‹ Les problèmes de la vieChapitre 30 sur 93 · ABS · texte numérisé non relu

ABS

le même ordre qu'ils avaient dans l'oeuf normal. De cette manière, l'oeuf reprendra sa première structure, et les perturbations produites par le renversement seront effacées par l'action seule de la gravité.

Par là, je ne veux pas aller jusqu’à exclure une constitution propre à l'oeuf indépendamment de toute action de la gravité. Je ne nie pas, par exemple, que, à cause de l'adhésion ou de la cohésion ou bien de quelques autres actions moléculaires, les particules deutoplasmatiques puissent avoir un arrangement spécial, et, par suite, que l'oeuf possède une structure dépendant directement de la nature des particules qui les forment; mais je tiens à remarquer que, dans la plupart des cas, la disposition de celles-ci n’est soumise qu'à l’action d9 la gravité, et que nous pouvons la comprendre parfaitement d'après ce seul principe, sans recourir à d’autres forces spéciales.

En fout cas, même en admettant que l'oeuf possède un arrangement de ses particules, déterminé par la gravité ou par quelques autres actions, quelles qu'elles soient, j’exclus absolument, dans mon interprétation des phénomènes ontogénétiques, que cette disposition puisse avoir une relation quelconque avec la disposition des parties et des organes de l’individu qui en dérivera. En d’autres termes: je refuse à l’oeuf toute anisotropie ayant la moindre relation avec les différenciations ontogénétiques et je suis, au contraire, partisan absolu de son isotropie.

J'espère démontrer, dans cette partie de mon travail, que la structure de l’oeuf est beaucoup moins complexe que nous ne le pensons, et que les phénomènes ontogénétiques et les résultats des expériences peuvent trouver une explication satisfaisante, même en admettant l’isotropie de l'oeuf.

L'organisation de l'être issu de l'oeuf, quelque complexe qu'elle soit, n’a pas la moindre relation avec l’organisation morphologique de l'oeuf.

S'il existe dans celui-ci une remarquable complexité, assurément nous devons la chercher moins dans sa structure mor=

phologique que dans la constitution chimique de son deutoplasma et notamment de son bioplasma.

Il faut enfin remarquer que, de même que le cytoplasma ovulaire est pourvu de sa réserve deutoplasmatique, le noyau, lui aussi, peut posséder une réserve de substances nécessaires à sa nutrition, substances qui peuvent s’accumuler à son intérieur et en augmenter le volume, ainsi que nous le voyons dans la plupart des vésicules germinatives.

Mais il est bien entendu, que, même dans ces substances qu'on pourrait appeler le « deutoplasma nucléaire » je n’admets aucune disposition spéciale ayant rapport à la disposition des parties de l'organisme futur. En peu de mots, l’isotropisme de l'oeuf ne s'étend pas seulement à la constitution qu'il possède en dehors de son noyau, mais à son noyau même. L'oeuf tout entier est isotropique.

En résumé. nous pouvons, conclure:

1° Bien que l'oeuf feconde resulle de l'union de deux cellules, (l'oeuf mur el le spermalozoïde), il est neanmoins une cellule unique.

2% L'unile celullaire de l'oeuf feconde, laquelle nous apparaîl comme une absurdilé, est au contraire parfailement compréhensible par la conceplion de la biomonade.

3° L'oeuf est constilue de deux substances : le bioplasina, substance vivante, et le deuloplasina, Substance brule.

4 Le deuloplasma est presque loujours constitué de vilellus formatif et de vilellus nulrilif.

5° La disposition du bioplasma, du vilellus formaltif et du vilellus nutrilif dans l'oeuf est généralement dépendante de leur densile. Il s'ensuil que le vilellus de formation el le bioplasma contractent loujours des relalions de posilion tres intimes.

6° Quelle que soit la structure de l'oeuf, elle n'a pas d'imporlance dans les difflerencialions ontogenetiques. L'organisalion de l’étre ne depend pas de l'organisalion morphologique de l'oeuf. En un mot: l'oeuf esl isotrope.

CR PC At RS AT EE

CHaPitTre IV.

Les bases possibles de l’ontogénèse.

SOMMAIRE: Existence dans l'oeuf des conditions chimiques nécessaires pour l'assimilation — Nécessité des conditions physiques favorables — Importance et rôle du spermatozoïde dans la fécondation — Les bases possibles de l’ontogénèse : les développements biomoléculaires autogénétique, homogénétique, hétérogénétique — Examen de ces développements — Insuffisance des développements autogénétique et homogénétique pour l'explication des phénomènes ontogénétiques — Exclusion de ces modes de développement — Le développement hétérogénétique est la base de l’ontogénèse — Résumè.

L'examen de la constitution ovulaire que nous venons de faire dans le chapitre précédent, nous démontre qu’il existe dans l’oeuf deux substances : 1°) le bioplasma, substance vivante, c’est-à-dire capable d'accomplir les phénomènes chimiques de l’assimilation; 2) le deutoplasma et, plus particulièrement, le vitellus formatif, substance brute, capable de réagir avec le bioplasma et de lui servir de nourriture. Il y a donc les conditions chimiques nécessaires pour toute réaction chimique.

Cependant, celles-ci, à elles seules, peuvent bien n° être pas suffisantes. Nous savons en effet que toute réaction chimique exige aussi des conditions physiques spéciales, et notamment un certain degré de température, ou du moins une température oscillant entre certaines limites, que nous appelons le maximum et le minimum. On sait aussi que ces limites sont variables suivant la nature de la réaction chimique qui doit s’accomplir. Il est donc évident que les réactions de l’assimilation entre le bioplasma et le deutoplasma ne pourront commencer qu'alors seulement que l'oeuf sera placé dans des

en *

Pen

conditions physiques, et notamment dans des conditions de température favorables, et telles que la constitution chimique des deux substances l'exige.

Mais, comme celle-ci varie avec les oeufs des différentes ‘espèces animales, nous pouvons comprendre facilement que le degré optimum de température nécessaire au développement de l'oeuf doit, lui aussi, varier suivant les espèces que l’on considère.

On pourrait ici m’objecter : pourquoi les réactions chimiques de l’assimilation et, par suite, du développement ne commencent-elles pas dans la plupart des oeufs sans fécondation préalable? Quel est le rôle mystérieux que joue le spermatozoiïde ?

La réponse à cette question exige malheureusement certaines connaissances sur la valeur biologique des bioplasmas de l'oeuf et du spermatozoïide; connaissances que nous ne pouvons posséder sans une analyse parfaite des phénomènes de la maturation sexuelle. Je dois donc renvoyer le lecteur à la troisième partie de ce travail, où je traiterai très particulièrement cet intéressant sujet.

Pour le moment, je me bornerai à dire que les phénomènes de la maturation des cellules sexuelles aboutissent à ces résultats, que, après les deux cytodiérèses consécutives caractéristiques, l'oeuf mür et le spermatozoïde sont devenus deux biomonades incomplètes et complémentaires l’une de l’autre. Incomplètes en tant que, à elles seules, elles sont incapables de se régénérer ; complémentaires en tant que leur union forme une biomonade complète, capable de se régénérer, au moins partiellement.

Or, nous savons que toute biomonade est un système symbiotique de biomores, et je crois avoir démontré au chap. V de la [° partie, que la vie des biomores est rendue possible dans ce système, parce que les substances de sécrétion de certains d’entre eux peuvent servir de nourriture aux autres. Il est donc évident que si la biomonade de l'oeuf mür manque des biomores constituant le spermatozoiïde, il n’est pas impro-

Cr EN TE TETE Ne

CPMOU PES

Page 1