‹ Les problèmes de l'océanChapitre 48 sur 48 · Poincaré. Leçims sur la hypothèse* cosmogmiiqwsi p · texte numérisé non relu

Poincaré. Leçims sur la hypothèse* cosmogmiiqwsi p

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20.000 années pour déposer une couche épaisse d'un mètre, on Toit que le temps, nécessaire & la réalisation de toutes les couches ^stratifiées actuellement connues, est compris entre cent et mille millions d'années, et cela sans tenir compte des formations précambrtennes qui ont peut-être exigé plus de temps encore.

Les phénomènes de la radioactivité ont fourni une estimation ^ans une Toie différente. Onsaitqu^ l'émanation du radium se transforme en hélium. Le physicien anglais Rutherford a déterminé combien un poids déterminé d'uranium laisse émaner d'hélium en un an. Sir William Ramsay a, alors, étudié les minéraux extraits de récorce terrestre, et d'où l'on peut retirer Turanium on le thorium, et il a déterminé leur teneur en hélium, en étudiant ainsi certains minéraux de Suède, on trouve, pour l'âge de ceux-ci, mille et treize cents millions d'années. L'examen de certaines roches de Colombo, à Ceylan, a permis de leur assigner plus de 1.600 millions d'années.

Les géographes, de leur cèté« oui cherché à estimer l'âge de la Terre en éyaluant, en kilomèlK«ft carrés la surface latérale des chaînes de montagnes, qui re|Mréftçn^nt les plissements subis par Técoi^ce lorsqu'elle s'est contractée par* refroidissement. On a trouvé que cette surface totale représentait un centième et demi de la surface du globe terrestre, et on à! calculé le raccourcissement correspondant qu'a dû éprouver le rayon delaTerre pour arriver à ce résultat: c'est un peu plus du centième de sa valeur. Cette contraction correspondrait â un abaisse<ment de température de plus de 300 degrés, qui aurait exigé, pour seçroduire, près de 2.000 millions d'années.

*Nùtis avons vu les origines des mers ; nous avons rapidement retracé leur histoire à trouver les époques géo-> logiques : tout cela, c'est leur passé. Ce, livre avait pour

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but d'étudier leur présent. Il nous reste à dire un mot de leur avenir.

Cet avenir se traduira, tout d'abord, par un accroissement du domaine marin aux détriments du doimaine continental. Nous avons vu, au chapitre XII, que rérosion fluviale enlevait, chaque année, 10,5 kilomètres cubes aux continents pour les déverser dans TOcéan dont elle élève ainsi le fond et le niveau, pendant qu'elle diminue, par arasement, le volume des terres émergées. Rien que de ce fait, il suffirait de 7 millions d'années pour raboter complètement les continents : l'Océan s'étendra alors sur toute la Terre ; ce chiffre est ihème trop élevé, car, outre l'érosion fluviale, il y a l'érosion marine causée par le choc des vagues, et dont l'effort démolisseur représente environ la dixième partie de celle des cours d'eau.

Ainsi, dans un délai voisin de 6,5 millions d'années, les eaux marines devront recouvrir toute la Terre et constituer ainsi, d'une façon complète, cette hydrosphère qui n'en recouvre aujourd'hui que les 3/4 de la surface.

Mais ce délai, bien court relativement à Timmensité (des temps, sera-t-il lui-même atteint? Il est permis d'en idouter.

Au bout d'un nombre considérable * de siècles, ^qu'Helmholtz, dans ses calculs, fixait & 17 millions ^'années, le Soleil, refroidi par la continuité de son rayonnement, serait réduit au quart de son volume actuel. Bien longtemps avant que cette contraction soit réalisée, la ' Terre, insuffisamment chauffée parle rayonnement affaibli • d'un astre de plus en plus froid, ne dépassera pas zéro : la vie ne durera donc pas autant sur la Verre et le grand physicien en fixait la durée maximum à six'millioni d'années.

Alors la température de la Teire tombant au-dessous

de zéro, notre :globe entrera dans ifi, période de la mort

finale : la vie^aura disparu de «sa surface. Les Océans se

' transformeroQt.-^en Q^H^^ ^® S^^^ '^^ ^^^ derniers

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nuages, condensés en neige, n'entoureront plus la planète de leur mante&n protecteur, qui conalitnait contre le rayonnement la plus précieuse des sauvegardes. Le refroidissement ira donc en s'accroissant : le drame va se précipiter. L'acide carboniqne disparaîtra k sou tour, et se précipitera à l'état de neige Âne sur le sol glacé ; aingi disparaîtra la dernièredéfense de la Terre contre le refroidissement, qui, dès lors, ra s'accélérer.

Quand la température atteindra 73 degrés absolus (200° au-dessous du zéro de nos thermomètres), de nouveaux Océans viendront accumuler leurs flots dans les cavités formées parles glaces recouvrant leglobe terrestre : ils proviendront de la liquéfaction de l'oxygâne et de l'azote ; alors l'atmosphère, raréfiée à la dernière limite, ne comprendra plus que l'hydrogène et de l'hélium dont les atAmes restants seront très clairsemés. Les Océans d'azote etd'oiygëne se solidifieront à leur tour et ta Terre sera de nouveau, comme & son origine, inanis et vacua.

Mais sous son écorce glacée bouillonneront toujours les matériaux ignés du magma central, coqme sous l'enveloppe de fonte d'une grenade, ia charge explosive tient en réserve toute sonénei^ie*. Que notre planète morte, tournant autour de son Soleil, mort lui-même après avoir traversé les mêmes stades, vienne à rencontrer un autre astre mort : du choc terrible de ces deux masses animées de leurs grandes vitesses, résultent la volatilisation, la désagrégation de leurs matières constitutives ; une nouvelle nébuleuse prendra naissancdl et un monde nouveau sortira d'un monde mort, suivant la loi du Cycle étemel qui régit la nature tout entière.

1. Voir La Vit et la Mort du Globe, par A. Berget, i vol. Bibliothèque de Philoiophie scieatiflqus [9' mille]. PariR, Flunmuion, éditeur.

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