INTRODUCTION
Un des symptômes les plus remarquables de notre temps, c'est la croissante popularité des sciences. Je ne parle pas seulement de l'admiration qui s'attache à leurs fécondes découvertes, de la reconnaissance qui est le prix de leurs services, chaque jour plus importants et plus nombreux : dans la popularité dont je parle entrent des sentiments plus délicats, plus désintéressés, un entraînement spontané vers des vérités qui jettent une couleur nouvelle etsur l'histoire du monde et sur celle de l'homme, le besoin de rafraîchir l'âme h des sources plus fécondes, le ^ désir de renouveler ce fonds de croyances et d'idées qu'on pourrait appeler le capital intellectuel de la civilisation. Peut-être aussi, car il faut tout dire, un secret découragement se mêle-t-il parfois à ces
LAUGEL. a