‹ Les Problèmes Financiers du Protectorat TunisienChapitre 5 sur 53 · SOEUR · texte numérisé non relu

SOEUR

« a permis de demander à l’emprunt les ressources néces- < saires à l’achèvement des grands travaux publics et de « porter la prospérité du pays au point où elle se trouve « aujourd’hui,

« Ces résultats ont été obtenus grâce à la succession < ininterrompue des excédents budgétaires, grâce aux « méthodes d’évaluation des recettes, de préparation et « d’exécution du Budget.

« Le Budget tunisien apparaît donc comme un admira- « ble instrument qui a puissamment contribué aux pro- « grès réalisés dans la Régence et cette constatation suffit « à justifier les méthodes employées jusqu'ici par le « Gouvernement de Protectorat ».

La guerre n’interrompit point cetie ère de prospérité; au lendemain de l’Armistice seulement, quelques symptômes de malaises firent leur apparition. A la suite du vote d’un emprunt de 255 millions à réaliser par paliers, la dette s’alourdissait; la crise mondiale survenant jetait la perturbation dans l’économie tunisienne.

La confiance n’en continuait pas moins à régner, car les travaux d'intérêt général entrepris enrichissaient le pays, les impôts rentraient de facon satisfaisante et l’équilibre budgétaire était facilement réalisé.

Jusqu’en 1939, en effet, tous les budgets, sauf deux, se sont soldés par des excédents de recettes, qui ont permis à la Tunisie de constituer une grosse partie de son outillage économique, En 1929, encore, la plupart des articles de recettes ont apporté au Trésor Public des ressources qui n’avaient jamais été atteintes, en sorte que l'exercice se soldait par un excédent de plus de 100

millions.

Or, voilà que depuis quelques années, la situation a complètement changé. Les budgets sont devenus déficitaires; chaque exercice a vu leur montant s’élever dans des proportions imprévisibles. Les fonds des excédents disponibles se sont trouvés taris; les emprunts n’ont pu être couverts; les grands travaux de colonisation ont été interrompus.

À l’optimisme qui régnait jusqu'alors, a fait place l’angoisse du lendemain non seulement dans les milieux officiels mais encore au sein des assemblées élues; la presse, réflétant l’opinion populaire s’est émue à son tour, en signalant les graves périls qui menaçaient de conduire à l’abime, les finances tunisiennes !

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