Hist., Il, 3o.— li. II
lyf) LES PROCÉDÉS d'aRT DANS l.T.S HISTOIRES
restes de ce goût auquel était dû le parallèle plus développé de Caton et de César' ?
Et cependant, encore une fois, malgré les imitations certaines. Tacite la plupart du temps suit une route différente. J'observe d'abord que l'imitation apparaît surtout dans les deux premiers livres des Histoires, comme si l'auteur, à mesure qu'il avançait, prenait davantage conscience de son originalité et se débarrassait graduellement de liens acceptés au début. J'observe en outre qu'elle ne s'exerce guère que sur des personnages, dont je ne veux pas nier l'importance, mais qu'on ne saurait tout de même comparer aux grands premiers rôles. Galba, Otbon, Vitellius". Or ceux-ci, je le reconnais, obtiennent de l'auteur, au moment de leur mort, quelques lignes d'adieu, parfois tout. un paragraphe, où est rapporté l'essentiel de leur carrière ; mais justement, c'est une sorte d'article nécrologique plutôt qu'un portrait véritable, et surtout qu'un portrait complet, « Né à Lucérie, il achevait la cinquante-septième année de son âge » : ainsi commence la notice sur Vitellius'*. « Sa famille sortait du municipe de Ferentinum ; son père fut consul, son aïeul préteur » : ainsi commençait auparavant la notice sur Othon*. Cette fois même, recourant à l'anecdote, lui qui en est si avare (il est vrai que l'anecdote est relative à un prodige), Tacite avait conté au lecteur l'aventure merveilleuse d'un oiseau de forme