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transformer, à l’aide de l'assimilation, de manière à se scinder en molécules d’une structure identique à la sienne.
20 Les substances nécessaires à la vie de la molécule (substances nutritives) ne devront jamais manquer.
3° Les substances nutritives et les produits secondaires (produits de sécrétion) ne devront pas réagir entre eux en se détruisant.
4 Les réactions de l’assimilation devront se suivre selon un ordre bien déterminé.
5° Les conditions physiques (chaleur, lumière etc.) devront être convénables à chacune des réactions.
Les conditions 2°, 3°, 4°, 5° peuvent être appelées conditions de l'assimilation, puisqu'elles sont nécessaires à l’accomplissement de cette fonction. La condition 1°, au contraire, pourrait être appelée condition de reproduction. Mais, comme la reproduction, ainsi que nous venons de le voir, est l'effet de l'assimilation, nous devons admettre que les autres conditions sont aussi nécessaires à la reproduction.
On comprend d’ailleurs aisément que la première condition est, sinon exclusivement, au moins presque entièrement liée à la constitution intrinsèque de la molécule vivante. En effet, toute molécule n’est pas susceptible de se diviser en deux molécules égales. Nous savons, par exemple, que, parmi les kétones, quelques-uns possèdent cette propriété, tandis que d’autres en sont dépourvus. Je crois aussi que cette faculté manque absolument aux composés inorganiques et qu’elle n’est pas trop rare, au contraire, dans certains composés organiques.
Nous pouvons donc diviser les conditions de vie en deux catégories: condilions intrinsèques et condilions extlrinsèques. A la première catégorie, celle des conditions intrinsèques, n'appartient que la première condition, qui a sa base dans la constitution même de la molécule vivante; à la deuxième catévorie appartiennent toutes les autres, qui résident dans le milieu extérieur de la molécule vivante et sont indépendantes de celle-ci.
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… sèques, la molécule de l’acide acétique n’arriverait pas, par | 1 Pas, p
Toutefois ces deux sortes de conditions ne peuvent pas
traire, y avoir une certaine correspondance enire les condi-
… tions extrinsèques et les conditions intrinsèques, puisqu'elles
sont intimement liées et réciproquement subordonnées. En effet, il est évident que, sans le concours des conditions extrin-
… l’assimilation, à sa dernière fonction, la reproduction.
Jusqu'ici, nous avons énoncé les conditions qui doivent
1% … être réalisées pour qu’une molécule puisse être vivante. Exa-
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minons maintenant si ces conditions sont présentées par la
. nature aux êtres vivants.
Laissons de côté, pour le moment, la première condition de la constitution moléculaire de la substance vivante, et passons . à l'examen des conditions extrinsèques.
La première de ces conditions, c’est-à-dire la deuxième des conditions ci-dessus exposées, est la suivante:« Les substances nécessaires à la vie de la molécule (substances nutritives) ne devront jamais manquer ».
Je ne crois pas nécessaire de démontrer la réalisation de cette condition dans la nature.
Tous les organismes doivent être nourris, et, si les sub-
. stances nutritives venaient à manquer, leurs manifestations vitales cesseraient sans aucun doute. Mais cela n'arrive pas, parce que les substances qui servent de nourriture à tel organisme sont les produits mêmes de sécrétion ou d'élaboration de tels autres organismes.
Considéré à ce point de vue, tout le monde des vivants se présente à notre esprit comme une immense symbiose mutuelle où tous les êtres s’entr’aident réciproquement, les uns fournissant aux autres les substances nécessaires à leur vie, et
. ceux-ci, à leur tour, pouvant servir directement ou indirectement de nourriture aux premiers.
Certes, nous ne pouvons pas suivre ces relations des êtres dans toute leur énorme complexité, mais chacun pourra très
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aisément se convaincre de son existence, en méditant sur les bases de tout l’équilibre mondial des vivants.
