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Enfin, si les trois atomes de carbone saturent réciproquement deux de leurs aflinités, le nombre des aflinités libres de la molécule sera réduit au »2/nimuimn, c'est-à-dire à une seule :
« Par de semblables liaisons multiples entre les atomes plurivalents, l'édifice d’une molécule peut devenir très compliqué. Dans le cas le plus simple seulement, les atomes sont liés par une chaîne linéaire; mais, si, à un terme tri- ou quadrivalent, est relié un autre terme plurivalent, à cette première chaine s’en relie une autre. Si un atome tri- ou quadrivalent, lié déjà avec deux autres, c'est-à-dire contenu à l’intérieur de la chaine, vient à s'unir avec un autre atome
(1) Meyer L. — Loc, cit., vol. I, p. 239.
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.* — 31 — . plurivalent, à celui-ci peuvent se rattacher encore de nou- | velles chaînes. Ainsi prend naissance une chaine composée de 4 plusieurs chaînes linéaires, une chaine à plusieurs branches. $ . Ces branches elles-mêmes peuvent donner naissance à de nou- | velles branches, qui, à leur tour, peuvent se ramifier en - groupes circulaires ou arborescents, de telle sorte qu’il se . produit des relations très unes et très difliciles à dé- brouiller (1) ».
Si maintenant nous considérons que, parmi tous les éléments
* qui constituent la substance vivante, un seul, l'hydrogène est | monovalent, tandis que tous les autres sont plurivalents, nous
. comprendrons aisément, que les molécules vivantes doivent
présenter une constitution très complexe, et, probablement, … une structure comparable à des chaines compliquées, à plusieurs branches se ramifiant encore à leur tour en d’autres e branches.
4 Bien que l’on ne possède pas des connaissances vraiment - positives sur la constitution chimique des molécules vivantes, - et que l’analyse directe ne nous ait rien appris sur la struc- . ture moléculaire de la substance vivante, nous pouvons donc cependant juger de sa complexité d’après les éléments mêmes » qui la constituent. Or puisque, généralement, la complexité de … structure moléculaire est accompagnée d’une certaine insta- bilité, nous trouvons ici une raison assez plausible de l’insta- bilité des molécules vivantes.
“ Cette instabilité étant ainsi presque démontrée, on comprend + aisément la réalisation de la 5° condition de vie.
- Cependant il ne faut pas exagérer cette instabilité! 4 On sait que quelques biologistes ont mêmes donné à la mo- È lécule vivante le nom de « molécule explosive »! Or, c’est là * évidement une exagération.
Il faut bien s'entendre sur la signification exacte de ce mot, «explosion ». L'explosion n’est qu'une décomposition, et rien
(1) Meyer L. — Loc. cit., vol. I, p. 244.
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autre chose que la décomposition d’une molécule. Dans l’explosion, la molécule se divise en d’autres molécules plus simples. L’assimilation, au contraire, est un phénomène bien différent.
Dans l'assimilation, nous venons de le voir, la molécule vivante, par suite de ses réactions assimilatrices, devient toujours plus complexe. Il n’y à donc pas seulement destruction ou décomposition ; il y a encore une véritable reconstitution.
Certes, pendant que les phénomènes de l'assimilation s’accomplissent, la molécule vivante se décompose partiellement par le fait que des atomes s’en détachent. Mais, comme cette destruction partielle est à l'instant même compensée par une adjonction d’autres atomes, nous ne pouvons pas l'appeler une explosion.
Il n’y a, dans les réactions assimilatrices, qu’un seul phénomène qui puisse être comparé à une explosion: c’est le dédoublement de la molécule vivante, c'est-à-dire sa reproduction.
Après avoir ainsi démontré comment les conditions extrinsèques de vie sont réalisées dans la nature, il nous reste encore à examiner la condition intrinsèque: « La molécule doit être apte, par sa constitution, à se transformer, à l’aide de l’assimilation, de manière à se scinder en molécules d’une structure identique à la sienne ».
Cette condition est nécessairement réalisée dans la nature. Sans elle, la reproduction des êtres ne serait pas possible. Quelle est done cette constitution qui donne à la molécule vivante la faculté de se reproduire? Nous ne la connaissons pas, mais, si nous en jugeons par le nombre presque infini des êtres vivants, nous devons en conclure que ces structures moléculaires sont très nombreuses et très variables.
Cependant il faut admettre que bien des difficultés doivent être vaincues par les molécules vivantes pour arriver à cette constitution qui précède leur reproduction; diflicultés qui seront d'autant plus nombreuses et plus grandes que la structure des molécules sera plus complexe. Nous verrons dans une
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autre partie de ce travail, lorsque nous étudierons les phéno-
mènes de la reproduction sexuelle, comment ces diflicultés seront surmontées.
Je ferai seulement remarquer que, si la faculté de se reproduire est en partie dépendante de la constitution des molécules vivantes, elle ne l’est pas moins de la nature chimique des substances nutritives. L’assimilation et la reproduction, c'est-à-dire la vie d’une molécule, sont donc intimement liées à la présence d’un milieu nutritif bien déterminé.
Toute molécule vivante n’est donc pas vivante par ellemême, mais en tant seulement que le milieu ambiant lui présente les conditions physico-chimiques nécessaires à sa vie. Il doit toujours y avoir une relation très étroite entre la constitution d’une molécule vivantë et le milieu dans lequel elle vit.
Nous pouvons résumer les principales conclusions de ce