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CHAPITRE XIV

Le passé et l'avenir des Océans.

Nous avons, au cours des chapitres qui précèdent, jeté un coup d'œil d'ensemble sur les propriétés physiques et chimiques du milieu marin. Mais une question est sans doute venue à l'esprit du lecteur : comment ces océans ont-ils pris naissance? Comment se sont-ils transformés aux cours des âges? Quel est l'avenir qui leur est réservé à mesure que la terre refroidie s'acheminera vers ses destinées finales?

Pour répondre à cette question, il nous faut d'abord remonter à l'origine même de la Terre et, pour cela, résumer brièvement les « hypothèses cosmogoniques », édifiées pour expliquer la formation de cette écorce solide dans les cavités de laquelle les eaux se sont accumulées pour former les mers.

Le problème de^l'origine de la Terre a fait, de tous temps, l'objet des recherches des philosophes et des savants; mais c'est notre grand Laplace le premier, dont le clair génie a su apporter la lumière à tant de questions obscures, qui sut pressentir la vérité sur ce problème et en donna une solution qui, pour nécessiter aujourd'hui quelques retouches, n'en resté pas moins un des monuments les plus grandioses de la science humaine.

Se basant sur l'observation des nébuletues que l'on peut voir dans le ciel, à divers états de condensation, depuis la nébuleuse « amorphe » jusqu'à la nébuleuse

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« plaoétaire » aux contours circulairement déHnis, en passant par les nébuleuses « spirales ■ comme celle des chiens de chatte. L'illustre mathématicien pensa que la condensation graduelle de la matière cosmique qui forme ces corps célestes, doDt il croyait la température très élevée, devait finir par constituer un noyau incandescent formé de matiôres en fusion : c'était la masse de la nébuleuse agglomérée en un « Soleil n^

A mesure que, par le refroidisseiàent consécutif à son rayonnement vers l'espace froid, ce Soleil se contraclait, son moment d'inertie diminuait également, et, par suite, sa vitesse de rotation s'accroissait parallèlement. Le Soleil, masse fondue et, par suite, plastique, sous l'influence de la force centrifuge engendrée par cette rotation croissante, s'aplatissait & ses pôles, se renflait à. son équateur, et ce renflement finissait bieutAt par se séparer de la masse centrale, sous la forme d'un anneau gravitant autour d'elle. Cet anneau, rayonnant inégalement vers l'espace oit les centres d'émission calorilique sont inégalement répartis, finissait par avoir une région privilégiée où le refroidissement, plus intense, provoquait la condensation pTus rapide de la matière : l'anneau se brisait alors; sa matière s'agglomérait en un noyau unique continuant ô graviter autour du Soleil central. Une planète était née : c'était la Terre. Fluide encore, celle-ci était soumise, sur une échelle moindre, aux mâmes vicissitudes que le Soleil dont elle provenait; elle se contractait par refroidissement, tournait de plus en plus vite. Par l'effet de la force centrifuge ainsi accrue, un anneau équatorial se détactitît de la périphérie de la sphère aplatie pour former un saleliite, la Lune.

De masse plus faible, ce satellite se refroidissait le premier et sa surface se solidiflait en formant une « croate ». Plus tard, la Terre subissait à son tour cette solidiflcation soperflcielle, elle magma de matières fon-

1. Voir La Vie et ta Mort du Globe, par A. Berget, 1 val. Bibliothèque de Philosophie scieatifique. Paris, E. Flammarioii, éditeur.

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dues qui ia coastititait s'enveloppftit d'uae « éeonce » <[ui reoofnrrait ainaî le noyau central igné. L'analyse apee* traie a démontré l'Mle&Cité des éléments extraits de cette éeoTce avec ceux qui existait dane le Soleil, •coofimaDt ainsi la justesse de ces vuee.

Telle est, réduite à ses points essentiels, la théorie cosmogonique de Laplace. Quand le grand astroooflael'a émise, on ignorait les mourements rétrogrades des isatellites des planètes éloignées. Bn outre, Laplace ignorait rexistence d'une foorce, découverte seuleiaefflt en 1873 : c'est la j^retsUm de raéimtion, C'eat en iaisaat intervenir cette force « nouvelle » que la physicien Arrhetms a proposé une théorie cosmogonique qui se trouve mieux en harmonie avec les faits actuellement connus.

La pression de radiatioa est uoe vériljJble répuision exercée sur tout corps frappé par des radiations calorifiques. Des expériences, d^une délicatesse infinie, ont permis d'en déterminer la valeur : elle serait, à la «ir&ce du Soleil égale à 2^«'3l4k par /centimètre carré. Mais l'importance relative de la répulsion augmiente à mesure que la dimension des corps frappés diicinue. Ainsi, pour une sphérule de densité 1, d'un diamètre de 0^^0015, la répulsion est égale et de signe contraire à rattraction solaire qu'elle équilibre. Si le diamètre de la sphérale devient dix fois plus petit (0"''^ 000.16), la force répulsive sera dix lois plus forte que la force attractive : la sphérale sera donc lancée dans l'Espace.

Cela fait, il faut remarquer que l'Espace interstellaire est rempli d'atomes légers d'hélium et d'hydrogène qui s'échappent des astres et même des planètes. Ces atomes, très éloignés les uns des autres, constituent des milieux à très basse température voisine du zéro iU)solu {2139* c»). A Tétat ordinaire, ces agglomérats gazeux très raréfiés sont invisibles dans le ciel. Mais la force de radiation

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ctiasBeloin desétoites, des poussier m comi^tici électriaéee DégatiTement, qui, en arrivaiit dans ces " milieux nëbnleux o dont nons venons de parler, en rendent luminescente la périphérie, les transforjn&nt ainsi en nébuleuxes qui, d^g lors, dSTiennent visibles aux obserrateQrs terrestres .

