‹ Les problèmes de la vie. Essai d'une interprétation scientifique des phénomènes vitaux (volume 3)Chapitre 89 sur 97 · SAS ET TEST FT CE · texte numérisé non relu

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cellules des relations symbiotiques semblables, on comprend facilement qu’il doit s'établir entre toutes les diverses cellules de l'organisme un rapport numérique constituant un équilibre symbiotique, non seulement au point de vue de la nature des : unités symbiotiques, mais aussi au point de vue du nombre $ de ces unités.

Or, nous savons que le volume total de l'organisme dépend dé la somme des volumes des cellules et des substances intercellulaires qui les composent. Il est vrai que les volumes des cellules peuvent varier d’une espèce à l’autre, et dans les divers individus d’une même espèce, ainsi que le volume des substances intercellulaires ; mais nous ne pouvons nier que le facteur principal du volume total de l'organisme soit, avant tout et surtout, le nombre de ses cellules. Nous pouvons donc comprendre comment et pourquoi les dimensions des organismes sont, dans certaines limites bien entendu, fixes pour chaque espèce. La limitation du volume total pour chaque espèce d'êtres ne serait donc qu’une conséquence directe, inévitable de sa constitution.

D'autre part, comme toute la vie de l'organisme n’est qu’une série continuelle de systèmes symbiotiques différents, se succédant du commencement de l’ontogénèse jusqu’à la mort, où, par conséquent, ce rapport numérique des éléments doit toujours se maintenir, nous pouvons comprendre aussi comment le nombre des cellules des systèmes symbiotiques des premières phases de l’ontogénèse peut influer sur le nombre des cellules des systèmes symbiotiques des autres phases de la vie, quand même celles-ci sont très éloignées des premières phases du développement.

Si donc on accepte le principe de ce rapport numérique tel que je viens de le démontrer, il est naturel que les cellules, bien que possédant en elles-mêmes la potentialité d'arriver à une certaine phase d'évolution, ne pourront néanmoins y arriver toutes: car nous savons qu'elles ne peuvent atteindre leur but que par des divisions répétées et que ces divisions

nces nécessaires pour éssintlation éndfant, celle-ci ne pe eut se faire et l’évolution ultérieure en est nécessairement |empêchée.

Il dérive, comme conséquence naturelle de ce que je viens de dire, que tout organisme et, par suite, tout organe résulte composé de plusieurs espèces de cellules, dont quelques- | unes à une phase d'évolution la plus avancée, et les autres à des phases moins avancées de la même évolution; et, pour Ë revenir à l'exemple cité, que l'organe O résultera composé 24 de cellules à la phase 7», et d’autres cellules à des phases RMS 7e, Lo, Ro...

& à Les organes ne seraient donc pas homogènes dans leur consti- À : tution, mais hétérogènes, et cette hétérogénéité, nous pouvons ‘4e constater dans plusieurs cas par l'observation des faits réels. On sait que les cellules du tube intestinal ne sont pas toutes | parfaitement identiques, même dans une petite portion de ce tube. Nous pouvons en dire autant des cellules rénales et de D ture autres organes, quoique cette diversité ne puisse “3 parfois ressortir avec la plus grande évidence, faute de moyens __ suffisants d'investigation.

+2 Il faut remarquer cependant que, bien que certaines cellules w’arrivent pas à la phase limite de leur potentialité évolutive, cela n'exclut pas qu’elles puissent jouer un certain rôle dans la physiologie de l'organe.

De. Nous devons nous rappeler toujours qu’une constitution bio- plasmatique, quelle qu’elle soit, représente en tout cas une différenciation histologique déterminée. Par conséquent, ces cellules, ayant une constitution bioplasmatique propre, pos- sèdent, elles aussi, une différenciation histologique caractéri- ® tique, ce qui fait qu'elles peuvent jouer un rôle dans le fonctionnement général du corps.

