‹ Les problèmes de la vie. Essai d'une interprétation scientifique des phénomènes vitaux (volume 3)Chapitre 82 sur 97 · IR RP ST PR SU · texte numérisé non relu

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En conclusion, /e resullal du développement des blastomères isolés, dans ce eus, est tel, qu'au point de tue quantitatif. la somme des résullals partiels de leur développement est égale

au résullat du développement de l'oeuf entier.

Je ne sais s’il existe des organismes présentant ces modes de développement; mais je crois qu’il n’est pas tout-à-fait impossible que, dans l’immense variété de la nature, il s’en trouve quelques-uns, dont le développement ontogénétique puisse être expliqué par l’un ou l’autre de ces modes. Par exemple, la sy-

métrie rayonnée secondaire des Echinodermes, dont le nombre

des rayons est de 5, ne pourrait-elle pas trouver son explication dans le développement dimonodique de V° ordre? Nous ne pouvons l’aflirmer- dès à présent d’une manière positive, vu l'insuffisance de nos connaissances sur les phénomènes intimes du développement de l’échinoderme adulte aux dépens de la forme larvaire; mais nous ne pouvons les nier & priori. Je n’insiste pas d'avantage sur cette opinion tout-à-fait per-sonelle, d'autant plus que je ne connais pas de raisons plaidant pour ou contre ; mais j'espère que, par des expériences convenables on pourra obtenir des résultats capables, ou de la confirmer ou de la démentir.

De même, par exemple, le développement des Cténophores peut être envisagé comme un développement dimonodique de VI: ordre. La formation des huit bandes ciliées y trouverait son explication rationnelle. En outre, les résultats expéri-

mentaux du développement des blastomères isolés, résultats

qui paraissent être bien différents de ceux qu'on obtient dans la plupart des autres animaux, correspondraient assez bien aux résultats théoriques que nous venons de démontrer.

Il est vrai que la coïncidence entre ces résultats n’est pas parfaitement exacte. En effet, dans les expériences, l'isolement des deux premiers blastomères a donné pour résultat deux larves ayant chacune quatre bandes ciliées ; tandis que, d’après

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les résultats théoriques, ces bandes devraient être cinq dans une larve et trois dans l’autre. De même, d’après les résultats 5h des expériences (1), les quatre premiers blastomères isolés donnent des larves à deux bandes ciliées seulement, tandis : que, d’après nos déductions, une des quatre larves possèderait É trois bandes ciliées, deux en posséderaient deux, et une pré- % senterait une bande seule. Mais je crois que ces expériences doivent être répétées et leurs résultats confirmés à nouveau: car il n’y à pas, entre ces résultats obtenus par différents Biologistes, cette concordance rigoureuse. à laquelle on a le droit de prétendre dans les recherches scientifiques.

Une coïncidence parfaite de nos résultats théoriques avec ceux de l'expérience peut être constatée dans ces larves que = FISCHEL (2) a obtenues en séparant par compression des morceaux de l’agrégat cellulaire de segmentation de Beroe. Ici en effet, nous trouvons une larve avec trois bandes, deux avec deux bandes, et une avec une bande seule. Mais malheureu-

, sement, ces résultats ne peuvent avoir qu’une importance secondaire; car nous ne savons pas quelle était la valeur morphologique et la constitution des morceaux dont elles sont dérivées.

D'ailleurs, je le répète, je ne fais qu'exprimer ici une opinion tout-à-fait personnelle, et je ne veux pas insister davantage. Peut-être le mode de développement des Cténophores est-il, lui aussi, exclusivement monodique, comme dans la plupart des autres animaux, et les résultats différents qu’on obtient par le développement de leurs blastomères isolés ont-ils pour cause des conditions mécaniques spéciales que nous ne connaissons pas encore, mais que nous pourrions connaître en examinant plus rigoureusement et plus minutieusement le développement ontogénétique de ces animaux.

(1) Drikscn H. and MorGaN T. H, — Zur Analysis der ersten Entwiekelungsstadien des Ctanophoreneies, in: Arch. f. Entwickelungsmech, II Bd., 1895, pp. 204-215. — Fiscnez A. — Ærperimentelle Untersuchungen am

Clenophorenei, in: Arch, f. Entwickelungsmech. VI Bd., 1897, pp. 109.130, (2) FISCHEL A, — Loc, cit, VII Bd., 1898, p. 31.

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