A parlir de ce moment comiœiice une phase nouvelle : la nébuleuse peut demeurer fort longtemps en cet état; elle ne commence à évoluer qne quand un noyau se* forme dans son sein. Ce noyau pourra prendre naissance par l'agglomération graduelledeces poussières adventives qui. peu à peu, tomberont vers le centre de gravité de la loasse totale et s'y accumuleront avec dégagement de chaleur ; il pourra provenir aussi de l'arrivée, au milieu de la nébuleuse, de méléoritet provenant d'autres astres, et qui, serviront de centres d'attraction à la matière nébuleuse. Peut-être deux soleils éteints, cheminant à. Iravera l'espace, se rencontreront-ils dans un choc terrible qui volatisera leur matière, la désagrégera en ses termes ultimes l'hélium et l'hydrogf^nG, et donneront-ils ainsi naissance, de toutes pièces, à une nébuleuse nouvelle dont les deux jets gazeux formeront les spires et ijui possédera, naturellement, un ou plusieurs noyaux de condensation. Ce qui est certaio, c'est que l'analyse spectrale ne montre, dans les nébuleuses, que la présence de l'hélium, de l'hydrogène, et d'un élément encore inconnu de la Terre, auquel on a donné le nom de néltulium.

Une fois 'un noyau formé, celui-ci s'échauffe, par l'accumulation, sur lui, de la matière nébulaire : une nouvelle phase commence, c'est la phase iteltaire.

Arrivée, à cette période, la nébuleuse passe par les états successifs indiqués dans la théorie de Laplace : condensation, aplatissement polaire, détachement d'un anneau équatorial destiné à former une planète qui sera la Terre. Celle-ci, fut d'abord, à l'élat d'Etoile, brillant de son propre éclat dans l'Espace. Mais elle changea peu

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à peu de couleur, en se refroidissant graduellement : blanche d'abord, puis jaune, enfin rouge, pour se transformer en une sphère primitivement liquide. '^

Celle-ci, une fois formée, suit les mêmes lois de refroidissement, d'aplatissement, que le Soleil central, seulement le refroidissement est plus rapide, la masse étant plus faible. Elle se recouvrira donc, par solidification, d'une écorce solide, emprisonnant au-dessous d'elle les . matières ignées qu'elle préserve ainsi du refroidissement ultérieur.

Ces matières s'échappent par les fissures de Técorce, donnant naissance aux éruptions volcaniques ; elles sont formées de matières ferrugineuses. D'autre part les physiciens ont déterminé la densité de l'ensemble de la Terre : 5,5. Comme la densité des roches qui en forment l'écorce superficielle est d^environ 2,5, il [faut que la densité des masses centrales soit voisine de 8 pour compenser ainsi la faiblesse de la densité périphérique. Seuls, les métaux possèdent des densités atteignant cette valeur.

On peut donc considérer le centre de la Terre comme un magma de matières fondues métalliqt^es. Sous les énormes pressions qui s'exercent, ce noyau prend, malgré sa haute température qui comporte la fluidité, un état « pratiquement équivalent à l'état solide » et q^\ fait que la ferre possède, dans son ensemble, une rigidité comparable à celle de l'acier.

Quand l'écorce s'est formée, elle a enveloppé le noyau igné d'un manteau qui le protégeait contre un refroidissement. Mais au-dessus de cette écorce se trouvaient ,les couches concentriques des vapeurs des corps fondus, vapeurs qui se trouvaient primitivement à la température de solidification de l'écorce, c'est-à-dire à une température très élevée. A cette haute température, les corps composés étaient dis$ociéSy et cette « atmosphère primitive » se

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trouvait ainsi formée des Tapenrs de corps eimples. Peu à pfla, la température s'abaîssant, les corps arrivaient respectivement dans les condilioDs où leurs combinaiaens sont possibles. Alors se précipitent les chlorures, bremures, iodures des métaux alcalins qui viennent s6 déposer sur la croûte récente. Puis, l'hydrogèoe et l'oxygène, restés dissociés au début à cause de l'élévation de la température, se combinentetdtmnent de la vapeur d'eau.

CeUe-ci, pourtant, ne saurait se condenser encore. L'eau, en effet, ne saurait exister à l'état liquide audessus de la température 360", qui est sa u température critique ». Mais dès que la température tombeau-dessous de cette valeur, l'eau peut exister à l'état liquide sous les énormes pressions de l'atmosphère primitive. Ces pressions, avant la condensation, devaient être au moins de 300 atmosphères. Elles correspondaient, en effet, à la présence dans l'atmosphère de la totalité des Océans actuels. Orl'eau de ceux-ci, répandue sur toute lasurface terrestre, y formerait une couche d'eau épaisse de 3.000 mètres, et représentant par conséquent, 300 atmosphères de pression. Et celte pression était, sans doute, plus forte encore, car les eaux actuelles ne doivent représenter qu'une fraction des eaux du début.