Tout cela étant posé, la régénération des organes devient Se un phénomène de la plus grande simplicité et tout-à-fait na- turel: car il est évident que, si l’on exporte à l'organe O, par

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la division des cellules aux phases antérieures: no, Mo ...., £ pourront les remplacer. ES

Il en est de même si nous supposons qu’on exporte les cellules No, Mo: Car d’autres cellules de la même nature, dérivant des phases antérieures Lo, ko, &, les remplaceront aussitôt. Cette substitution sera naturellement possible, tant qu’il y aura dans l'organisme des cellules à des phases antérieures de l'évolution caractéristique des cellules exportées. 3

Mais si l'exportation de l'organe a lieu de telie sorte que non 4 à seulement une catégorie de cellules, mais toutes les cellules $ pouvant suivre l'évolution qui a produit l'organe, soient en- ; levées de l'organisme, la régénération ne pourra plus absolument se faire. +5

Supposons, par exemple, que dans l'organe © ïl y ait des cellules à toutes les phases de l'évolution bo, Co... Po, et que dans l'organisme il n'existe plus de cellules dont celles-ci sont dérivées. Tant que l’on exporte une partie seulement de l'organe, celle-ci pourra se régénérer aux dépens des autres “4 cellules qui restent; mais, dès qu’on fera l'exportation de tout l'organe, la régénération ne pourra plus avoir lieu. |

Mais, m'objectera-t-on, pourquoi les cellules qui ne sont pas encore arrivées à la phase limite de leur évolution n'y > arrivent-elles que lorsque une partie de l’organe a été exporté? Pourquoi, par exemple, en supposant l'organe O constitué de cellules Do, ño, Mo, ete. les cellules 3, n, n’arrivent-elles à leur tour à la phase 2», qu'après l'exportation de toutes ou d’une partie au moins des cellules », ? Quel est, me dira-t-on, le stimulus qui provoque, après l’exportation, la progression des 4 cellules dans leur évolution spéciale? #

C'est ce qu'on peut comprendre très facilement; car cette manifestation du merveilleux automatisme qui nous frappe dans les phénomènes biologiques n'est, en dernière analyse, qu'une simple conséquence naturelle du mode de son développement et du principe même de sa constitution.

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rissantes contenues dans le milieu interne où les cellules rent puiser leur nourriture. Or, cette quantité est propormnelle au nombre des cellules qu’elle doit nourrir, et si elle

gæmenter aussi; tandis que, si elle diminue, la vie de celles-ci ne pourra plus s’entretenir normalement et, naturellement, elles périront, en partie du moins, faute d’alimentation. Par conséquent, la fonction de l'organe, qui résulte de la vie de L: outes ses cellules, en subira des perturbations plus ou moins fortes.

Cette manière d'interpréter l'organisme nous permet aussi x ur ces rapports très intéressants et encore peu connus entre Jes divers organes, que nous appelons les phénomènes le corrélation. FE

En effet, comme les substances nourrissantes des cellules oviennent de la sécrétion d’autres cellules de l'organisme je ième, si l’on suppose que, pour une cause quelconque, normale ou anormale, la quantité des substances sécrétées par “ertaines cellules augmente, le nombre des cellules qui se se nourrissent aux dépens de ces substances doit augmenter or aussi. D'où il résulte que l’accroissement de certains organes est une conséquence directe de l'accroissement d’autres or-

| Certes, si l’on pouvait connaître, parmi les nombreuses sub- É tances chimiques composant le milieu interne de l'organisme, quelles sont celles qui servent à la nutrition des cellules d’un organe déterminé, et de quelles autres cellules dérivent ces substances comme produits de leur sécrétion, étant donné l’ac- F croissement d’un organe, nous pourrions en connaitre la cause, É la retrouver dans l'accroissement de l'organe dont dérivent ses substances nourrissantes. Mais, malheureusement, cela n’est pas toujours possible dans l’état actuel de la science. Ne C’est peut-être dans cette sorte de rapports aussi qu'il faut

