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Expliquer les différenciations histologiques et morphologiques et leur localisation dans l’espace et dans le temps, expliquer les résultats du développement des blastomères isolés ou des portions d'oeufs, tout en admettant un parfait isotropisme de l’oeuf et une différence entre les blastomères et l'oeuf: voilà le problème le plus ardu de l’ontogénèse, que j'espère avoir résolu scientifiquement dans cette partie de mon ouvrage.
La méthode suivie dans la recherche de cette solution est d’une très grande simplicité.
Après une analyse minutieuse des phénomènes fondamentaux de l’ontogénèse (chap. ID); après avoir démontré que les différenciations histologiques et morphologiques ne sont que les conséquences d’une différenciation chimique des cellules (chap. Il); après un examen de la constitution de l’oeuf, que je crois nécessaire pour la parfaite compréhension des phénomènes ontogénétiques (chap. IIT), je passe à considérer les bases possibles de l’ontogénèse.
Ces bases ne peuvent être que les trois modes possibles de développement biomoléculaire: autogénétique, homogénétique, hétérogénétique, c’est-à-dire, que les deux premiers blastomères ou bien sont égaux entre eux et égaux à l’oeuf, ou bien sont égaux entre eux mais différents de l’oeuf, ou bien encore sont différents entre eux et différents de l'oeuf. Évidemment il n’y à pas d’autres cas possibles. Or, si l’on exclut les développements autogénétique et homogénétique, qui ne suffisent pas à notre interprétation, ainsi que je le démontre (chap. IV), il ne nous reste à considérer que le développement hétérogénétique.
Cela étant posé, je démontre (chap. V) qu'il n’y à que deux modes possibles de développements hétérogénétiques: le développement polyodique et le développement monodique. Le premier étant écarté comme insuflisant à l’explication des phénomènes de l’ontogénèse, il ne nous reste à considérer que le développement monodique.
C’est sur ce mode de Ru que je veux Fee me
tention des Biologistes, parce que c’est dans celui-ci que nous | trouvons des propriétés qui expliquent merveilleusement tous
les principaux phénomènes ontogénétiques (chap. VE.
Le chapitre VII est consacré à l’examen de l’asynchronisme
de segmentation, non comme hypothèse, mais comme conséquence naturelle et nécessaire de mon interprétation de l’assimilation et de la cytodiérèse. Il nous explique merveilleu-
sement et d’une manière absolument scientifique le rythme
de segmentation des oeufs, dont on ne savait jusqu'ici donner une explication satisfaisante.
Dans le chap. VIIL, je considère la première phase de l’ontogénèse, c’est-à-dire la formation de l’agrégat cellulaire de
sewmentation en relation avec les formations morphologiques qui l’accompagnent, et dans le chap. IX j’examine la deuxième
phase de l’ontogénèse et les causes de son origine, en faisant
ressortir toute l'importance de la probiose dans cette sorte de phénomènes biologiques, et en remenant à des causes mé-
caniques les formations morphologiques qui caractérisent les
diverses phases de l’ontogénèse.
L'étude de la localisation des différenciations histologiques
et morphologiques est le sujet du chap. X, et c’est dans cette étude que nous voyons tout naturellement dériver la symétrie
rayonnée et la symétrie bilatérale (chap. XI) comme simples conséquences naturelles des deux sortes possibles d’asynchronisme de segmentation.
Les phases ultérieures de l’ontogénèse sont étudiées dans le chap. XIL Nous pouvons y constater facilement que mon interprétation n’explique pas seulement les phénoménes embryologiques, mais les autres encore qui s’accomplissent pendant
toute la vie des organismes, dont la succession constitue néanmoins leur ontogénèse, dans la signification la plus vaste de ce mot, La mort même y trouve une explication scienti-
fique, comme conséquence nécessaire du principe même de mon interprétation.
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Je recommande surtout aux Biologistes le chap. XIII, où sont énoncées les solutions des problèmes de l’ontogénèse. On y trouve les résultats tout-à-fait rationnels et théoriques du
développement de l'oeuf, de portions de l’oeuf, des blastomères isolés ou soumis à d’autres conditions spéciales. C’est par la comparaison rigoureuse entre ces résultats théoriques et les résultats des expériences, que les Biologistes pourront juger exactement de la valeur de mon interprétation. Chacun pourra facilement constater avec quelle grande simplicité ét avec quelle précision on peut arriver, par mon interprétation, à donner une explication scientifique, naturelle et rationnelle
de phénomènes biologiques qui nous paraissaient presque inex-
plicables jusqu’à ce jour.
Le chap. XIV, où j'examine les autres modes de développement possibles résultant d’une combinaison entre les deux modes fondamentaux de développement hétérogénétique: le polyodique et le monodique, a seulement pour but de compléter l'examen de tous les modes de développement possibles en nature, afin que les Biologistes puissent voir si, dans quelques-uns de ceux-ci, on peut trouver l'explication de certains phénomènes qui nous paraissent échapper à l'interprétation générale.
