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séquence de l'oxydation, mais une conséquence tout à fait indirecte (1).
Il y a donc lieu de distinguer deux phénomènes: l'oxydation et l'émission d'acide carbonique. Il peut bien exister une relation entre ces deux phénomènes, mais cette relation n’est pas aussi étroite qu’on le croit généralement.
Cela étant établi, nous pouvons trouver une interpréta-
tion vraisemblable d’un phénomène qui n’a pas été expliqué jusqu'ici: je veux parler du phénomène désigné généralement sous le nom de « respiration intramoléculaire ».
On sait, par les expériences, que certains organismes, quoique empêchés d’absorber l'oxygène, n’en émettent pas moins, pendant quelque temps encore, de l’acide carbonique.
Frappés de ce phénomène, qui d’ailleurs est depuis longtemps connu dans les végétaux, quelques Biologistes ont tenté d'en donner une explication en le comparant à la respiration
(1) C’est avec plaisir que je constate une coïncidence parfaite entre mon interprétation de la respiration et celle qu'a proposée le Prof, vAN TreGniM. Toutefois, je ferai remarquer que c’est par des voies différentes et par des considérations exclusivement théoriques que je suis arrivé aux conclusions auxquelles le distingué Botaniste de Paris à été amené par l'examen des phénomènes.
Dans l’édition de l’année 1884 de son « Traité de Botanique » il écrivait: « C’est à tort, par exemple, que l’absorption de l’oxygène dont, à quelques exceptions près, la plante est le siège continu, le dégagement de l’acide carbonique, que sans aucune exception elle produit sans cesse, enfin la production de chaleur qui est sensible chez elle, surtout aux époques de croissance rapide, ont été groupés, rattachés l’un à l’autre par un lien direct de cause à effet et appelés d’un nom spécial, la respiration. La respiration serait alors la combustion directe d’une partie du carbone de la plante par l’oxygène de l’air avec dégagemeut de chaleur ; l'oxygène de l’air ne ferait qu’entrer dans la plante pour en ressortir aussitôt sous forme d'acide carbonique. Rien de plus inexact, on l’a vu, que cette conception, rien de plus nuisible aussi aux progrès de la science, parce qu’on se donne par là à soi-même et aux autres l'illusion qu’on à résolu la question, quand on n’a fait que la supprimer. On se ferme ainsi la porte à tout progrès ultérieur ».
« Entre l'introduction de l’oxygène et la sortie de l’acide carbonique il y à peut-être un lien, en effet, mais de l’un à l’autre phénomène s’étend
des bactéries anaérobes, c’est-à-dire, en admettant que l’oxydation se fait aux dépens de l'oxygène contenu dans les autres substances du corps. C’est une explication qui pourrait bie être exacte. Les expériences ultérieures nous le diront.
| Cependant, quelques autres Biologistes ont voulu donner | de ce fait une autre interprétation, que je ne crois pas dun
tout scientifique. IIS admettraient, dans la molécule vivante elle-même, la présence d'oxygène libre à l’état d’inclusion. Cet“ oxygène d’inclusion, l'oxygène de l’atmosphère venant à man-
| quer, se substituerait à celui-ci dans sa fonction, en s’unissant 1 aux atomes de Carbone de la molécule. [1 y aurait ainsi une respiration qu'ils ont appelée respiration intramoléculaire.
Je ne veux pas entrer en discussion sur la possibilité où non de ce phénomène. Mais on remarquera que c’est là une explication beaucoup trop hypothétique, tandis que l’interprétation que je viens de donner de la respiration nous permet
une longue route encore inconnue dont il faut s'appliquer à connaître les étapes sucessives, au lieu de la supprimer d’un coup comme on fait dans la théorie de la respiration. Le temps paraît venu de répudier ce mot, comme lié à une conception de choses inexacte en fait et trompeuse par son apparente simplicité » (p. 213). ,
Dans l’édition de 1891, tout aussi clairement que dans l’ancienne, bien qu’en d’autres termes, il exprime les mêmes idées.
« La plante, nous dit-il, absorbe continuellement et par tous les points de son corps l’oxygène du milieu extérieur, qui se fixe, en les oxydant, sur les divers principes constitutifs du protoplasme; elle émet. continuellement et par tous les points de son corps, dans le milieu extérieur, de l’acide carbonique produit par la décomposition des matériaux du protoplasme » (p. 144).
© « La disparition externe de l'oxygène accuse une consommation interne correspondante de ce gaz; l'apparition externe simultanée de l’acide carbonique démontre une production interne correspondante et simultanée de ce gaz. Toutefois, entre la combinaison de l’oxygène à certains éléments du protoplasme et la mise en liberté de l’acide carbonique par certains autres éléments du protoplasme, s'étage toute une longue suite encore inconnue de réactions intermédiares ; et l’on commettrait une erreur grave en admettant que l’oxygène se fixe directement sur une partie du carbone du protoplasme, pour se dégager immédiatement sous forme d’acide car- ‘bonique » (p. 145).
pliquer le phénomène sans recourir à aucune hypothèse éciale.