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diner AR: Fe PT MS EÉ: , RENE à EN Fe PA LE } VAS Aa RPESE NES PE ENCORE 352 — SACPTTEN NN

rechercher l’origine de ces proliférations cellulaires path olo giques dont la cause est jusqu'ici inconnue. Ex Comme conséquence réciproque de ce que nous venons | d’énoncer, il s'ensuit que si, par un procédé quelconque, par exemple, par l'exportation d’une portion d’organe, nous di- … minuons le nombre des cellules de celui-ci, les substances nourrissantes du milieu interne, dont la quantité n’a pas été diminuée, seront proportionnellement plus abondantes, ce qui. rompra l'équilibre symbiotique. Si donc, dans l'organisme, il existe encore des cellules capables de suivre leur évolution caractéristique, ainsi que je viens de le démontrer, celles-ci se diviseront ultérieurement, et leur prolifération, tandis qu’elle … régénèrera d’autres cellules à une phase d'évolution égale à celle qu’avaient les cellules exportées, en augmentera aussi 4 le nombre. De cette manière, on arrivera peu à peu à la reconstitution de l’équilibre normal. Celui-ci atteint, la prolifé- : ration cessera, et l'organisme se retrouvera dans ses COL ‘4 normales primitives.

La régénération se fait donc automatiquement; mais cet ; automatisme est un phénomène naturel, qui ne dépend nullement de facultés spéciales plus ou moins téléologiques où x providentielles de l'organisme, mais du mode même de son . développement et des principes de sa constitution. “34 D'ailleurs, la régénération accidentelle ou pathologique n est en dernière analyse, qu'un phénomène analogue à la régénération régulière ou physiologique.

La chute de certains éléments histologiques et le rempla-

cement de ceux-ci par d’autres éléments, c’est là un Phénne qui s’accomplit normalement dans beaucoup d'organismes. Je.

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ne citerai que les faits bien connus de la régénération régulière et physiologique des cellules de l’épiderme, des poils, des « plumes, etc.; ainsi que de la muqueuse utérine chez les Mammifères à caduque, des cellules de l'intestin de certains insectes, des cellules du sang chez la femme, des poils et des cellules de la coiffe de la racine dans les végétaux etc.

ns d'observation, ou bien parce qu'il s'accomplit périodi- 1ement, ou bien parce que les éléments qui se renouvellent at abondants, ou bien encore parce que la chute et lé reuvellement ont lieu dans des parties du corps où l'obserion est plus facile et commode. Mais je crois et je suis vaincu que des phénomènes analogues s’accomplissent dans us les organes et dans tous les organismes, bien que, dans plupart des cas, ils échappent à nos recherches, ou que constatation en soit plus diflicile.

pi énomène peut bien passer absolument inaperçu; et pourtant, ilest évident que si la chute et la Dora sont continues,

. D ncrt des feuilles est un phénomène qui ne se rifie pas moins dans les arbres à feuilles dites persistantes jue dans les autres à feuilles caduques, bien que, dans ces derniers, il nous paraisse beaucoup plus évident. Cela est dû naturellement à ce fait, que dans les arbres à feuilles caduques, celles-ci tombent et se régénèrent presque simultanément, tandis que dans les autres, la chute et le renouvellement n'ont hi eu que graduellement et peu à peu.

10 Cet exemple à uniquement pour but de démontrer que nos nnaissances sur les régénérations physiologiques des cellules des organes sont tout-à-fait subordonnées au mode même dont # ce » phénomène s’accomplit et que, par suite, celui-ci peut bien avoir lieu sans qu’il soit possible, ou du moins facile, de s’en percevoir.

