‹ Les problèmes de la vie. Essai d'une interprétation scientifique des phénomènes vitaux (volume 2)Chapitre 56 sur 87 · PER LS · texte numérisé non relu

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très récente, que je viens de recevoir pendant que ce travail est sous presse, arrive à ces conclusions: « que la plasmosphère, l’hyalosphère, la granosphère, les diverses sortes de fibres, ainsi que le fuseau central, ne sont que des structures éphémères qui proviennent de l’arrangement de granules préexistants et qui disparaissent aussitôt que ceux-ci ont accompli leur fonction » (1).

Il arrive à des conclusions analogues pour les parties du noyau: « les chromomères, les chromosomes sont aussi des structures éphémères et secondaires, qui se forment et puis disparaissent: les chromioles seuls » (qui correspondent à peu près aux biomores des chromosomes) « sont des individualités permanentes de la structure des chromosomes ».

Ainsi qu'on peut le voir par ces citations, les conclusions d’'ErseN sont identiques à celles sur lesquelles j’appuie une des lois rationnelles de la cytodierèse, que j’appellerai, loi de l'instabilité morphologique et de la persistance matérielle de la centrosphère, de l’aster et du fuseau (2). Cependant il faut remarquer que les phénomènes qu'EISEN vient de constater au moyen de l’observation directe recoivent, par mon interprétation de la cytodiérèse, non seulement une confirmation mais une explication, et une explication à la fois très rationnelle et scientifique.

De l’achèvement de la division de la cellule au commencement d’une autre division, il s'écoule une période plus ou moins longue. Pendant cette période, s’accomplit le travail chimique de.

(1) EISsEx G. — À preliminary account of the spermatogenesis of BATRA- CHOSEPS ATTENUATUS. Polymorphous Spermatogonia, Auxocytes and Spermatocytes. — Biological Bulletin. Vol. I, n° 2. Boston, 1900, p. 112.

(2) Dans la publication des sommaires des chapitres de mon travail … (Bollettino dei Musei di Zoologia ed Anatomia comp. della R. Università di Torino. Vol. XIV, n° 366, 26 décembre 1899), cette loi rationnelle est exposée à la pag. 6, chapitre VI, n° 5° sous le titre: La temporaneità mor- Jfologica e la persistenza materiale della centrosfera, dell arcoplasma e dei raggi. J'y suis donc arrivé avant d’avoir eu connaissance des conclusions d’EISEN et indépendamment de celles-ci,

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l'assimilation; les biomolécules et les biomores se transforment sans cesse, et par là même modifient continuellement leur ar- À rangement. C’est donc à tort, selon moi, qu’on appelle générale- . ment cette période de la vie de la cellule, « la période de repos ». 4 La cellule ne se repose pas, tant que l’assimilation se fait. * Elle est, au contraire, le siège d’un travail continu chimique et F. mécanique: chimique, en tant que s’accomplissent les réactions assimilatrices; mécanique, en tant que les biomores sont Re toujours en mouvement pour prendre successivement de nou- - velles positions. C’est pourquoi je préfère appeler cette période: …. Dès le commencement de la période assimilatrice, les bio- ; mores, à la suite des changements chimiques qu’ils subissent,

- « la période assimilatrice ».

k se déplacent sans cesse et prennent réciproquement des arran- 4 gements différents. Ils peuvent se grouper de manière à donner - lieu à des formations morphologiques plus ou moins pas-

| sagères. C’est ainsi, par exemple, que, par leur agrégation, À certains d’entre eux forment le noyau, tandis que d’autres - constituent le noyau accessoire ou « Nebenkern ». Dans ces

- formations principales, quelques biomores peuvent encore for- L mer, à leur tour, des groupes secondaires, tels que les granu-

lations de chromatine, les membranes, les filaments ou les 4 granules du noyau accessoire etc. Mais ce sont toujours là 4 des parties qui n’ont morphologiquement qu’une existence

- éphémère, tandis que la matière qui les constitue, c’est-à-dire 3 les biomores, a seule une existence vraiment persistante.

En effet, dans le noyau aussi bien que dans le cytoplasma, - les biomores, en subissant des trasformations chimiques par à l’assimilation, doivent forcément se déplacer sans cesse, ainsi E que nous le savons. La cellule n’est donc jamais égale à . elle-même pendant toute la période assimilatrice. Tout en con- | servant sa constitution générale et la forme typique de ses - parties, elle subit néanmoins des transformations qui, dans à leur ensemble, peuvent être comparées à une véritable méta- morphose.

Cela nous explique pourquoi des cellules d’un même tissu, de la même fonction, des cellules que nous pouvons avec raison considérer comme parfaitement égales entre elles par leur nature, ne sont pas toujours identiques par la disposition et l'aspect de leurs parties constituantes. Cette identité de disposition et d'aspect, on ne pourrait la constater que si l’on examinait des cellules au même moment précis de leur période assimilatrice.

Malheureusement ces métamorphoses, à l’existence desquelles j'arrive théoriquement par mon interprétation, n’ont pas encore été étudiées suflisamment par les cytologistes. Cependant le Dr. F. MEves à publié un travail de ce genre sur les spermatogonies de la salamandre (1). Il a vu en effet que la sphère attractive subit, en dehors de toute cytodiérèse, de profondes transformations morphologiques et chimiques. Ces transformations sont accompagnées de changements dans la forme et la structure du noyau, ainsi que dans la constitution de la substance cellulaire.