Sans cette correspondance mutuelle continue et incessante, la vie des êtres ne serait pas possible sur la terre. Il est d’ailleurs évident que, si nous supposons un organisme dont la nourriture ne provient pas des autres organismes, Son existence ne pourra être que tout à fait éphémère. Ses substances nutritives ne tarderont pas à s’épuiser, et comme elles ne seront pas renouvelées par d’autres organismes, il devra inévitablement périr faute d’aliment.
D'autre part, si cette condition d'alimentation est ainsi réalisée dans la nature, cela ne pourra avoir lieu sans la réalisation de la trosième condition, à savoir que: « Les substances nutritives et les produits secondaires (produits de sécrétion) ne devront pas réagir entre eux en se détruisant ».
Or, il est bien évident que, s’il y avait dans la nature une destruction des aliments nécessaires à la vie de tel ou tel autre organisme, la réalisation de la condition qui précède viendrait, par ce fait même, à manquer.
Mais, comme nous venons de montrer que cette condition est toujours présente, ont doit forcément admettre que la troisième ne manque pas non plus.
La réalisation de la deuxième condition contient donc implicitement la réalisation de la troisième.
Passons maintenant à l'examen de la quatrième condition: « Les réactions de l’assimilation devront se suivre selon un ordre bien déterminé ».
La possibilité de la réalisation de cette condition repose sur la nature même de la molécule vivante et sur celle des substances nutritives et des produits de sécrétion.
Si nous supposons réalisées les conditions 2° et 3°, et si nous supposons encore que les produits de sécrétion ne peuvent pas endommager ou détruire la molécule vivante, nous comprendrons assez facilement que les réactions assimilatrices doivent se succéder suivant un ordre déterminé, et non autrement,
Nous dévons toujours nous rappeler qu’il faut « chercher les causes de la permutation chimique, partie dans la molécule elle-même et les atomes qui la constituent, partie en dehors d'elle: mais, dans ce dernier cas, il ne faut pas oublier que les causes extérieures ont leur point d'appui dans la molécule et que, par suite, leur action dépend de sa nature (1) ».
Si donc nous voyons que tels ou tels autres changements chimiques sont possibles dans une molécule, nous en conclurons que cette possibilité ne se base pas seulement sur les substances qui sont en dehors d'elle, mais aussi et principalement sur la constitution de la molécule même. En conséquence, tel changement chimique ne pourra se faire, si la molécule ne possède pas pr écisément cette constitution chimique que la nature du changement exige.
Ainsi, pour revenir à notre exemple de l’acide acétique, le dédoublement de la molécule de méthyléthy Ikétone sous l'action de l'oxygène ne peut avoir lieu évidemment sans la présence de cette molécule.
De même, la réaction du zinc-éthyle exige nécessairement la molécule de chlorure d’acétyle. Donc, — en supposant réalisées les autres conditions — le zinc-éthyle ne pourra pas entrer en réaction avant que la molécule de chlorure d’acétyle ne soit formée et l'oxygène ne pourra pas agir si la molécule de méthyléthykétone n’est pas encore constituée.
Les réactions sont ainsi étroitement subordonnées lune à l’autre. Elles doivent forcément se suivre selon un ordre déterminé par leur nature même, et cet ordre peut se conserver sans l'hypothèse d’une force spéciale dirigeante.
Ayant ainsi démontré la possibilité de la réalisation pour la 4 condition de vie, passons à l'examen de la 5°: « Les conditions physiques (chaleur, lumière etc.) devront être celles qui conviennent pour chacune des réactions ».
On sait que chaque mutation chimique exige des conditions
(1) Meyer L. — Loc.-cit., vol. Il, pag. 10.
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physiques spéciales. Or, puisque nous voyons que l’assimilafion des organismes peut avoir lieu dans les conditions normales de la nature, c’est-à-dire à la température ordinaire, on doit forcément conclure que celles-ci sont suflisantes pour son accomplissement.