A Or, je crois que la durée de la vie des cellules n’est pas é D. à la durée de la vie de l’organisme même qu’elles constituent. Elle est, au contraire, bien plus courte et ses limites sont dépendantes de la nature des cellules. Mais quelles que

“tous ces cas, le phénomène se rend manifeste à nos

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remplacer à mesure qu ‘ellés périssent. À ce point de vue, To =" ganisme est une succession continuelle de générations Be: lulaires se remplaçant sans cesse dans leurs fonctions. Peut-être sont-ce précisément ces cellules que les phagocytes | digèrent à mesure qu’elles meurent. S'il en est ainsi, et j'en. suis convaincu, dans la prétendue lutte des éléments histo- # logiques, les phagocytes ne tueraient que des cellules mortes, et leur importante action phagocytaire serait tout-à-fait su-, © bordonnée à la mort préalable des cellules qu'ils doivent dé. truire. | ê 4 Quoi qu’il en soit, entre la régénération physiologique et la à régénération accidentelle il n’y aurait donc pas, d’après mon interprétation, une différence fondamentale; car toutes les deux à se feraient de la même manière. Cependant, la régénération | A accidentelle se rend plus manifeste, parce que les cellules 4 exportées tout d’un coup étant plus nombreuses et formant, par suite, une masse remarquable, leur ne pen frappe | plus vivement notre attention. 24 Quant à l'origine des éléments nouveaux destinés à rem- 4 placer les autres qui ont disparu, nous pouvons la déterminer assez exactement d’après notre interprétation, pourvu, bien entendu, que nous connaissions l’origine ontogénétique des éléments en question.

Nous savons que, dans un organisme pluricellulaire, tous les éléments histologiques dérivent nécessairement d'une seule cellule, l'oeuf, par une série plus ou moins longue mais inin= terrompue de lignées cellulaires. Si, par suite, nous considérons un organe quelconque, par exemple, l'organe 0, que nous sup= posons formé de cellules 7, no, #0, etc. constituant par a ensemble toute une lignée cellulaire bo, Co... Po, cette lignée pe sera dérivée inévitablement d'une lignée précédente, que nous 4 pouvons indiquer par les phases Dy, Cn ... Dn, et celle-ci, à son tour, d’une autre lignée précédente A) Cm... Dm, de manière

ex exister, ainsi que je l'ai démontré, des cellules qui ne sont pe as encore arrivées à la phase limite , de leur évolution, mais qui se trouvent encore à des phases intermédiaires, de même il l'est possible et même probable que les cellules des lignées récédentes ne soient pas passées toutes dans la série Do, Co ... à mais qu'il existe encore des cellules à des phases de la lignée précédente D, C,...p, Et si nous étendons le même | raisonnement aux autres ie nous pouvons prévoir qu’il n'est pas impossible de trouver, dans l'organisme, des cellules

à des phases différentes des lignées b,,, C,...p,, ete.

S'il en est ainsi, lorsqu'on. enlève une partie des cellules “à

#0 de l'organe O, par exemple les cellules aux phases 2%, No, Mo, lo, “or n verra nécessairement que les cellules restantes Xo, do, Mo, etc. prolifèreront et donneront lieu à d’autres cellules qui arri-

ne eront successivement aux phases des cellules exportées. Nous onstaterons donc que la régénération de la partie exportée e l'organe aura lieu aux dépens des autres cellules de l’or- - gane même.

Mais si l’on fait l’extirpation de tout l'organe, on enlèvera . de lorganisme toutes les cellules de la lignée Do, Co... Do, Ce “qui ne pourra empêcher que la régénération de l'organe puisse se faire également. Car, si l’on suppose, ainsi que nous l'avons Ref tit, qu il existe encore, dans l'organisme, des cellules de la lignée On Pas celles-ci, par des proliférations successives, arriveront peu à peu à remplacer les cellules exportées. Dans ce cas, nous constaterons que la régénération n’a plus lieu a 1x dépens des cellules de l’organe même, puisque cellesæ À n'existent plus dans l'organisme, mais qu’elle ne se fait pas moins aux dépens de cellules qui n’appartiennent pas à bises qu'elles ont néanmoins le pouvoir de régénérer. Or, si les cellules de la lignée b,, c, ...p,, constituent par ibn ensemble un autre organe date N de l'individu

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que nous considérons, ce qui est parfaitement possible et P bable, nous verrons alors la régénération de l'organe O0 se Fa aux dépens de l'organe N. |

Il existe donc, dans tous les organismes pluricellulaires, des cellules en nombre plus ou moins grand pouvant donner A “ à la régénération des parties exportées. Ce sont ces cellules : qu’on appelle généralement les cellules embryonnaires indif- pe férentes. ss é