Par la série ininterrompue de ces métamorphoses, la cellule traverse donc toute la période assimilatrice et arrive, à son tour, à la cytodiérèse. Les biomolécules qui ont accompli un développement, que je suppose d’abord autogénétique, se divisent en deux biomolécules, de structure identique à la première: l'orientation de celles-ci produit la division autogénétique des biomores et la cellule a doublé son volume et le nombre de ses biomores, ainsi qu'on le voit dans la fig. 14.

Alors, toutes les conditions étant favorables, l’orientation des biomores commence.

Il faut remarquer que ce commencement pourra se faire simultanément, ou non, dans le cytoplasma et dans le noyau, selon que la scission des biomores du cytoplasma et du noyau

(1) Meves Fr. — Ueber eine Métamorphose der Attractionsphäre in den Spermatogonien von Salamandra maculosa. Arch. f, mikrosk, Anat., Bd. XLIV, pp. 119-184, 1894.

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. est simultanée ou non. Cela d’ailleurs n’a pas d'importance ej ne change pas les phénomènes.

Évidemment, l'orientation des biomores de la zone corti- . cale de la centrosphère se faisant autour du corpuscule . central, nous verrons apparaître la première ébauche de la

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À centrosphère. En conséquence, nous pouvons conclure que 4 l'apparition de la centrosphère est l’indice du commencement - de l’orientation des biomores cytoplasmiques et, par là même, . de la division du cytoplasma.

À En attendant, remarquons que l'orientation de ces biomores » à forcé les deux corpuscules centraux, naguère contigus, à s'éloigner l’un de l’autre.

l L'orientation des biomores se continuant peu à peu, la , centrosphère vient à se former complétement, par suite de

l’arrangement des biomores de sa zone corticale, c'est-à-dire des biomores de l’archoplasma (Fig. 15).

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En même temps, dans le noyau, l'orientation commence aussi par les biomores chromatiques, qui se disposent en file, selon leur arrangement typique, ainsi que nous l’avons indiqué dans la fig. 13. Nous verrons donc apparaitre dans le noyau la formation du spirème, qui deviendra l’indice du commencement de l'orientation des biomores karyoplasmiques, c’est-à-dire de la division du noyau.

Dans la phase de la fig. 15, nous voyons que l'orientation de tous les biomores de la centrosphère a produit la division complète de celle-ci. Constatons donc, dès à prèsent, que la division de toute partie de la cellule n’est que la conséquence de l'orientation complète de tous les biomores qui constituent cette partie. Nous verrons sous peu que la division du noyau n’est que l'orientation complète de tous les biomores de celui-ci,

RS M RU M Un à EST A Se EE Le à ous pouvons donc, dès maintenant, en conclure, que la division , | de la cellule tout entière n’est que l'orientation complète de

| tous ses biomores et que la cytodiérèse ne consiste que dans

| une série de divisions successives de toutes les parties de |

Mila cellule.

pe Remarquons aussi que, par suite de l'orientation des biomores

de la centrosphère, les deux corpuscules centraux vont s’éloi-

4 gnant toujours de plus en plus, en décrivant un arc de cercle.

| Cet éloignement est dù évidemment à l'accroissement des fila-

4 ments rayonnants. En même temps nous voyons, dans la con-

| vergence des rayons entre les deux corpuscules centraux, la

| première ébauche du fuseau. :

Dans la fig. 16, l'orientation biomorique est plus avancée.

… Les rayons de l’aster ont subi un accroissement, par suite de l'orientation d’autres biomores, et les corpuscules centraux se sont éloignés plus encore.

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Dans la fig. 17, les corpuscules centraux ont pris une position diamétralement opposée en conséquence de l’accroissement des filaments de l’aster. Chacun d’eux a donc parcouru un arc de cercle de 90° dans la cellule. Arrivés en cette position, l'accroissement des rayons se faisant également de tous les côtés, les corpuscules centraux ne peuvent plus évidemment se déplacer.

En même temps, les biomores du noyau, qui se sont partiellement orientés respectivement à eux-mêmes et aux biomores cytoplasmiques, peuvent concourir à former le fuseau central, et, par leur orientation, ils forcent les biomores chromatiques à se disposer en une zone équatoriale autour du noyau. C’est la formation de la plaque équatoriale. Les chromosomes ou les anses chromatiques sont donc doubles dès la formation

. de celle-ci, quoique, à cause de leur rapprochement, leur indi- vidualité ne soit pas toujours visible.

- Remarquons, dès à présent, que la position diamétralement 1 opposée peut être prise par les deux corpuscules centraux sans que la cellule s’allonge.

Au stade de la fig. 18, l'orientation d’autres biomores du noyau, qui s’interposent peu à peu entre les biomores chro-

* matiques, forcent ceux-ci à s'éloigner à leur tour. Nous voyons - alors s’ensuivre le premier éloignement des chromosomes pour constituer les étoiles filles (1).

4 (1) Les fig. 14, 17, 18 n’ont pas été exécutées à la même échelle que les autres. La faute en est au graveur. Elles paraissent donc plus grandes, Cependant le lecteur devra les supposer toutes de la même dimension, . puisqu'il s’agit toujours de la même cellule.

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Au stade de la fig. 19, l'orientation des biomores du noyau | est achevée. La division du noyau, ainsi que naguère la division de la centrosphère, est complète. Cependant les deux noyaux fils restent contigus l’un à l’autre. Nous verrons tout à l'heure la cause de leur éloignement ultérieur.

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