Mais j'appelle toute l'attention du lecteur sur le chap. XV, traitant de la régénération, où l’on voit que cette faculté merveilleuse des organismes n’est, en dernière analyse, qu’une conséquence naturelle et très simple de leur mode de développement. C’est dans l'explication de ce phénomène que les Biologistes pourront encore mieux constater l'importance du développement monodique dans l'interprétation des phénomènes de l’ontogénèse. |
Je consacre enfin le dernier chapitre (chap. XVI) à quelques considérations sur l’ontogénèse des végétaux.
J'espère que les Biologistes liront ce livre avec toute l’attention que le sujet exige; mais quel que soit le jugement qu’ils puissent en porter, je les prie de n’oublier jamais le but qu’on doit se proposer dans cette sorte de travaux scientifiques.
L'ontogénèse des organismes ne constitue pas un problème unique, mais autant de problèmes qu'il y a d'espèces d’organismes, et je dirai même autant de problèmes qu’il y a d’individus.
Il ne s’agit donc pas de donner une solution de tous ces problèmes, parce que cela serait impossible, vu notre connais-
sance trop imparfaite des facteurs dont elle dépend. Il s’agit
seulement de trouver le principe fondamental qui régit le phénomène ontogénétique. On ne peut évidemment prétendre davantage dans une interprétation de l’ontogénèse.
J'essaierai de m'expliquer plus clairement par un exemple, lequel, bien qu'imparfait, servira néanmoins à faire comprendre assez exactement ce que je viens de dire.
L'’ontogénèse, l’ensemble de toutes les transformations qu’un (e]
organisme subit du commencement de son développement jusqu’à la mort, est sans aucun doute un pliénomène météorique et peut être comparé à d’autres phénomènes de cette nature, par exemple, au parcours d’une rivière.
Or, si l’on voulait déterminer d'avance ce parcours dans tous ses détails, il s’agirait là évidemment de la solution d’un problème de la plus grande difliculté au point de vue pratique; car cette solution exigerait la connaissance de plusieurs facteurs: vitesse et densité de l’eau, inclinaison et constitution géologique du lit et des bords de la rivière dans tous les points de son parcours, résistance des matériaux qui les constituent, accidentalité du sol etc. On comprend facilement que la connaissance exacte de tous ces facteurs est tellement difiicile que la solution du problème devient, dans la plupart des cas, impossible. Et pourtant, rien n’est plus possible et. je dirais même plus facile que cette solution, au point de vue théorique. Mais d’où dérive-t-elle, cette possibilité? De la connaissance du principe fondamental régissant la chute des corps, et, par suite, de l’eau: la gravité.
Mais sans Ce principe, la solution du problème serait absolument impossible, quand même on possèderait une connaissance
Sércte exacte de. tous les facteurs mentionnés. De sorte que, au point de vue théorique, le problème énoncé est et doit k être considéré comme parfaitement résolu, et la solution est
le résultat de la connaissance du principe fondamental. Il en-est de même de l’ontogénèse.
Ce n’est pas la connaissance des facteurs secondaires qui est nécessaire pour la solution de cet important problème biologique, mais bien la connaissance du principe fondamental régissant les phénomènes ontogénétiques. C’est ce principe que les Biologistes doivent rechercher, et c'est ce principe que . j'espère avoir trouvé dans le développement monodique.
De même que la gravité est le principe fondamental unique régissant le parcours de toutes les rivières, et que les facteurs - mentionnés ne sont que d'importance secondaire, parce qu'ils
. peuvent changer pour chaque rivière tandis que le principe . fondamental ne change point; de même, il peut exister pour . l'ontogénèse un principe fondamental unique et immuable, bien que les facteurs secondaires soient au contraire extraordi- - nairement variables. :
. Et c’est précisément à ces facteurs qu'on doit l’énorme va- 4 riété des phénoménes ontogénétiques dans les différents êtres, tout comme dans l'exemple cité, c'est aux facteurs secondaires - mentionnés qu'est due la grande variété des parcours des dif- . férentes rivières, bien que le principe fondamental soit pour toutes absolument le même.
- La solution de chaque problème ontogénétique est donc su- . bordonnée à là connaissance de ces facteurs; mais la solution —de tous les problèmes, dans leur ensemble, est avant tout Ddnie de la connaissance du principe fondamental. Les Biologistes pourront, par une analyse rigoureuse, juger à si le développement monodique que je pose comme principe fondamental de lontogénèse est suflisant à l'interprétation de tous les problèmes. Ils constateront que ce principe est d’une simplicité extraordinaire, comme tous les principes des phé- nomènes de la nature: et pourtant, cette simplicité même, ce K
générales des corps bruts, que les Biologistes ne sauraient
notre esprit s'égare dans la considération de tous les phéno
mènes qui peuvent en dériver. M Je ferai encore remarquer qu’en suivant Surete n la méthode qui est, je l'espère, la base et la force de toute ma : théorie des phénomènes de la vie, j'ai exclu absolument de mon interprétation de l’ontogénèse toute hypothèse spéciale, en me basant uniquement et exclusivement sur les propriétés