C’est néanmoins sur la prétendue indifférence de ces cellules qu’il faut s'entendre exactement. Car si l’on considère ces cel- … lules au point de vue de leur différenciation histologique, cette indifférence n’existe pas. Nous avons vu en effet que, quelle “x que soit la constitution bioplasmatique des cellules, celle-ci est néanmoins toujours bien déterminée; et comme toute dif férenciation histologique n’est, en dernière analyse, que l’ex- ÿ pression de cette constitution, il s'ensuit qu’une indifférente 1 histologique ne peut exister dans aucune des cellules de lor- = ganisme. L'oeuf même, qui, à ce point de vue, pourrait être envisagé comme le prototype des cellules indifférentes, ne l’est | pas absolument. Il possède, lui aussi, une différenciation Propis ES caractéristique. : 6

Si, au contraire, nous considérons cette indifférence à uni autre point de vue, c’est-à-dire en tant que ces cellules peuvent +4 donner origine à des éléments histologiquement différents M entre eux, cela est vraiment exact. Nous avons vu que l'oeuf, RE quoique possédant une différenciation histologique bien déter- | 4 minée, peut néanmoins produire, en suivant son évolution caractéristique, des cellules histologiquement différentes, de sorte que la blastula peut être considérée comme un organisme à cellules hétérogènes. Et pourtant, chacune de ces cellules. Rs peut, à son tour, produire d’autres cellules, elles aussi, dif. VE férentes. F4 %

Ainsi, pour revenir à notre exemple, si l’on exporte de l'or-

gane 0 les cellules aux phases 2», No, Mo, lo, et Si l’on. consis dère une cellule à la phase As, que nous supposerons restée

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dans l'organisme, celle-ci, par son évolution, donnera lieu à … des cellules aux phases ls, #20, No, Do, C'est-à-dire à des cellules histologiquement différentes.

Quant aux rapports entre les tissus régénérés et leur origine embryonnaire d’un des feuillets primitifs, il est superflu - de démontrer que, d’après l'interprétation que je viens de “ donner de la régénération, ils doivent exister nécessairement, comme conséquence naturelle. La plupart des expériences plaident en effet en faveur de ces rapports; mais les résultats contraires ne manquent pas complètement. Toutefois ces derniers ne peuvent être acceptés sans discussion. Il faut bien remarquer, dans cette sorte d'expériences, qu’il peut se présenter deux espèces de régénération: une vraie, et une fausse. La régénération vraie, que nous avons considérée jusqu'ici, est le remplacement des éléments histologiques exportés par d’autres éléments histologiquement égaux. La régénération fausse est le remplacement des éléments par d’autres éléments qui ne sont pas parfaitement identiques aux premiers, quoiqu’ils puissent donner lieu par leur ensemble à une formation morphologiquement semblable.

D’après notre interprétation, la régénération est donc une conséquence directe, naturelle et nécessaire du mode même de développement que j'ai posé comme base de l’ontogénèse, c’est-à-dire du développement monodique. On comprend en effet que si le développement était polyodique, la régénération ne pourrait se faire absolument; car un élément histologique, une fois enlevé, ne pourrait être remplacé par un autre identique. Ce remplacement n’est un phénomène possible que dans le développement monodique exclusivement. Il s'ensuit que si ce mode de développement est la base de l’ontogénèse de tous les êtres pluricellulaires, la régénération doit nécessairement se vérifier dans tous ces organismes.

Mais, s’il en est ainsi, pourquoi, me dira-t-on, la faculté de régénération n'est-elle pas égale dans tous les êtres et pour -tous les organes ?

