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VIEILLE PLACE A KEMPTEN ” PAR HUGO HENNEBERG

Pl. XXIV. Gomme.

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Y a-t-il sous-exposition marquée, ce dont on se rend compte aisément par l’aspect gonflé de la couche et l’abondance du coulage, il convient de précipiter le dépouillement. Comme on sait, d’autre part, que l’épreuve va se griser pendant le séchage, il n’y a pas à songer, pour le'moment, à créer les blancs purs. Dans ces conditions, on se contentera de pratiquer les suppressions et, l’épreuve achevée par quelques nappes d’eau courante, on la laissera sécher sur un papier buvard sec, remettant la suite de son intervention aux autres périodes.

L’épreuve se montre-t-elle comme normale, on aura du temps, mais pas trop ; en effet, après chaque intervention locale, on va se trouver amené à dégager par un arrosage le travail fait ; par suite, il faut mener de front le dépouillement local et le dépouillement général pour les achever ensemble.

Dans nombre de cas, il y aura intérêt, par des nappes bien dirigées d’eau tiède ou d’eau froide, ou d’eau bisulütée, à donner une avance au dépouillement à certaines parties de l’image. Ces arrosages s’obtiennent, soit en écrasant une éponge à l’extérieur des bords de l’image, soit en faisant tomber délicatement quelques gouttes d’eau chaude sur une partie résistante de l’image, ainsi, dans une figure, les cheveux, et en laissant les gouttes chaudes s’étaler doucement dans la direction convenable.

Ces procédés permettent le développement raisonné, mais seulement sur de larges zones. S’il s’agit de modifier des détails de peu d’étendue, de baisser un ton local de petite surface, l’attaque directe de ce ton local est nécessaire. Cette touche localisée peut sé donner, suivant le cas, au cours de cette première période ou plus tard : veut-on arriver au blanc du papier, on opérera souvent -dans cette première période; veut-on baisser le ton de moitié, ce sera souvent dans la période du séchage, quand la couche aura commencé à faire prise ; veut-on baisser très légèrement le ton, on attaquera après le premier séchage suivi d’une immersion dans l’eau chaude.

En général, le travail local au pinceau ne pourra être effectué au cours de la période de dépouillement que si la couche offre une cer-

taine résistance et ce travail ne s’appliquera qu’aux accessoires et aux fonds que l’on peut aborder franchement ; sur les figures mêmes, ou encore sur les cheveux, l’intervention du pinceau ne saurait être que très discrète et mieux vaudra souvent la remettre à plus tard.

Il est évident qu’en ces matières il est impossible de donner autre chose que des indications générales, car il n’est ici que des cas d’espèce. L’habileté consiste à se rendre compte de la façon dont se présente l’image et à lui appliquer alors un traitement approprié. L’opérateur, en effet, n’est pas absolument maître de certains éléments : la composition de la couche, le travail de la lumière varient toujours d’une épreuve à l’autre, assez pour qu’il y ait changement dans l’aspect et la nature des images successives issues d’un même cliché. L’une, produite par une couche vieille de vingt-quatre heures ou surexposée, aura un grain de crayon noir, résistera au frottement et se laissera travailler au pinceau; l’autre, produite par une couche fraîche et sous-exposée, n’aura aucun grain visible, les tons seront transparents comme des coulées d’aquarelle et chaque coup de pinceau mettra le papier à nu. En face de circonstances aussi diverses, il sera nécessaire de faire varier les moyens mis en œuvre.

Dans le premier cas, — couche grenue et résistante — presque tout le travail devra — comme nous le disions plus haut — s’effectuer pendant le dépouillement. Vous remarquerez, en effet, que le pinceau détruit superficiellement le grain, là où il passe — tel le sureau sur le fusain ; il est donc nécessaire de faire suivre chaque coup de pinceau d’un arrosage qui enlèvera la couche superficielle libérée par l’action du pinceau et fera réapparaître le grain sous-jacent.

S’agit-il, au contraire, comme dans le second cas, d’une épreuve sous-exposée, il vaudra mieux attendre, pour effectuer certaines parties de votre travail, que l’épreuve, dépouillée à point, ait commencé à sécher sur son support d’ébonite. Il n’y aura pas à craindre ici une différence d’aspect entre les parties de l’image touchées par le pinceau et les parties laissées intactes ; car il n’y aura de grain nulle part.