En effet, si Pon admet que l'oxygène se fixe à la biomoléule et y reste quelque temps ; si l’on admet que le dégagement de l’acide carbonique n’est pas une conséquence directe de Voxydation, mais d’une autre réaction assimilatrice, on comrend facilement que ce dégagement puisse continuer quelque temps encore après que l’oxygène a cessé son action.
L'oxygène de l’acide carbonique qui se dégage pendant ce temps proviendra de l'oxygène qui aura pénétré auparavant d ns la biomolécule, mais son émission sera due à d’autres réactions postérieures que nous ne connaissons point. D'après ces considérations, je crois que l’émission d’acide € LT peut être comparée aux phénomènes d’induction. - L’oxygène qui se fixe à la biomolécule et y amène des angements chimiques à la suite desquels on a, au bout de
d' l'acide carbonique, joue ici le rôle d’un véritable stimulus chimique. Les réactions assimilatrices qui suivent l'oxydation sont provoquées évidemment par l action de l'oxygène laquelle produit toute une série de changements chimiques, dont le point de départ est l'oxydation et l'effet final est le dégaœ ement de l’acide carbonique.
3 Par des considérations analogues à celle que je viens de faire sur la respiration, je crois qu’il est possible d’arriver à une interprétation plus satisfaisante de certains phénomènes rès importants et très communs parmi les végétaux: je veux rler de la fonction chlorophyllienne et de la fonction amylogène.
“ On sait que la production de l’amidon ou d’autres substances logues par les chloroleucites est généralement attribuée jujourd’ hui à la chlorophylle, c’est-à-dire à sa propriété bien ue de décomposer l'acide carbonique (CO,) en en fixant le arbone et en en dégageant l'oxygène.
: Cependant ce carbone ne ferait jamais partie vraiment con-
elque temps et après une série d’autres réactions, l'émission
stituante des biomolécules du chloroleucite. Au contraire, : s’unirait à l’eau du milieu ambiant, à l’instant même où il & se | détacherait de l’oxygène de l’acide carbonique, et constituerait l’amidon ou quelques autres hydrates de carbone. Le chloro- : leucite n’agirait ainsi que par sa présence, en provoquant seulement la décomposition de lacide carbonique, et ses mo= lécules n'auraient aucun rôle actif dans la production de ces} substances. .
De cette manière, le phénomène de la formation de l’amidon,« c’est-à-dire la fonction amylogène, est relié indissolublement à la fonction chlorophylienne. Sans celle-ci, pas de production d’amidon. Mais, alors, comment expliquer la formation de substances amyloides par des organismes qui n’ont point de chlo=M rophylle, tels que, par exemple, les nombreuses bactéries amy. logènes? Et, d'autre part, pourquoi certaines bactéries, qui possèdent sans doute de la chlorophylle ou de la bactério purpurine, ne nous laissent-elles pas apercevoir dans leur. corps la moindre trace de substances amyloïdes ?
L’intreprétation actuelle de la fonction chlorophyllienne et de la fonction amylogène ne peut nous donner une explication satisfaisante de ces phénomènes en apparence contradictoires,* et je crois que c’est là une preuve évidente de son inexacti= tude. C’est une erreur grave que de relier étroitement entre elles deux fonctions qui peuvent être assez indépendantes.
Les substances amyloïdes sont des produits de sécrétion des biomolécules, c’est-à-dire que les niolécules qui les con= stituent sont des groupes atomiques dérivés partiellement ou. totalement des biomolécules, à la suite de certaines réactions assimilatrices. On l’a vu dans les réactions du développement, autogénétique de la molécule d'acide acétique: l’oxychlorure de phosphore, l’acide chlorhydrique et le chlorure de zinc sont des molécules dont les atomes dérivent partiellement d’une décomposition de la molécule assimilante pendant que l’assimilation s’accomplit. :
Nous n'avons pas de raisons plausibles pour aftirmer que 1&
LE des biomolécules. Pourquoi n’admettrions-nous #1 pas que ces groupes atomiques se constituent, partiellement au moins, à l’intérieur même des biomolécules, par des transà ositions successives des atomes, telles que nous venons de le constater dans l'assimilation?
