CHAPITRE VI
La cytodiérèse.
SOMMAIRE : L'orientation des atomes et la division des biomolécules — L'orientation des biomolécules et la division des biomores — La mobilité des biomores dans la biomonade et leur attraction réciproque — Cause probable de cette attraction — Les mouvements intérieurs bioplasmiques — L'orientation des biomores et la division de la biomonade — Figures résultant de l'orientation par rapport à la disposition des biomores — L'orientation biomorique et la division de la cellule ou cytodiérèse — Les divers arrangements des biomores pendant la période assimilatrice de la cellule et les métamorphoses des parties morphologiques de la cellule — Les phases caractéristiques de la cytodiérèse — Cause de leur existence — Les cytodiérèses autogénétique, homogénétique et hétérogénétique — Résumé.
Nous verrons, dans ce chapitre, que la cause fondamentale de la division est toujours la même, soit qu’il s’agisse de la division d’une molécule, soit que l’on considère la division d’une particule, d’une biomonade ou de la cellule.
Examinons donc d’abord la division d’une biomolécule autogénétique; nous passerons ensuite à l'examen de la division des biomores, des biomonades et de la cellule.
Nous avons vu que, dans le développement autogénétique, la biomolécule, après une série de transformations, se divise en deux biomolécules égales à elle-même.
On pourra m'objecter que l’analogie entre le dédoublement d’une molécule et la division d’une particule n’est pas parfaite; en d’autres termes que la division chimique n’est pas parfaitement comparable à la division morphologique. Mais cette objection n’a pas de valeur. D'ailleurs, nous n’avons qu’à examiner le phénomène pour nous convaincre de l’existence réelle et complète de cette analogie.
En effet, la molécule n’est pas seulement une individualité chimique ; elle est encore une individualité morphologique,
tout aussi bien que la particule. Si nous n’avons pas une conception morphologique de la molécule, c'est seulement parce qu'elle échappe complètement à nos recherches par les moyens d'observation que la science possède aujourd’hui; mais il serait absurde de refuser pour cela une forme quelconque aux molécules. Toutefois, comme les molécules ne peuvent pas être aperçues, même avec les microscopes les plus puissants, les phénomènes de changements et de déplacements des atomes et de dédoublement des molécules ne pourront nous apparaître que par leurs effets.
Supposons, par exemple, que la molécule d'acide acétique soit vivante. Nous ne verrons pas, assurément, le dédoublement de la molécule du méthyléthylkétone sous l’action de l'oxygène, mais nous en verrons l’effet par l’accroissement de la masse de l’acide acétique. D'ailleurs, il est évident aussi que nous n’aurions pas de meilleurs résultats, si nous observions la vie des microcoques et des bactéries sans l’aide du microscope. C’est précisément ce qui avait lieu lorsqu'on ne possédait pas encore ce puissant moyen d'observation, Était-il alors possible de s’apercevoir de la vie des ferments de la bière, du vin et du vinaigre autrement que par l'accroissement de leur masse? Cependant il est bien certain que la division morphologique de leur corps, quoique invisible, n’était pas moins réelle alors qu'aujourd'hui.
Nous pouvons donc conclure que la scission de la biomolécule est une véritable division morphologique, et qu’elle est, dès lors, parfaitement analogue à la division des particules.
J'ai déjà démontré, dans le chapitre I, que le dédoublement de la biomolécule n’est pas toujours une conséquence directe de l’adjonction des atomes. Nous avons vu que l’assimilation de ceux-ci ne conduirait la biomolécule qu’à une polymérie plus ou moins grande de sa structure primordiale, si les atomes ne s’arrangeaient pas de manière à en provoquer le dédoublement.
Toute molécule est un système d’atomes. Or, l’adjonction
d'autres atomes à ce système ne pourra produire que l’une de ces deux choses: ou les nouveaux atomes formeront un seul système avec les autres, et la molécule s’accroîtra et prendra une structure toujours plus complexe, sans se diviser; ou bien les nouveaux atomes formeront un autre système atomique, c’est-à-dire une nouvelle molécule, et alors la première molécule se scindera inévitablement en deux autres. Le dédoublement d’une molécule est une conséquence directe de l'orientation des atomes.
Nous pourrons donc conclure que l’assimilation des atomes par la biomolécule n’est pas la cause suffisante de sa division, mais qu’elle en est la cause nécessaire; que l'orientation des atomes, de manière à former deux systèmes atomiques, en est la cause efliciente.
Passons maintenant au biomore.
De même que la biomolécule est un système d’atomes, de même aussi le biomore est un système de biomolécules, qui sont liées entre elles par leur aflinité chimique, ainsi que nous l’avons vu dans le chapitre IV. Dans ce système biomolé- Culaire, les biomolécules auront donc un arrangement bien déterminé, selon leurs affinités réciproques et, par suite, selon leur structure.
Pour mieux fixer nos idées, indiquons ici la structure des biomolécules d’un biomore quelconque A par les lettres @, b, €, d, e, f, et supposons que le schéma suivant nous réprésente la disposition de ces biomolécules dans le biomore à l'instant même de leur naissance, c'est-à-dire avant qu’elles aient commencé leur développement:
(1) Pas
Dès que le développement commencera, leur constitution chimique changera, et, comme leur arrangement est en étroite dépendance de leur constitution, ainsi que nous l’avons démontré dans le chapitre IV, il y aura aussi un changement
dans leur arrangement. Les biomolécules se déplaceront donc, pour prendre réciproquement un autre disposition en rapport avec leur nouvelle structure.
Indiquons celle-ci par à’, 0, c’, d',e’, f” et représentons le nouvel arrangement par le schéma suivant:
(2) Ad 5 :
Naturellement il n’y aura pas un seul, mais plusieurs déplacements biomoléculaires, et puisque chacun de ceux-ci est provoqué par les changements chimiques que les biomolécules
Æ le ge
subissent, les déplacements biomoléculaires seront d'autant plus nombreux que les réactions assimilatrices du développement lé seront elles-mêmes davantage. Cependant, après une série plus ou moins longue de déplacements, on arrivera au dernier, qui précède immédiatement le dédoublement des biomolécules.
Supposons maintenant que le schéma (2) nous représente l’arrangement final des biomolécules dans le biomore, à l’instant même ou celles-ci se divisent, et supposons encore, d’abord, que le développement suivi par les biomolécules ait été le développement autogénétique : la biomolécule a’ se divisera en aa, b' en bb, c' en ce etc. et le biomore, à r’instant même de cette scission biomoléculaire, sera constitué comme il est réprésenté dans le schema suivant :
(3) bb
Qu’ arrivera-t-il alors ? |
Puisque nous venons de supposer que le biomore A est un système biomoléculaire formé des biomolécules à, b, e, d, e, f, dont l’arrangement a été indiqué par le schéma (1); puisque, d'autre part, cet arrangement est en étroite dépendance de la structure des biomolécules, celles-ci, aussitôt que le dédouble-
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. ment biomoléculaire aura doublé leur nombre, s’orienteront, en vertu de leur attraction réciproque, selon leur structure et, - par conséquent, selon le schéma (1), dont la disposition biomo- . Jéculaire correspond précisément à la structure &, b, €, 4, e, f, . que les biomolécules ont reprise.
. Mais, comme le nombre des biomolécules est maintenant . double, à cause du développement autogénétique, leur orien- tation sera également double et amènera nécessairement, inévitablement la division du biomore. Le biomore représenté par le schéma (3) se divisera donc en deux biomores semblables au biomore du schéma (1):
(4) fav f e 3€ e
Comme on le voit, la division du biomore, c’est-à-dire d’une