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2° Période du Séchage. — Dans cette période, le coup de pinceau n’étant plus suivi d’un coup d’arrosage, l’action du pinceau se traduit par une sorte d’écrasement de la couche, accompagné d’un abaissement général du ton à l’endroit touché, abaissement notable si le pinceau est sec et propre, peu sensible si le pinceau est déjà chargé de matière pigmentaire amassée au cours du travail. Pour créer des blancs et dégager le papier, il faudra donc avoir recours au tortillon de papier buvard.

Dans le cas, fréquent, de figures se détachant sur fond clair, c’est pendant cette seconde période que l’on pourra donner au fond du mouvement et un peu de vibration. Le travail sera entrepris immédiatement et pourra être poursuivi jusqu’à ce que la couche ne se laisse plus travailler ; il s’effectuera au pinceau ; veut-on avoir à tel endroit du fond une touche claire, on l’obtiendra d’un coup donné avec un pinceau sec et propre; veut-on, au contraire, monter le ton de telle région du fond, on transportera en cette région de la couleur prise dans les marges.

Le traitement des fonds rendu facile est, pour le dire en passant, un des grands avantages du procédé à la gomme. Ainsi le fond pouvant être établi à la demande de la figure, il devient inutile de s’encombrer de fonds peints d’avance; un fond noir, un fond gris, un fond blanc, tous les trois unis, à cela peut se réduire votre approvisionnement d’atelier.

Le séchage complet d’une épreuve étalée sur un verre ou une feuille d’ébonite s’opère très lentement; plus lentement encore si l’épreuve repose sur un buvard humide. A mesure que l’eau s’évapore, la couche devient plus résistante et l’abaissement du ton à tel endroit touché par le pinceau devient de moins en moins marqué.

Dans cette période, il est possible aussi de simplifier les détails par une sorte d’écrasement analogue à celui du sureau sur le fusain.

C'est également au cours de la période du séchage que l’on pourra créer des blancs purs dans les épreuves sous-exposées. On sait que la sous-exposition produit des images grises, les blancs se trouvant recou-

verts par l’écoulement partiel de la matière pigmentaire insuffisamment fixée. Il faut donc attendre, pour rétablir les blancs, que cet écoulement ait cessé par suite de l’affermissement de la couche.

Lorsque sont achevées toutes les retouches jugées possibles au cours de cette période, il convient de laisser s’achever dans l’obscurité le séchage de l’épreuve ; on peut, sans inconvénient, le hâter en plaçant l’épreuve sur un buvard sec que l’on promène au-dessus d’une lampe. Dès que la feuille est sèche partout et craquante, on la remet dans l’eau. L’eau n’a plus d’action sur la couche, et l’image peut y demeurer plongée indéfiniment sans être modifiée; mais cette remise immédiate dans l’eau répond à un double but : d’abord éliminer la petite quantité de bichromate de potasse que le papier peut renfermer encore, ensuite rendre à la couche une mollesse suffisante pour qu’elle puisse être travaillée par frottement doux.

3° Période postérieure au premier Séchage. — Pour rendre la couche très docile, il suffira d’élever la température de l’eau ou, s’il est nécessaire, d’ajouter à l’eau chaude du bisulfite de soude dans la proportion de 3 à 5 o/o. L’épreuve se laissera dès lors travailler au pinceau, à la ouate, à l’estompe, au doigt, et l'on pourra, par frottement, baisser le ton plus ou moins à tel endroit jugé convenable.

Si l’on a eu soin, par exemple, de ménager le ciel en le dépouillant incomplètement, il sera facile de le traiter à loisir. De même on pourra baisser par ce moyen la valeur des lointains pour les remettre à leur place.

Il sera possible à ce moment de donner quelques touches dans les figures, dans les cheveux. Si quelques blancs purs sont reconnus nécessaires, on pourra encore les obtenir au moyen d’un petit morceau de bois tendre.

En un mot, cette période est celle du parachèvement de l’œuvre. Celle-ci terminée, il ne reste plus qu’à la suspendre pour le séchage définitif.

Des Rehauts. — Dans toutes ces opérations, l’artiste s’est borné à dépouiller plus ou moins l’image, à enlever la matière pigmentaire, ici

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