La formation des substances amyloïdes dans la biomolécule » serait ainsi comparable à celle de l'acide carbonique. Les a- tomes de carbone, d'hydrogène et d'oxygène seraient tous, ou nelques-uns au moins, partie constituante de la biomolécule, “avant de l’abandonner pour en former un produit de sécrétion. } Il est clair que, suivant cette interprétation, la production de ces substances sera étroitement dépendante de la constiution spéciale des biomolécules et des processus de leur assiation. Telle biomolécule pourra produire des substances amyloïdes, si, par sa structure et par son mode de dévelop- ; pement, elle forme les groupes atomiques qui les représentent, si ceux-ci abandonnent la biomolécule après leur formation. Ces conditions n'étant pas réalisées, les biomolécules ne pourront donner origine à des substances amyloïdes, bien que, par la présence de chlorophylle ou de bactério-purpurine, e les puissent assimiler le carbone de l’acide carbonique.
E Il est évident que, si le carbone de ces composés ternaires S sort de la biomolécule, il faut bien qu’il y soit entré. Cependant il n’est pas absolument indispensable qu’il ait été assimilé par l'action de la chlorophylle ou de la bactério-purpurine. Il pourrait également y avoir pénétré par des composés où il se trouve à l’état de combinaison.
. N'est-ce pas de cette manière que le carbone est assimilé par les organismes depourvus de chlorophylle? Et pourtant plu- “s d’entre eux n’en produisent pas moins des substances poor.
I n'est pas douteux que la chlorophylle et la bactério- “purpurine n'aient une extrême importance dans les organismes qui les contiennent. Cependant cette importance réside moins
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dans l'assimilation du carbone, qui d’ailleurs pourrait bien être assimilé autrement, que dans la faculté qu'ont ces organismes de pouvoir prendre cet élément, essentiel à leur constitution, d’un des produits de sécrétion des autres organismes, le plus commun et le plus abondant, et de se créer ainsi la possibilité de vivre dans les conditions mêmes préparées par la vie de ceux-ci.
Personne ne doute que l’équilibre des êtres vivants dans le monde serait impossible, si les produits de sécrétion des uns ne pouvaient servir à la nutrition des autres. On comprend d’ailleurs aisément que, si l’acide carbonique dégagé par les organismes n’était pas soustrait de l’atmosphère par la nutrition de certains d’entre eux, il s’accumulerait bientôt en si grande quantité que leur vie ne serait plus possible.
L'apparition, sur la terre, des êtres, qui, par la chlorophylle, avaient la propriété de décomposer l’acide carbonique en ses deux éléments, fut donc, d’une part, d’une très grande utilité pour la vie des autres organismes, qui purent ainsi retrouver l’oxygène nécessaire à leur respiration; d'autre part cette propriété devint une condition essentielle d'existence pour les organismes mêmes qui la possédaient.
L'acide carbonique étant un des produits de sécrétion les plus abondants dans la nature, les êtres à chlorophylle se trouvèrent ainsi dans des conditions de vie excellentes. Cela nous explique leur multiplication et leur abondance, d'autant plus grandes, dans certaines limites bien entendu, que les êtres sans chlorophylle sont plus nombreux. Sans cette corrélation constante entre le nombre des uns et celui des autres, l’équilibre mondial des vivants ne serait pas possible.
En conclusion, je résumerai mes opinions sur les fonc-
tions chlorophyllienne et amylogène dans les propositions sui-
vantes:
La chlorophylle et la bactério-purpurine, dans des conditions favorables de température et de lumière, décomposent l’acide carbonique CO, en ses deux éléments. Le carbone se
EN
és >:
C’est la fonction chlorophyllienne.
Les réactions assimilatrices produisent, dans les biomo- lécules, des déplacements des atomes, à la suite desquels . peuvent se former des groupes atomiques ternaires, qui aban- . donnent les biomolécules et constituent les produits de sé- - crétion appelés substances amyloïdes. C’est la fonction amylogène.
La fonction amylogène est indépendante de la fonction - chlorophyllienne, c’est-à-dire qu’elle peut se faire également sans celle-ci. L’enchaïnement atomique caractéristique des - substances amyloïdes est dépendant de la structure des bio- . molécules et des changements chimiques provenant de leurs processus d’assimilation, quel que soit le mode d’assimilation - du carbone.
Il s'ensuit que des organismes dépourvus de chlorophylle peuvent néanmoins former des substances amyloïdes (bactéries … amylogènes), tandis que d’autres organismes, qui possèdent …— «le la chlorophylle ou de la bactério-purpurine (bactéries vertes % ou pourpres), n’ont pas, malgré la présence de ces substances, la faculté de produire des hydrates de carbone. …. Les observations ultérieures nous diront si interprétation que je viens de donner de ces deux importantes fonctions - des végétaux est conforme à la réalité des faits. Passons - maintenant à d’autres considérations sur la physiologie générale de la biomolécule.
Revenons donc aux trois transformations subies par la molécule de l’acide acétique dans son développement, et com- - parons-les avec les transformations d’une biomolécule. Les trois corps: perchlorure de phospore PCI,, zinc-éthyle
. son développement.
…. Or, cette molécule CH;-COOH n'ayant dans sa constitution . que des atomes de carbone, d'hydrogène et d'oxygène, il est