Revenons à l'examen attentif de toutes ne conditions cessaires pour la régénération, et nous y trouverons une LEA ponse satisfaisante à cette objection. à Ee- 4

Nous avons vu, au commencement de ce chapitre, que. a. e régénération exige trois conditions: 1°) la présence des cellules capables de suivre une évolution les amenant à une différenciation histologique égale à celle des éléments enlevés 24 c’est-à-dire la présence des cellules qui, par leur constitution | bioplasmatique, représentent une des phases par lesquelles sont … passés les éléments mêmes qu'elles doivent remplacer ; 2°) un. : milieu interne égal à celui dans lequel se trouvaient les élé- | ments histologiques exportés lors de leur évolution vers une différenciation déterminée ; 3°) les conditions mécaniques ÉEalees à à celles qui existaient lors de la formation morphologique que l'on considère. On comprend facilement que si quelques-unes | de ces conditions manquent, la régénération ne pourra plus avoir lieu ou bien qu’elle sera incomplète. Le 4

Revenons, pour plus de simplicité, à l'exemple de l'oeuf.

Nous avons vu que la segmentation de celui-ci suivant (2 F, développement monodique peut conduire à la production de 610 blastomères à la phase limite p. Mais, à cause du milieu J #4 interne de l’agrégat de segmentation, tous ces blastomères à deviennent le point de départ d’autres lignées cellulaires, » £ c'est-à-dire des lignées médianes et des lignées bilatérales. 24 La segmentation achevée, il n’y aura donc, dans l’agrégat cel- 4 lulaire, que des cellules appartenant à l’une ou à l’autre de

ces lignées, tous les blastomères p ayant disparu pour dote

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origine chacun à une des lignées susdites. Supposons done qu’on enlève à cet agrégat cellulaire toutes les cellules des $ lignées médianes. La régénération de ces cellules pourra- t-elle 5 e encore avoir lieu? Evidemment non; car, comme celles-ei sont | à dérivées des blastomères p, il faut que dans l’agrégat existent à encore des blastomères à cette phase, pour que la régénération % puisse se faire. Mais, comme ces blastomères ont tous disparu, la régénération deviendra impossible, |

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e € 1e nous venons de supposer us les premiers moments Le mais on comprendra que cette impossibilité de réè nération sera, dans la plupart des cas, plus difficilement S Nous avons vu, en éffet, qu'à mesure que le développement progresse les cellules qui sont le point de départ des nouvelles lignées cellulaires deviennent plus nombreuses, de sorte que er exportation complète de l'organisme est très difficile et, fois, presque impossible.

“$ Supposons, par exemple, que les cellules formant l'organe , dérivent d’une cellule p, d’une lignée cellulaire précédente, et que celle-ci, à son tour, dérive d’une série plus ou moins c one e d’autres LE SRE SE Les cellules », seront . gine qu’à des nee ilairée a Co, do :-.2o formant gane O, on comprendrait que, bien que l’on exportät cet ane, il y aurait toujours dans l'organisme quelques cellules à à la phase ?, où à d’autres phases précédentes pouvant en produire la régénération.

Mais si l’on suppose que les cellules p», ne soient pas toutes We » point de départ de la seule lignée 4, ©... po de l’organe O, Le qu'au contraire elles puissent donner lieu, à cause du milieu ir terne, à la formation d’autres lignées formant d’autres org nes, on comprend facilement que le nombre des cellules p, uvant servir à la formation de l'organe O sera plus petit: car une partie de ces cellules servira à la production d’autres organes. Dans ce cas, la régénération de l'organe O sera moins Po ou bien pourra se faire un nombre de fois moindre, L x bien encore, l'organe 0, quoique régénéré, n’arrivera qu’à s dimensions plus petites que les normales.

