œuvre colossale : la publication d'une carte générale des Océans, en 24 feuilles, à l'échelle du IGLOOO.OOO*. Seize de ces feuilles sont en projection de Mercator, les 8 autres, groupées en deux ensembles de 4 quadrants chacun, représentent les régions polaires, trop déformées sur la projection cylindrique qui,^ d'ailleurs, ne permet pas de représenter les pôles mêmes qui, aujourd'hui, ont été atteints. Les isobathes, marquées par des teintes bleues d'intensités croissantes, sont celles de 100, 200, 500, 1.000, 2.000... 9.000 mètres. Les feuilles en projection de Mercator comprennent Içs latitudes entre l'Equateur et le parallèle 72® ; elles ont 1 mètre sur 59 centimètres. Les profondeurs y sont notées en mètres.

Il est presque inutile d'insister sur l'utilité de cartes marines portant, ainsi, les indications exactes des profondeurs par le tracé des lignes isobathes. Elles permettent, en cas de brume, d'attérir avec sécurité à condition que l'on puisse sonder en marchant. Le sondeur Thomson, permettant de sonder ainsi jusqu'à 200 mètres

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tottt en allant à 15 noeuds, est llQatruâienfc par excellence pour ce genre de naTÎgaiion.

Quand, en effet, un capitaine de navire se trouve pris dans la bmme, dans une région qu'il suppose voisiae de la côle, il maintient sa direction, ce qui lui doniie une première ligne sur laquelle doit se trouver le bâtiment qu'il commande. Alors, il jette la sonde, et suivant la profondeur qu'il trouve, il sait qu'il se trouve sur telle ou telle isobathe en supposant qu'il possède une carte bathymétrique de la région de la mer où il navigue. Cela lui donne une seconde ligne de position, et l'intersection de ces deux lignes lui fait connaître sa situation exacte.

Cette méthode a été appliquée avec un grand succès par des officiers de la marine française, les commandants Trudelle et de Roujoux, à Tatterrissage à New- York par temps de brume. C'est grâce à son emploi que le port du Havre doit d'avoir été choisi, de préférence à Brest, comme tète de ligne transatlantique, malgré la situation géograpJ;^ique avantageuse du port breton.

En effet : à l'ouest de la Bretagne, la brume est fréquente, et les atterrages de Brest sont très dangereux. An contraire l'entrée dans la Hanche est bien aisée, l'embouchure de cette mer ayant, environ, cent milles de large. L'incertitude sur le point estimé des grands paquebots est, au plus, d'une vingtaine de milles, soit le cinquième de la largeur de l'entrée : celle* ci ne peut donc pas être manquëe. Une fois le navire entré en Manche, il n'a qu'à sonder; le fond se relève régolièrement, non seulement dans le sens de la largeur, mais aussi dans celui de la longueur. La détermination de la profondeur permet donc au marin de se diriger, pour ainsi dire, comme un aveugle avec son béton, et d'atteindre, sans risques, les parages du Havre.

11 en est de même pour l'atterrage à Saintr-Nazaire et à la Palliée. Entre la pointe du Finistère et l'entrée de la Gironde, un grand plan incliné relie les abimes de

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