C'est donc à une température de mO degrés que l'eau commence à se précipiter sur l'écorce terrestre, ruisselant dans les anfractuosités de celle-ci, s'accumulant dans ses dépressions, dissolvant tout ce qu'elle trouvait à dissoudre. Mais, on le sait, il n'y a pas de corps absolument insolubles : tout corps se dissout plus ou moins dansnn liquide, en particulier dans l'eau, et cela d'autant plus que l'eau est à température plus élevée. Donc l'eau qui a ruisselé sur la surface, encore brûlante, de l'écorce terrestre, y a dissous, en proportion plus ou moins grande et au moins k l'état de traces, tous les corps qui s'y trouvaient.

Ainsi ont pris naissance les premiers Océans; voilà pourquoi leurs eaux sont salées et doivent contenir, au

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moins à doses infinitésimales, des traces de tons les corps connus : nous avons vu comment l'analyse chimique confirmait ces vues.

L'eau de condensation s'est> ensuite, précipitée à des températures de plus en plus basses. Elle a atteint lOO', puis 50*. Puis, enfin, les condensations ont eu lieu à des températures où Teau ne dissolvait plus que des traces minérales : ce sont, à Tabondance près des phénomènes, les conditions dans lesquelles les précipitations atmosphériques se font encore aujourd'hui. Alors a commencé à s'établir le régime des cours d'eau qui ont coulé sur les premières terres émergées formant les continents primitif. Ces cours d'eau allèrent déverser leurs eaux douces dans les Océans, n'y apportant, comme ils le font encore actuellement, que des quantités beaucoup, plus faibles de matières dissoutes.

Telle est, dans ses grandes lignes, la théorie d'Ârrhenins qui nous donne l'explication de l'origine des Océans.

Une question, toutefois, vient à l'esprit : la mer actuelle est-elle la même que la mer primitive?

Tout d'abord, ainsi que l'a montré M. de Lauaay, il est très probable que, au point de vue de son volume, l'eau des Océans actuels ne représente qu'une fraction du volume des Océans du début

En effet. Toute l'eau enlevée à la mer par condensation est loin d'y revenir par ruissellement fluvial : une partie pénètre dans le sol et y détermine des hydratatioars des roches qui le constituent. II en résulte qu'au point de vue de la salure, celle'^ci a dû augmenter, car si le dissolvant s'évapore, il n'en est pas de même des corps dissous. L'eau de mer actuelle doit donc être plus salée que l'eau des mers primitives; et c'est sur cette remarque que le D** Quinton a basé sa curieuse théorie de rOcéan, milieu vital.

* Voilà donc l'Océan formé, par l'accumulation de Teaa

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précipitée sur l'écorce première ; le premier Océan a dû être, selon tonte Traisemblance, une couche d'eau sphérique entourant la Terre entière.

Mais, à mesure que le refroidissement s'exerçait sur le globe déjà formé, celui-ci se contractait ; son écorce se plissait, et de ce plissement résultèrent des saillies et des dépressions ; c'est dans celles-ci que l'eau, sollicitée par la gravité, alla s'accumuler formant ainsi des mert, tandis que les parties en saillies formaient les premières lies ou les premiers continents. Mais cette eau des mers de l'origine, agitée par les vents violents de l'atmosphère primitive, devait attaquer, saper, désagréger les roches cristallines superficielles offertes à l'action des vagues. Elle en accumula donc les débris au fond des cavités formées par les plissements de l'écorce, et ainsi ont commencé à se former les roches sédimentaires, provenant des dépAts effectués lentement sur le fond des mers initiales.

L'histoire du passé de la Terre constitue la Géologie : nous n'avons pas, dans ce livre, à empiéter sur le doniaine de cette science. H est, toutefois, indispensable de résumer rapidement les stades parcourus par la Terre au cours des Ages, afin de nous rendre mieux compte des états successifs par lesquels ont passé les Océans au cours des siècles disparus.

Au début de la solidification superficielle, l'écorce, encore très mince, était bouleversée, convulsée à chaque instant par le bouillonnement du magma interne. Elle se brisait donc par endroits et laissait échapper des matériaux fondus qui se solidifiaient en arrivant à l'extérieur plus ^id. Ainsi ont pris naissance les terrains archéens, au travers desquels les jets du magma central se sont levés, donnant, par leur solidification, naissance aux roche» érupfives, au-dessns desquelles a commencé la sédimentation.

A la période primitive, des changements fréquents ont dû se produire dans la configuration des continents et

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dfli mers. Les terrains archëeos, que l'on trcave toujours qaand on sonde le sol assez profondément, laissent le passage aux roches éruptives ; l'étude du sol nons montre, en effet, les rochea crystallophyllienoe^, partout où on les rencontre, associées très étroitement avec les roches granitiques. La hante température de toutes ces roches rendait eaeore impossibles les condHions de la vie, aussi ne doit-on pas trouver étrange de ne rencontrer, dans ces premiers terrains, aucun vestige d'ètree virants. Peut-être à la fin de cette période, quand la température fut tombée à -f- ^S quelques êtres élémentaires ont-ils fait leur apparitîoD : privés de squelettes et de carapaces, ils n'ont laissé aucune empreinte révélant leur existence, dans les roches si dures des terrains archéens. i

L'ère qui se trouve au début de l'histoire du Globe s reçu le nom d'ère primaire et les terrains qoi la caractérisent ont été divisés en terrains silurient, deooniens, carfionifèret et pemiers. Ce qui différencie les terrains primaires des terrains archéens, indépendamment de leur structure minéralogique, c'est l'apparition de la vie végétale et animale. Et, au point de vue de cette dernière, on peut dire que la vie a commencé dans les mers.