Mais nous pouvons nous demander: comment se fait-il que ces réactions assimilatrices, qui doivent sans doute être très compliquées, peuvent avoir lieu dans les conditions normales de la nature?
La réponse à cette question nous entraîne à l’examen de la constitution de la molécule vivante.
Lorsque nous voyons que de deux molécules différentes, l’une est capable de subir un changement chimique à température basse, tandis que l’autre exige une température plus élévée, nous disons que la première molécule est moins stable que la seconde. On peut même aflirmer que la quantité d’énergie qui est nécessaire pour la production d’un changement dans les molécules, est — à parité des autres conditions — une mesure de leur degré de stabilité.
D'ailleurs, le degré de stabilité d’une molécule dépend de sa constitution, c’est-à-dire du nombre et de la qualité des atomes qui la constituent et du mode de leur liaison. Si donc les réactions chimiques de l’assimilation n’exigent pas d’autres conditions de chaleur et de lumière, que celles-mêmes qui sont présentes normalement dans la nature, nous pouvons en conclure, que les molécules vivantes sont instables et que leur instabilité dépendra du nombre, de la qualité et du mode de liaison de leurs atomes.
Il faut même bien noter que la qualité et le mode d’enchaiînement des atomes sont les facteurs les plus importants de la structure de la molécule. Le nombre même des atomes dépend aussi de ces facteurs.
En effet: l’union des atomes est une conséquence de leur aflinité chimique ; et si, dans une molécule, les atomes peuvent
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former des groupes plus ou moins compliqués, cela est dû aussi à cette aflinité.
Mais la complexité de ces groupes atomiques est naturellement dépendante du nombre des affinités des atomes. Elle est donc inhérente à la nature même des atomes.
Si un atome est monovalent, il n’a qu’une seule affinité à saturer. Si cette aflinité est saturée par un autre atome monovalent, le groupe atomique sera ainsi défini et il ne sera plus possible d’y ajouter un troisième atome. « Si au contraire le second atome est plurivalent, il ne perd qu'une de ses aflinités par son union avec le premier; les autres, restant libres, peuvent être employés à allonger la chaîne par l’adjonction de nouveux atomes ». #
« Il est facile de voir que c’est là la cause d’une grande multiplicité dans les combinaisons chimiques. En réalité l’existence d'innombrables combinaisons, en particulier de celles du carbone, des composés dits organiques, est tout entière basée sur ces propriétes des atomes. Il est clair aussi que cette variété devient plus grande à mesure que la valence des
. atomes augmente (1) ».
« S'il entre aussi des atomes tri- et quadrivalents dans - la molécule, le nombre des atomes qui peuvent s'unir pour former la molécule est quelquefois très considérable. Avec le nombre des atomes plurivalents qui peuvent faire partie de
la molécule, chaque atome tri- ou quadrivalent qui entre dans la combinaison emploie une de ses aflinités pour s'unir à un - des atomes déjà groupés et sature ainsi une des affinités de ce dernier. Par suite, l’entrée de chaque nouvel atome diminue - d’au moins deux le nombre des affinités libres; maïs, en même temps, chaque atome trivalent apporte trois affinités nouvelles, chaque atome quadrivalent en apporte quatre: il est donc clair … que le nombre de semblables affinités qui ne sont pas employées - pour la constitution de la molécule devient de plus en plus
D (1) Meyer L. — Loc. cit., vol. I, p. 236.
grand par l’adjonction d’atomes tri- et quadrivalents, sans que la constitution de la molécule soit compromise (1) ».
Cependant le nombre des aflinités libres d’une molécule ne dépend pas seulement du nombre des aflinités des atomes qui la constituent, mais aussi du mode de leur enchainement.
Soit, par exemple, le radical C; H,. Il pourra être pentavalent, si les atomes de carbone saturent réciproquement une seule de leurs affinités:
D réa PRE | H—C—C—C—H
Mais, si deux des atomes de carbone saturent réciproquement deux de leurs aflinités, le radical deviendra trivalent: