‹ Les problèmes de la vie. Essai d'une interprétation scientifique des phénomènes vitaux (volume 3)Chapitre 12 sur 97 · ES · texte numérisé non relu

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On pourrait donc expliquer parfaitement comment s'ac-. 5e complit la prolifération cellulaire, comment se fait la différen- ‘4 ciation histologique et cytomorphologique, comment se for- #5 ment les organes, comment enfin ils-se localisent, que cela 24 ne suflirait pas encore à la parfaite interprétation de l'on togénèse.

Ce qu’il faut absolument démontrer, c’est la cause et en même temps la concomitance de ces phénomènes, cest . par quelles forces la prolifération cellulaire, et les différenciations histologique, morphologique et la localisation de ces différenciations s ’accomplissent, et par quels liens ces phéno> ce mènes sont en relation entre eux. Se

On voit donc que les problèmes à résoudre sont beaucoup # plus graves qu'ils ne le paraissent au premier abord. Mais pour arriver à une interprétation exacte et suflisante des 14 phénomènes ontegénétiques, il faut avant tout les analyser 4 minutieusement, afin d’en connaitre: la nature intime dans tous ses détails. C’est ce que nous ferons dans ce chapitre.

Commencons par l'examen de la prolifération cellulaire.

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Ce phénomène — nous le savons — n'est que la consé-

quence directe de la division cellulaire, de la cytodiérèse, à Mais, comme l'assimilation est la condition indispensable de

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. cel ulaire | ne Le avoir foi sans l'assimilation.

Mes D Vautre part, comme l'assimilation est un phénomène chi- 1 ique, il exigera, pour son accomplissement, les conditions iécessaires à tout phénomène chimique; c’est-à-dire: 1°) une substance capable d'assimiler; 2°) une substance ou des subsa stances aptes à être assimilées; 3°) des conditions physiques # onvenables aux phénomènes de l'assimilation. | Or, toutes ces conditions se trouvent réalisées en partie dans l'oeuf même, en partie dans le milieu ambiant où l’oeuf

par nent. # capable Tacuies Le deutoplasma est un. mélange de substances brutes particulières, incapables d'assimiler, mais aptes à fournir au bioplasma les éléments nécessaires pour son assimilation.

Quant aux conditions physiques, l'humidité, la lumière et urtout la chaleur, elles sont fournies par le milieu ambiant, xtérieur à l'oeuf.

La prolifération cellulaire ne présente donc pas de difliultés pour son explication.

el n’en est pas de même de la différenciation histologique. Les $ idées des Biologistes sur la nature véritable de ce phénomène one sont pas encore aujourd’hui bien exactes, et c’est Ià une sk les causes principales qui s'opposent à la juste interprétation de lhérédité des caractères dans les organismes issus de là fécondation, et dans les hybrides. Nous verrons, dans une a tire partie de ce travail, que la connaissance la plus parite de ce phénomène est d’une nécessité absolue, et nous

pourrons alors en apprécier exactement la valeur. ‘ri —

1 7 GiGLro-Tos E. — Les Problèmes de la Vie. 1° Partie. Chap. VI. 1900. z NE * 1 de

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doute, très difficile. Aussi, les fonte très inüiiés, qui | passent à l’intérieur de la cellule lors de sa différenciat histologique ne sont pas encore bien connus. Cependant nous verrons que les résultats positifs qu’on possède aujourd’ F5 sont suflisants pour nous donner une idée assez exacte de a véritable nature de l’histogénèse. | ee. :

Nous examinerons ici quelques-uns des principaux processuk | histogénétiques, tels que M. DuvaL les expose très clairement À dans son traité d’histologie (1); et, comme l’histogénèse glandulaire est la plus simple, la plus tÿpique et celle qu’on doit considérer comme la base de toutes les autres, je commencerai par celle-ci. #5 Histogénèse glandulaire. — L’histogénèse des cellules ca- | liciformes de l'intestin peut ètre choisie, grâce à sa simplicité, comme type de cette espèce d’histogénèse. fa Ces cellules ont la forme d’un verre à boire dont les parois 28 sont formées par un protoplasma granuleux plus ou moins abondant à la partie inférieure. C’est dans cette partie que & se trouve refoulé le noyau, tandis que la cavité de la cellule - 3 caliciforme est remplie par une masse claire, homogène, pré- % sentant toutes les réactions du #ucus.

Or, c’est un fait désormais bien démoniré que cette sn stance n’est due qu’à la sécrétion du protoplasma des cellules : caliciformes. Il y a donc lieu de distinguer dans ces cellules 2 deux substances: 1°) le protoplasma granuleux constituant. KT: à leurs parois, leur partie inférieure, et s'étendant partiellement 5 à l’intérieur de la cavité, où il ne forme qu'un réseau dont - a les mailles circonscrivent des vacuoles: c’est la partie vrai Ci

ment vivante de cette espèce de cellules, c'est en somme leur + bioplasma ; 2°) le zrucus, c’est-à-dire une substance qui n’est +2 pas vivante, qui n’est donc pas du bioplasma, et dont la na- 4 ture spéciale, caractérisant cette sorte d'éléments histolo-

(1) DUvaz M, — Précis d'Histologie, Paris, 1897,

giques, tient à la constitution chimique de la substance vivante: c’est le produit de sécrétion du bioplasma. A __ Nous pouvons donc conclure: /a différenciation histologique des cellules caliciformes consisle dans ce fail, que le bioplasma de ces cellules, issues de la cellule-oeuf primilire, a acquis une constlilulion chimique capable de donner, comme produit de sa sécrétion, la substance chimique spéciale que nous appellons le mucus.

s. Nous pourrions examiner l’histogénèse d’autres cellules D res quelles qu’elles soient, que nous en obtiendrions E re; même résultat.

ILest d’ailleurs évident que les substances sécrétées et la

forme des cellules pourront être très différentes, et que, en rapport avec la nature des produits de sécrétion, le mode | même d'élimination de ceux-ci variera notablement. C’est ainsi, par exemple, que si les substances sécrétées sont li- quides, elles pourront diffuser plus ou moins facilement à . l'extérieur de la cellule, en en traversant par osmose la mem- brane. Cela dépendra naturellement de la nature des liquides | sécrétés et de la nature de la membrane cellulaire, d'après les lois réglant les phénomènes osmotiques.

Si ces liquides sont facilement diffusibles à travers la mem- brane cellulaire, ils en seront éliminés aussitôt qu'ils sont produits, -et leur présence dans la cellule, peut être, ne sera pas facile à constater. Mais si, au contraire, ils diffusent difficilément, ils s’accumuleront alors dans la cellule et en - augmenteront le volume.

Enfin, si la substance sécrétée est solide ou presque solide, - ainsi que nous le pouvons voir dans les cellules des glandes — sébacées, ou de la glande du noir des Céphalopodes, elle ne pourra absolument diffuser ; elle s’accumulera à l’intérieur de … la cellule jusqu’à la faire crever, et de cette manière aura

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mation de la graisse dans les cells NRpouses nous conduit: A à des conclusions analogues. È En effet, «la cellule adipeuse est, au début, une simple masse de protoplasma avec un noyau: ce protoplasma, avec : les matériaux que lui livre le milieu intérieur (sang, lymphe), 7 élabore de la graisse qui apparait d'abord sous forme de es k vouttelettes éparses dans le corps cellulaire: ces gouttelettes Te grossissent, viennent en contact les unes des autres et se 14 “4 | sionnent pour former la grosse goutte de graisse qui. distend la cavité centrale de la cellule adipeuse: en même temps, mais 7 tardivement en général, ce protoplasma s'est sécrété une membrane cellulaire » (1). T° Nous pouvons donc comparer parfaitement la cellule adi- … peuse à une cellule glandulaire dont la substance sécrétée, en se : raison de l'absence de diffusibilité, s'accumule à son intérieur, et nous conclurons que /a differencialion adipeuse consiste dans la facullé acquise par le bioplasma de certaines cellules

RS de sécréler de la graisse. ;

Histogénèse des érythroeytes. — Nous savons que les a à throcytes ou corpuscules rouges du sang des Vertébrés sont a: des cellules contenant l’hémoglobine. Quelle que soit leur

structure, quelle que soit leur origine, il est indiscutable cs ‘ cette espèce de cellules, à un stade plus où moins reculé de à leur évolution, ne possédait pas encore de l'hémoglobine, 4

Cependant, comme cette hèmoglobine ne se trouve pas dans

le plasma sanguin dans lequel baignent les érythrocytes, on Le

ne peut supposer que l’hémoglobine contenue dans ceux-ci

(1) Duvaz M. — Précis d'Histologie. Paris, 1897, p. 79.

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FT ne à 45 pénétration de cette substance de l'extérieur à

l'intérieur d'eux. Et, si nous excluons cette origine, nous ne | pouvons expliquer la présence de l’hémoglobine dans les éry-

ÿ throcytes, qu’en la supposant un produit de sécrétion de leur bioplasma.

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Nous pouvons donc conclure, dans ce cas aussi, que Za différenciation des érylhrocytes consiste dans la facullé acquise par leur bioplasma de sécréler l'hemoglobine.

Histozgénèse des cellules cornées. — Un phénomène très fréquent dans les cellules de la peau des vertébrés, c’est leur transform ation en cellules cornées. Voici comment elle s’ac-

complit.

Les cellules de la couche de Malpighi donnent lieu, par

prolifération, à d’autres cellules qui passent dans les couches

supérieures. Tant qu’eiles se trouvent dans la zone malpi-

ghienne, le corps de cellules n’est constitué que de bioplasma,

c’est-à-dire qu'on ne voit dans leur intérieur pas d’autres substances que le noyau et les granulations très fines du cy-

toplasma. Mais, dès qu’elles arrivent, par des déplacements

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successifs, dans le salum granulosum, on voit que leur bioplasma est semé de gouttes, parfois volumineuses, d’une substance liquide, d'aspect huileux, à laquelle RANVIER donna le nom d’éleidine.

Dans le s/ralum lucidum, qui est une couche superposée à la précédente, les cellules sont plus aplaties et leurs noyaux sont déjà très sensiblement atrophiés: ces cellules renferment également de l’éléidine, non plus sous la forme dé gouttes ou granulations, mais à l’état de masses volumineuses. « Il semble donc que la formation de l’éléidine se fasse d’une manière graduelle, comme une élaboration, commencant dans les couches profondes pour atteindre son maximum dans les couches su- perficielles du stratum granulosum et enfin infiltrer tout le Stratum lucidum (1) ».

(1) Duvaz M. — Loc, cit., p. 233.

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