Comment cette vie a-t-elle fait son apparition sur notre Globe? Des cellules vivantes, chassées d'un astre lointain par la pression de radiation, ayant, au cours de leur long voyage intersidéral, résisté i l'action du froid de l'Elspace céleste, comme les travaux du laboratoirede Leyde en montrent la possibilité i ayant, comme le pense Arrhenins, [ri échapper à l'action destructive des rayons uUra-violets, sont-elles venues vivre, se développer, évoluer sur la Terre devenue habitable pour elles? Une Cause supérieure à notre raison a-t-elle fait apparaître, par un geste créateur, la vie À la surface de la planète ? C'est une question qui est et oui sera loni^temps encore, toujours peut-être,

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irrésolue scientiflquemenU Mais ce qui est certain, indiscutal)Ie, c'est que l'on trouve Aaqb les terrains de l'ère primaire les premières traces fassiles des êtres vivants.

Les terres et les mers, à l'ère primaire, avaient une répartition simple : ce que nous appelons l'ancien et le nouveau continent n'existait pas encore. Une portion de l'Amérique du Nord, le Groenland, rAtlanlique septentrional formaient, par leur réunion, un vaste continent boréal, constitué par des roches arcliéennes, baigné par les eaux d'une mer occupant l'emplacement de l'Europe actuelle et se prolongeant jusqu'à l'emplacement actuel de l'Asie. C'était, en somme une immense « Méditerranée u, au sud de laquelle se^rouvait un second continent que l'on pouvait appelerle continent tropical, et qui comprenait une partie de l'Amérique du Sud, l'Afrique presque entière et une partie de l'Asie et de l'Australie.

Toutefois, au cours mèmedel'ère primaire, ces domaines respectils de la terre et de la mer subissaient de nombreuses modifications, donnant alternativement la prédominencc à l'un ou à l'autre. C'est dans les mers de cette époque que la vie a fait son apparition, accusée par les débris de foraminifères et de radiolaires. Ces mers abondaient enbrachiopodes, et de nombreux céphalopodes y vivaient. Mais les animaux caractéristiques des temps primaires sont des crustacés r les tribolites, que l'on ne rencontre jamais dans les terrains plus récents.

Vers le milieu des temps primaires, les premiers vertébrés firent leur apparition dans les mers : c'étaient des poissons cuirassés, à colonne vertébrale incomplètement ossifiée, et qui firent place à des poissons ganoldes, è. écailles osseuses et à queue " hétérocerque ».

A l'ère primaire succéda l'ère secondaire dont les terrains sont divisés en triasiques, jurassiqves et crètacèt. Celte ère fut une période de stabilité et de calme : pas de grands

soulèvements de montagnes, pas de rôle prépondérant des éruptions volcaniques.

Malgré cela, des variations ont affecté l^s contours terminaux des mers. La grande Méditerranée dont nous avions signalé l'existence à l'ère primaire existe encore, mais les continents entre lesquels elle se trouve sont tout à fait différents. L'Amérique du Nord presque entièrement émergée, est réunie au Groenland et à rAtiantique nord pour former un vaste continent : le continent atlantique. L'Amérique du Sud (au moins pendant la première partie de l'ère secondaire) est soudée à l'Afrique pour former le continent africano-iréiilien. En Europe, la région Scandinave est émergée^La plus grande partie de l'Asie est également hors de l'eau, ainsi qu'une bande de terre dans l'océan Indien, l'île de Madagascar et des terres sur l'emplacement des îles de la Sonde et de l'Australie. Telle est, au cours de Tère secondaire, la répartition générale des continents et des Océans. La persistance de la dépression méditerranéenne est à remarquer : nous en avons déjà signalé Timportance au chapitre X.

Quant aux habitants des océans « secondaires », on peut dire que les trilobites avaient complètement disparu ; à leur place sont apparus de nombreux ammonites et des bélemnites^ ainsi que des foraminifères, des radiolaires; on trouve fréquemment, dans la craie, des globigérines dont les carapaces accumulées ont formé des couches entières. Cette sédimentation, nous l'avons vu au chapitre XII, se continue dans les Océans actuels dont une grande partie du fond est constituée par de la k boue à globigérines ». On trouvait également en abondance, dans les mers secondaires, des éponges, des coraux, des crinoîdes et de nombreux oursins. Les mollusques pullulaient : des huîtres, des lamellibranches, et surtout des céphalopodes. Les poissons cuirassés ont disparu; les poissons ganoïdes subsistent encore, mais à la fin de l'ère secondaire apparaissent de véritables poissons, à écailles molles, ù vertèbres bien ossifiées.

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Les êtres marins caractéristiques du temps secondaire sont des reptiles dont la taille était immense: le mosasaure atteignait la longueur de 20 mètres. L'ichtyosaure avait UD museau de marsoin, des dents de crocodile, des membres de cétacé, des vertèbres -et ua corps de poisson. Quant au plésiosaure, il joignait à des membres de cétacés, une tète de lézard emmanchée au bout d'un iong cou. Tels étaient les monstres fabuleux qui vivaient dans les mers de l'époque secondaire, et dont les ossements fossiles ont permis de reconstituer les dimensions.

L'ère secondaire marquait, dans l'histoire du passé de la Terre, un temps de repos de tranquillité; avec l'Ère tertiaire vont apparaître de violents mouvements de l'écoree ; des changements géographiques considérables vont se produire, qui seront une préface à la distribution actuelle des terres et des mers.

Petit à petit, au cours des temps tertiaires dont les géologues subdivisent les terrains en éocênes, oligocènei, miocènes et pHocènes, les terres émergées ont pris des formes qui les rapprochent de leurs apparences présentes.