Fous résultats nous démontrent, en conclusion, que le pouvoir de régénération est, à parité d’autres conditions, d'autant 10 oindre que la différenciation de l’organisme est plus grande: 7 une plus grande différenciation ne peut se faire qu'aux

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dépens des Gnutes issues de la segmentation de l'oeuf, & diminue nécessairement le nombre de celles-ci LEURS se à 2 à la régénération. :

Considérons maintenant l'importance du milieu interne. 4

Nous avons vu que l’évolution caractéristique de l’oeuf, € ‘es à-dire la constitution bioplasmatique des cellules pas nt de sa segmentation, dépend non seulement de la constitution du bioplasma de l'oeuf, mais aussi de celle de son deutoplasma, c'est-à-dire de son milieu interne. D'où l’on comprend que le changement de celui-ci doit entrainer un changement dans son évolution. :N40

Ce qu’on dit pour l'oeuf, on peut le répéter pour l'évolution 1 de toutes les cellules. Fa :

Si donc, pour nous en tenir toujours à l’exemple cité de l'organe O, les cellules qui le forment ont une constitution bio= plasmatique et, par suite, une différenciation histologique déterminée, c’est que non seulement elles dérivent originairement d’une cellule d’une constitution bioplasmatique, elle aussi, déterminée, mais que le milieu interne, servant à l'as similation de ces cellules, est, lui aussi, d’une compositior chimique fixée. X

Or, tant que ce milieu interne n’a pas changé, la régénération de l'organe pourra se faire, pourvu, bien entendu, qu'i Fe existe des cellules capables de cette régénération, d'après ce que nous venons de démontrer. Mais si, lors de l'exportation de l'organe, le milieu interne n’est plus parfaitement égal à. celui dans lequel la formation de cet organe avait eu lieu; rien de plus naturel que la régénération ou bien ne puisse plus se faire, ou bien qu’elle aboutisse à la production d'ur organe qui ne soit pas parfaitement identique à l’autre. R

Dans toutes ces considérations, nous n'avons jamais tenu compte de la forme de l'organe. Il nous reste done à examiner

la régénération au point de vue morphologique.

Quelle est la cause de la forme déterminée d'un organe# Evidemment, la forme, la structure, et la disposition des élé= d

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ciation histologique des eléments. Mais la disposition est 72 relation étroite avec les conditions mécaniques dans les- 4 les se trouve l'organe lors de sa formation. C’est un phé- 4 omène que l’on peut constater très souvent dans l'étude de # -T l'ontogénèse des animaux, que les lois qui règlent la formation È d’un organe au point de vue morphologique, peuvent se ra- mener à des lois mécaniques, dépendant de la pression et de C4 adhésion des éléments de ces organes ou des autres organes à Dane: On comprend donc que, si ces conditions méca- ré niques spéciales n’existaient pas, l'organe en question ne 5 prendrait pas sa forme caractéristique, bien que les éléments à qui les constituent eussent acquis, par leur évolution, la forme L FE et la structure voulues. ve Be Or, si la régénération d’un organe quelconque a lieu dans à conditions mécaniques égales à celles qui existaient lors 4

> sa formation, rien de plus naturel que l'organe régénéré k. pit égal, au point de vue morphologique aussi, à l'organe à: orté. Mais si les conditions mécaniques ne sont pas par- | ; itement les mêmes, on concoit facilement que la régénération k

ne puisse aboutir à la formation d’un organe morphologi- * quement identique. ÿ ; : » C'est, je crois, dans l’absence de ces conditions, qu’on doit à chercher l'impossibilité de la régénération morphologique de À te

ertaines parties dans quelques animaux. Dans ces cas, nous pourrons en effet constater que ce n’est pas la régénération histologique qui manque; car les tissus restants ont le pouvoir de donner origine à d’autres cellules d’une différenciation histologique égale à celle des éléments exportés. Mais ces éléments ne se disposent plus de la même manière qu'auparavant, alors qu'avait eu lieu la formation primitive de l'organe que nous considérons.

Certes, la connaissance exacte de ces conditions mécaniques est très diflicile, et parfois même impossible. L'interprétation

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très complexe, et d’une très grande difficulté; mais cela n’excl t pas que le principe et la cause du phénomène ne soient les s. mêmes que dans les autres cas, tels que je viens de l'exposer. De même que les autres phénomènes de l’ontogénèse, ceu “2 de la régénération constituent autant de problèmes complexes qu’il faut résoudre tour à tour, à mesure qu'ils se présentent, suivant les organismes que l’on considère et après la connaissance exacte, autant que possible, des conditions dans les-.

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