AT O UE
clair, que, pour arriver à régénérer deux autres molécules égales à elle-même, elle n’aura qu’à redoubler le nombre des atomes de ces éléments.
Il paraîtrait donc suflisant, au premier abord, que les substances nutritives continssent seulement ces éléments. Mais nous nous convaincrons facilement que cette condition ne suflit pas.
Afin que la molécule de l’acide acétique puisse subir les transformations de son développement, il faut avant tout qu'elle devienne une molécule de chlorure d’acétyle. Sans cela elle ne pourra pas réagir avec le zinc-éthyle. Elle devra done perdre un atome d'oxygène et un atome d'hydrogène, constituant un hydroxyle, en les remplaçant par un atome de chlore.
D'autre part, le chlore ne s’unira pas à la molécule d’acide acétique, s’il n’est pas présenté par un composé qu’il puisse facilement abandonner pour des raisons d’afinité. De là résulte la nécessité du perchlorure de phosphore.
Dans la seconde réaction, la molécule de chlorure d’acétyle perd l’atome de chlore acquis par la première réaction et lui
CH; substitue le radical éthylique | . Cependant il faut que ce CH, radical soit présenté dans un composé métallique, afin que le métal, en raison de son aflinité, puisse soustraire le chlore et le remplacer par le radical éthylique. D'où la nécessité du zinc-éthyle.
Ces réactions étant bien connues, nous pouvons juger exactement de l’importance et du rôle de chacun de ces éléments chimiques dans les transformations de la molécule d’acide acétique.
Mais supposons — ce n’est là qu’unê supposition — que la molécule d'acide acétique soit vivante, et que les particularités de ces réactions échappent à nos observations; que pourrons-nous en conclure? Puisque nous pouvons constater que la vie de la molécule ne s’accomplit pas, si les éléments
RE hosphore, chlore, zinc, carbone, hydrogène et oxygène né sont pas présents, nous en conclurons que tous ces éléments chimiques sont nécessaires à la vie de la molécule.
Cependant il est bien évident que ces éléments n’ont pas tous la même importance dans l’assimilation. En effet, le car- . bone, l'hydrogène et l'oxygène sont absolument indispensables, | | parce qu’il doivent constituer la molécule définitive; le chlore . est nécessaire parce qu'il entre dans la molécule et en fait 1 partie constituante pendant quelque temps ; le phosphore et
… le zinc au contraire n’ont qu’un rôle secondaire, parce qu’ils n'entrent jamais dans la molécule et qu’ils n’agissent que — comme eléments utiles pour provoquer, par leur afinité, les changements chimiques de la molécule.
à Par suite de ces considérations nous devons donc, pour plus 4 de précision, diviser les éléments chimiques nutritifs en les . trois catégories suivantes, dont l'importance va en décroissant: 1° Les éléments Zrdispensables, qui sont naturellement les éléments constitutifs de la molécule vivante dès son ori-
gine: dans notre cas, le carbone, l’hydrogène, l'oxygène (C.
h 2° les éléments nécessaires, c’est-à-dire les éléments qui - ne sont partie constituante de la molécule que temporairement, . leur présence étant toutefois nécessaire pour l’accomplissement … des réactions ultérieures: dans notre cas, le chlore (C1.).
D - 3° Les éléments wiiles. Ces éléments n’entrent jamais dans la molécule; cependant il sont très utiles et quelquefois nécessaires à l'assimilation: dans notre cas, le phosphore et le zinc (P. Zn.).
Il est évident que les éléments indispensables ne peuvent pas être substitués par d’autres. On comprend donc aisément leur importance. Mais il n’en est pas de même des éléments | nécessaires et utiles.
Le chlore, par exemple, qui n’entre dans la molécule que temporairement, pourrait bien être substitué par un autre 4 élément analogue, par l’iode. On obtiendrait naturellement
pr"
ne de VAE ND PTT 7 FR Lan. * d'ou. D or ee Lutte ol 5 à Ca Der et, ès LS é
RS pere
une molécule d’iodure d’acétyle au lieu de celle de chlorure d’acétyle. Or, l’iodure d’acétyle se comportant avec le zincéthyle à peu près comme le chlorure d’acétyle, on obtiendrait également une molécule de méthyléthylkétone. Le résultat final sera donc le même, malgré la substitution de l’iode au chlore.
De même, si, parmi les éléments utiles, on substitue le sodium-éthyle (Na C,H:) au zinc-éthyle, on arrivera au même résultat final, parce que le sodium-éthyle se comporte envers le chlorure d’acétyle de la même manière que le zinc-éthyle.
Cependant, nous ne devrons pas négliger dans ces substitutions la nature des produits secondaires qui en dérivent. Ainsi, en substituant l’iode au chlore, la molécule, dans sa réaction avec le zinc-éthyle, donnera lieu à la formation d’un produit secondaire qui ne sera pas du chlorure de zinc, mais de l’iodure de zinc. Supposons à présent que ce composé, en réagissant avec les corps nutritifs ou avec la molécule vivante, puisse les altérer, le développement s'arrêtera et l’iodure de zinc aura ainsi empêché la vie de la molécule.
Il faudra en tout cas se souvenir toujours des conditions de vie exposées dans le chapitre I. Toute substitution, quelle qu'elle soit, ne devra pas être contraire à ces conditions.
Les connaissances très restreintes que nous possédons aujourd’hui sur la constitution chimique de la substance vivante et les énormes difficultés qui nous empêchent d’apercevoir les réactions assimilatrices ne nous permettent pas de distinguer les éléments indispensables, nécessaires et utiles. Cependant, il ne faudra jamais oublier, dans les recherches physiologiques, les considerations théoriques que je viens d'exposer, sous peine de tomber dans de graves erreurs.
Supposons, par exemple, qu’on veuille connaître les éléments indispensables à la vie d’un organisme, quel qu’il soit, par ‘la méthode qu’on appelle, en botanique, la méthode synthétique. On réunira dans le milieu ambiant, où il vit, un certain nombre d'éléments, en déterminant rigoureusement leur qualité et leur quantité, et, après que l’organisme aura accompli
Son accroissement, on procédera à l’analyse qualitative et
; quantitative des éléments du milieu ambiant. On trouvera j alors que certains éléments ont diminué de quantité, tandis | que, pour certains autres, nous pourrons constater qu'ils ont | conservé la même quantité qu’au commencement de l’expé-
rience. En conclurons-nous que les premiers sont nécessaires à la vie de l'organisme et que les autres sont complètement inutiles ? Cette conclusion ne serait pas parfaitement exacte.
Revenons à l’acide acétique et supposons que les conditions de vie exposées dans le chapitre I soient réalisées: la vie de l'acide acétique sera possible et nous pourrons considérer