Au début des temps tertiaires, on constate toujours l'existence de ia grande Méditerranée qui baigne l'emplacement des Pyrénées et des Alpes, recouvre une partie de l'Ësp^no, le nord de l'Afrique, l'Europe méridionale, l'Asie mineure, la Perse et arrive jusqu'à l'endroit oii sont, aujourd'hui, les cimes de l'Uimalaya. Mais de terribles convulsions de l'écoree l'agitent et la modifient ; les grandes chaînes de montagnes surgissent sur l'emplacement qu'elles occupent actuellement : Himalaya, Alpes, Massif central.

En ce qui conclue les animaux qui peuplaient les eaux des mers tertiaires, il y avait, parmi les invertébrés, des êtres rappelant absolument ceux qui vivent aujourd'hui dans l'Océan. Parmi les protozoaires, citons des foraminîfères de grande taille, les nummulites, qui abon-

daient tellement que leurs débris forment actuellement par leurs dépôts stratéflés, des terrains entiers. Les mollusques ressemblent de tous points aux mollusques actuels; les céphalopodes ne prédominent plus : ils ont cédé la place Mix lamellibranches et aux gastéropodes. Les crustacés sont identiques à ceux de nos jours.

Enfin les poissons sont devenus absolument des poissons osseux à vertèbres bien nettes. Les squales abondent dans les mers tertiaires : on trouve fréquemment dans ces terrains, des dents de requins qui devaient provenir d'individus de taille énorme. Les gigantesques reptiles de l'époque secondaire ont disparu. On le voit: la faune tertiaire, de même que la géographie, se rapproche des apparences actuelles. L'homme va faire son apparition ; la géologie s'efface pour faire place à la géographie et à l'océanographie.

Mais, à la fin de l'ère tertiaire ou au début de l'ère quaternaire, se place un événement considérable dans l'histoire de l'Océan et même dans l'histoire de l'humanité, événement encore entouré d'un mystère angoissant: nous voulons parler de l'effondrement du continent atlantique ou de V Atlantide.

L'existence, à une date très lointaine, d'une vaste terre émergeant de rOcéan Atlantique et habitée par un peuple puissant, les « Atlantes », est inscrite dans la légende; de plus en plus la légende apparaît comme ayai\t traduit la réalité et il semble de plus en plus probable qu'une vaste région, continentale ou faite de grandes îles, réunies en archipel, s'est effondrée dans l'Océan, à l'ouest des « colonnes d'Hercule » c'est-à-dire du détroit de Gibraltar, et que son effondrement ne remonte pas très loin dans le passé.

Nous rappellerons seulement que Platon, dans ses dialogues de Timée et de Critias^ en donne des descriptions trop détaillées pour être fictives, descriptions qui

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correspoadeot à la nature des terrainB des îles qui se IrouTent dans les régions des Açorea et dee Canaries. D'&atres auteurs anciens, Théopompe, notamment, oui fait également des récits qui, ponr être d'allure plus imaginative, n'en montrent pas moins l'extrême diffusion (le la légendn.

On a beaucoup, au cours des dernières années, étudié la légende de l'Atlantide à la lumière des faits révélés par la science contemporaine : disons aTec le professeur Termier, de l'Académie des Sciences, que cette étude semble donner corps à la légende et lui donne, sinon l'apparence de la certitude, du moins une somme très grande de probalité.

Il y a, tout d'abord, les raisons tirées de la géographie, de l'océanographie et de la géologie. Nous gaTons que. vidé de l'eau qu'il contient, le bassin de l'Alluiiliquc présenterait deux énormes vallées longeant du nord au sud, les deux rivages de l'Ancien et du Nouveau monde, séparées l'une de l'autre par une crête médiane surélevée, la vallée de Test, celle qui longe le continent africain, étant plus étroite mais beaucoup plus accidentée que l'autre. Çà et I&, dans cette vallée, surgissent <les |iyraniiJe^, supportant des lies comme Madère, les Ca]jarieï>, les îles du Cap-Vert. Dans la plus grande partie de sa longueur, la crête médiane, qui présente la forme générale d'un S, a une longueur d'environ 1.500 kilomètres; sa surface eBt hérissée de saillies, autant" qu'elle est criblée de cavités. Voilà pour le point de vue géographique.

Au point de vue géologique, ta région orientale de l'Atlantique est, sur toute sa longueur, et probablement d'un pôle & l'autre, une grande zone volcanique: tous les sommets qui émergent sont des lies volcaniques, de Trist&o da Cunha à l'Islande ; nombreux sont les navigateurs qui y ont constaté des manifestations non douteuses d'éruptions sou^-marines. La zone orientale de l'Atlantique est une des régions instables de la Terre, où les plus terribles cataclysmes peuvent se produire. Des

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observations vuriées ont montré qu'il s'en était produit, et même & des dates récentes.

On peut donc conclure de tout cela que toute une région au nord des Açores, comprenant peut-être 1^ Açores elles-mêmes, et dont ces Iles, dans ce cas, ne seraient que les «ruines visibles», s'est effondrée récemment, probablement à cette époque que les géologues appellent « actuelle tant elle est récente, et qui est quelque chose comme d'hier, pour nous, les vivants d'aujourd'hui » .

D'autres faits s'offrent encore à nous. On sait qu'il existait autrefois deux grands continents, l'un nord- Atlantique, l'autre sud-Atlantique, entre lesquels existait la grande « dépression méditerranéenne ». Une chaîne de montagnes, plus large que la chaîne des Alpes, s'est dressée autrefois sur le bord Méditerranéen de ce continent nord-Atlantique : c'est la « chaîne hercynienne » ; to^t cela s'est effondré bien avant l'engloutissement de ces terres émergées dont les Açores semblent être les derniers vestiges.

L'extrême instabilité du fond de l'Atlantique date donc de loin. Les études du professeur Louis Gentil hii ont permis de conclure que le détroit de Gibraltar s'était ouvert au début du Pliocène. Déjà, à l'époque tortonienne, la mer baignait le rivage d'Agadir : par conséquent, déjà à cette époque, Madère et les Canaries étaient séparées du continent. Mais, sur cette rive marocaine, les couches tortoniennes sont dénivelées et plissées : il y a donc eu, dans la zone où se prolongeait l'Atlas, des mouvements postérieurs et, par conséquent, quaternaires, et le chenal séparant Madère et les Canaries s'est encore approfondi dans les temps quaternaires, c'est-àdire tout près de nous. Ainsi la géologie naus apporte, avec la certitude d'immenses effondrements dont quelques-uns datent d'hier, un argument puissant en faveur de l'existence réelle de l'Atlantide.

Et la zoologie elle-même nous apporte son contingent

LE j-Aasé ET l'avenir des océans 3i9

de probabilités. Les formations qnaternaires des CaBaries ressemblent à celles de (a MauriËanie et renferment lee mêmes espèces de mollusques : on peut eu conclure, avec M. Louis Germain, que les quatre archipels out ét*4 reliés au continent à une époque très voisine de la nôtre. En outre, on trouve dans les mollusques actuels des quatre archipels atlantiques, des types qui semblent les survivants d'espèces fossiles du tertiaire européen. De plua, les mollusques pulmonés qu'on nomme Oltacinidfe ont une répartition géographique des plus curieuses : ils ne vivent que dans l'Amérique centrale, dans le bassin Méditerranéen et dans les archipels Canaries, Açores et Madère. Cette répartition géographique indique évidemment l'extension jusqu'aux Antilles, au début du Miocène, du continent qui embrassait les archipels, el ia production, vers la fin, d'une coupure entre les Antilles et le continent.

On est donc conduit, avec M. Germain, en présence de ces faits et d'autres encore dont l'énumération sortirait du cadre de ce livre, à admettre l'existence d'un continent atlantique, lié à la péninsule ibérique et k la Mauritanie d'une part, et se prolongeant assez loin vers le sud pour posséder quelques régions à climat désertique. Au Miocène, encore, ce continent allait jusqu'aux Antilles; il a dû se morceler ensuite, d'abord du cûté des Antilles, puis dans le sud, par l'établissement d'un rivage marin allant jusqu'au Sénégal, puis enfin le dernier grand débris, finalement abîmé, de cette AUantidff décrite par Platon, n'aurait laissé d'autres traces que les quatre archipels atlantiques.

Ainsi apparaît de plus en plus vraisemblable l'existence de l'Atlantide. Une seule chose reste à démontrer : le cataclysme est^il postérieur à l'établissement de l'Hamanité dans les régions occidentales de l'Europe? Si le cataclysme est certain, on peut se demander si des hommes existaient déjà dans la région oîi il s'est produit, pour en subir le contre-coup et en transmettre le

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souTenir. Si la Géologie et la Zoologie ne peuvent rien ajouter & ce qu'elles nous ont déjà appris, peut-être l'Océanographie et TEthnographie éclaireront-elles d'un jour nouTcau cette question si pleine de mystère.

Nous avons exposé, pour expliquer l'origine des Océans, la « théorie cosmogonique » de Laplace et les modifications, exigées par les découvertes de la physique moderne, qu'y a apportées Arrhénius. Mais nous ne pouvons passer sous silence une théorie toute récente, due à un ancien élève de l'Ecole Polytechnique, H. Emile Belot, directeur des Manufactures de l'Etat, théorie extrêmement séduisante par son prindpe et qui, par les déductions qu'on en tire, s'applique à tous les phénomènes qu'étudient la Géogénie et la Géophysique.

M, Belot part de ce principe que la considération d'une seule nébuleuse en rotation, qui est à la base de toutes les cosmogonies connues, est insuffisante pour expliquer les faits. Outre le mouvement de rotation^ le système solaire est animé d'un mouvement de translatioriy qui l'entratne vers un point de la constellation d'Hercule, appelé l'apex, à la vitesse de 20 kilomètres à la seconde. Le système se comporte donc comme un obus, Jancé par un canon rayé et qui tourne sur lui-même tout en parcourant sa trajectoire. Or, que dirait-on d'un artilleur qui, pour étudier le tir de son arme, ne considérerait que la rotation du projectile et en négligerait la translation? Il faut donc considérer les deux mouvements sous peine de négliger un f&cteur principal. Nous allons donner ici les points essentiels de la théorie de M. Belot et.montrer les conséquences qu'il en a tirées relativement à l'origine et à la distribution des Océans.

Nous avons dit que les forces répulsives, comme la pression de radiation, pouvaient ^aisément l'emiporter sur les forces attractives quand les dimensions des corps sur lesquelles elles agissent devenaient très petites. On

E PASSÉ ET l'AV

S ncÉANS

cunçoiL doQC qu'au début de la formation d'une nébuleuse doat les élémeuts ont des dimensions d'ordre atomique, les forces répulsives aiout été prédominaates.

Or, l'observatioa de la plupart des nébuleuses, dont la majorité est de forme spirale, révèle l'existence de tourbillons cosmiquei, bien plus que de forces attractives. Quant au système solaire, nous avons vu que sa translation se fait à raison de 20 kilomètres par seconde. Il y a lieu, dès lors, de faire intervenir les deux espèces de , mouvement.

On doit donc considérer, an début, non pas une, mais deux nébuleuses , l'aae étant heurtée par l'autre jouant le rôle de projectile. Ce projectile, également de matière nébulaire, doit être un « tube-tourbillon », de structure gazeuse ou « ultra-gazeuse », c'est-à-dire formé de ces corpuscules éleclrisés qui cheminent à l'intérieur des tubes de Crookes, avec des vitesses de 1,000 à 100.000 kilomètres-seconde.

Ce tube tourbillon T,T, (fig. 37) heurte une nébuleuse " amorphe » E, avec son énormevitesse. Sous l'influence du choc, ce tube entrera eu vibration et présentera, dès lors, des « nœuds >■ et des « ventres » équidistants 1,2,3. A chaque a ventre » de vibration, il émettra une n nappe » de sa matière, évasée en forme de tulipe et divergeant autour de i'ase. Ainsi, à chaque ventre où il y a maximum de chocs avec la nébuleuse, il y a échappement d'une nappe. En coupant par un plan ces différentes

Kig. SI. -s

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nappes, les rayons <}es sections sont précisément les distances des planètes P|9Pt»P3> au soleil : on retrouve ainsi la loi de Bode. Et Touverture de plus en plus grande de ces nappes à mesure qu'on s'éloigne de Taxe, explique l'inclinaison, sur l'écliptique, des axes de rotation des planètes éloignées, qu'il est impossible d'expliquer autrement.

Telle est le schéma de la théorie « générale » de M. Belot. Mais il va encore plus loin, et l'applique à la constitution même de la Terre ainsi qu'à la répartition des mers ; nous allons voir de quelle manière il y arrive.

Notre planète, comme toutes celles du système solaire, résulte de la condensation bipolaire du tourbillon NS qui l'a formée et de la condensation équatoriale de la matière satellitaire, Ë. Celle-ci apporte à l'Equateur une vitesse tangentielle.

Projectile plastique dans le milieu résistant de la nébuleuse heurtée, la Terre prendra la forme qui caractérise le solide de moindre résistance : celle d'un poisson, le gros bout en avant. Elle sera donc aplatie dans le sens de sa trajectoire et terminée en pointe à son arrière. C'est ce que confirment la dépk^ession de l'Océan arctique et l'élévation du continent antarctique ; c'est ;aussi ce que confirme l'accumulation des continents dans r hémisphère-nord.

Puisque c'est l'hémisphère boréal qui rencontre le premier la résistance de la nébuleuse heurtée, la rotation y doit être diminuée du fait du frottement, plus que dans l'hémisphère-sud : de là, tonion vers VEst des pointes méridionales des trois continents. Ainsi les traits fondamentaux du relief terrestre s'expliquent aisément.

Considérons maintenant la Terre, enveloppée de son atmosphère primitive où la vapeur d'eau exerçait une pression de 300 atmosphères. A l'extérieur de l'atmosphère qui enveloppait ainsi le globe d'une gaine-gazeuse,

LE PAS81& BT l'aYBNIB DBS OCÀARfl 323

le frottement contre la nébuleuse ambiante déterminait une circulation générale dans le sens nord--sud, circulation qui se fermait à la surface du noyau interne par une circulation inverse allant dans le sens sud-nord (flg. 38). Autour du pôle sud, cette circulation déterminait donc des courants verticaux deicendants et froids^ alors qu'autour du pôle nord, après réchauffement des masses gazeuses au contact du noyau brûlant, les courants étaient ascendants et chauds. C'est donc dans l'Antarctide que la température tomba d'abord au-dessous de 360 degrés et que put se produire une condensation d'eau abondante, correspondant à la différence de 300 atmosphères et des

194 atmosphères qui repré- Fig.38.-CircuhUonhiMalèdelatârre.

sentent la pression critique

de l'eau à la température de 360 degrés. Le volume d'eau de cette condensation correspond & une hauteur, répartie sur le globe entier, d'environ i.500à 1.600 mètres et cela fut fait avec une grande rapidité : c'était le déluge critique.

Il restait à tomber plus lentement de 360^ à lOO"", au cours des périodes suivantes, le déluge normal^ qui a achevé de re.mplir, sur les 2.000 mètres de hauteur restant & combler, le lit des bassins océaniques.

Par son instantanéité, par la violence extrême des courants marins, issus du sud, qu'il a provoqués, le déluge critique a dû être ainsi l'agent principal de la « sculpture » de l'écorce terrestre.

Le déluge normal ultérieur, plus lent, achevant, sur 2.000 mètres de hauteur le remplissage des bassins creusés par le déluge critique^ ne peut guère modifier

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Tarchitecture profonde de l'écorce, déjà plus consolidée : Cest donc à 2.000 mètres de profondeur qu'il faudra chercher les lois de l'architecture terrestre, et cela nous montre par une considération noutelle, Timportance de l'Océanographie; on retrouve admirablement les bases de cette architecture en consultant les 24 feuilles de la carte bathymétrique des Océans publiée par le Prince de Monaco. C'est dans ces 2.000 mètres, à partir de la surface actuelle des mers, qu'ont dû se passer les événements géologiques : transgressions et régressions marines, etc., qui ne pouvaient guère modifier,, par la suite, la structure profonde de Técorce solide.

L'eau; arrivant sur le noyau par le pôle austral, crée une surchage dissymétrique obligeant, par équilibre s^atique autour du centre de gravité de la Terre^ la croûte boréale à se soulever d'une hauteur correspondant au poids du déluge austral. De là lasurrection du « bouclier continental » comprenant les trois boucliers archéens. L'action dynamique des courants océaniques arrivant du sud venant se superposer à leur action statique ils érodent la croûte anhydre primitive de la région australe et en transportent les sédiments et alluvions dans rhémisphère nord, surélevant par des matières légères et abondamment salées les soubassements des continents boréaux primitifs.

Ërodés, dépouillés de leurs matériaux légers, les fonds sous-marins n'ont plus ainsi, sur leur surface à no dans les profondeurs au-dessous de 2.000 mètres, que des couches denses, plus ferrugineuses que les continents. C'est en vertu de ce mécanisme très simple que les fonds sous-marinsfsont stables sous les mers, tandis qu'émergent les continents. Refroidis les premiers, les fonds océaniques sont les plus ferrugineux : ainsi s'explique rationnellement le rôle magnétique des mers, mis en évidence par la belle expérience du magnétarium de Wilde.

Cet équilibre statique autour du centre de la Terre explique de suite la loi des antipodes : tout continent

LB tABaA KT l'avBUIH die OCàAHB 325

doit sToir une mer pour uitipode : c'est ta loi de l'opposition diamétrale. Et cette même conséquence de l'équilibre statique montre que, pour édifier les coDtiuents au-deBHUs du nÏTesa primitif, les Océans ont dû éroder ou faire surgir un poids de l'écorce égal & leur propre poids. Enân, tes continents et presqu'îles teront terminéi en pointe vén le tud, parce que, dane un courant snd-nord transportant des sédiments, si un dépôt ou <• m6le H se Tonne en un point, il divise le courant en deux autres formant un V ouvert vers l'équateur, et entre les branches duquel se déposeront les sédiments dont la vitesse s'est trouvée réduite. Par des développements plus longs, qui ne sauraient trouver place ici, M. Belot établit la loi de la distribution des terres et des mers sar chaque parallèle des denx hémisphères.

Ajoutons que l'on explique naturellement la talure des mers : en effet, la circulation nord-sud des couches externes a fait que la température minimase trouvait & chaque instant au-deâsus de l'Antarctide: dès que la température y fut tombée entre 800° et 700* les seU kaloïdes, c'est-A-dire tes sels alcalins de la mer, primitivement A l'état de vapeur, se sont précipités en pluies a-vnaL c|u'il y ait eu une trace d'ean sûr la Terre. Leurquantiti! n'est, d'ailleurs, pas négligeable : rien que dans la proportion de 3 pour cent qu'ils ont dans l'eau des mers, ils formeraient une couche de 40 mètres d'épaisseur, répartie sur toute l'étendue du globe terrestre. Et ce chiffre est sans doute trop faible, car une partie de ces haloldes a dû être âzée dans les roches et les couches sédimentaires.

Quoi qu'il en soit, lorsque l'eau, une fois la température abaissée A 360*, s'est précipitée sur la Terre, elle a trouvé A dissoudre immédiatement des quantités énormes de sel, qui sont l'origine de la salureactuelle des Océans.

Telle est, malheureusement trop résumée, l'ingénieuse e^éduisante théorie de H. Emile Belot relativement aux origines et aux développements respectifs des continents et des mers. Elle trouve naturellement des détracteurs

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et' des adTereaires acharnés : c'est le sort de toutes idées DOUTelles, qui obligent les savants vieillis dans les habitudes d'une science, à réformer leurs idées et leurs méthodes, et l'exemple de Pasteur est tout près de nous pour le démontrer. Mais, suivant l'expression du grand mathématicien Henri Poincaré, qui a consacré à la théorie d'fim. Belot la dernière de ses leçons sur les hypothèses cosmogoniques : « cette tentative mérite l'atteotion... ; il semble qu'il peut être utile de la faire connaître, parce qu'on pourra un jour» trouver à y glaner, d'intéressantes vérités ^ ».

Avant de quitter l'étude du passé des mers, une question est encore à résoudre, c'est celle de leur âge. Quel peut être l'âge des Océans ? En d'autres termes, dequis combien d'années les mers sont-elles formées à la surface de l'écorce terrestre ?

Cette question est intimement liée à celle de l'âge de la Terre elle-même. En effet : presque aussitôt l'écorce formée, les eaux de condensation se sont précipitées sur sa surface. Si Ton admet les idées de M. Belot, la masse entière des Océans, précipitée sur le sol brûlant, a dû s'évaporer au moins trente fois et se recondeùser autant de fois avant de constituer le» Océans définitifs, et cela explique l'intensité du travail de sculpture dû au déluge critique. Quoi qu'il en soit, trouver Tàge des Océans revient^ à peu de chose près, à trouver l'itge de la Terre elle-même^

Pour tenter eekto évaluation, on peut partir de divers points de vue. On pe«i^,psCr exemple, se demander quel a dû être le temps nécti^aire à la sédimentation des couches sucessives qui c<Mistituent l'écorce teVrestre. Si L'on évalue à 30.000 mètres l'épaisseur totale des dépôts stratifiés,, et si l'on considère, d'autre part, quil faut, d'après les estimations des géol<:^ues,.entre 3.000 et

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