‹ Les procédés d'art de Tacite dans les "Histoires"Chapitre 168 sur 177 · I. Fagnct, Élw^lcs littéraires sur le XIX'' siècle, p · texte numérisé non relu

I. Fagnct, Élw^lcs littéraires sur le XIX'' siècle, p

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par la nature dos sujets qu'ils traitaient. Peintres-de lai vie quotidienne et vulgaire, auteurs malsains au point] de vue moral, leur réalisme a eu du moins cet avan-i lage de préserver leur santé littéraire. Mais Juvénal beau détester les déclamaleurs et les lectures publiques,] il a été déclamateur lui-même une partie de sa vie et dans ■ ses satires continue son ancien métier. Tacite aussi se^ montre sévère pour les rbéteurs et n'est pas loin de reprendre à son compte le mot du censeur Crassus sur ces écoles de comédiens qui sont « des écoles d'im[)udence^ », 11 ne peut l'aire cependant qu'il n'ait été leur élève et ne; se souvienne, comme malgré lui, de leurs leçons. ;

Faut-il lui en tenir rigueur? Après tout, le contraire eût été étonnant. C'est merveille plutôt que, passé la quarantaine, à \m âge où l'on n'a guère l'babilude de changer, il ait inauguré le grand changement littéraire de ^ sa vie et que, l'ayant commencé, il Tait poursuivi aveo obstination jusqu'aux Annales, en progrès constant sur lui-même, rejetant chaque jour davantage ce poids de la rhétorique qui comprimait son essor personnel. C'est merveille aussi, et force de tempérament peu commune, que non seulement il ait pu, dès les Histoires, tourner souvent en beautés les défauts mêmes qu'il tenait de son , temps et, préocc\ipé de l'elfet, aboutir à d'admirables" ofTcfs, mais qu'il se soit assez dégagé des liens de toute sorte où il semblait retenu, pour affirmer ses qualités pro|)res, l'éclat de sa vision des hommes et des choses et laudacieuse vigueur de son style. Les sensations d'art qu'il nous donne ne se rencontrent point chez les autres. ^ "eût-il écrit que les Histoires, il aurait déjà sa place «à paît, et aux premiers rangs, dans les lettres latines.

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