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DÉVELOPPEMENT LOCAL ET RETOUCHES

ANS la suite des opérations que nous venons de décrire, nous avons envisagé le procédé à la gomme comme un procédé automatique permettant de tirer d’un cliché une réplique positive exacte. Et, en elfet, le procédé peut donner des aussi régulières que celles imprimées sur papiers au charbon ou au bromure. Mais, heureusement pour lui, il peut mieux que cela, car il permet, au cours du dépouillement, l’intervention directe de l’opérateur sur des régions nettement localisées. Grâce à cette intervention, il devient possible de mettre le sujet en relief comme d’en assurer l’harmonie :

Par la correction des tons locaux ;

Par l’atténuation ou la suppression des éléments inutiles ;

Par le placement judicieux des accents.

Cette intervention locale est fournie par le travail intelligent de la main, soit qu’elle fasse courir des nappes d’eau froide ou chaude, ou bisulfitée, sur certaines régions de l’image pour donner à ces régions une

épreuves

avance au dépouillement, soit qu’elle procède par l’attaque directe d’un agent de friction : pinceau, ouate, éponge, etc.

Il est évident que si le pinceau pouvait constituer l’agent principal et général de l’opération, l’eau n’étant plus qu’un agent secondaire, chargé d’amollir la couche sans la dissoudre, la précision du dépouillement local serait quasi absolue, et nous verrons que c’est le cas de la gomme ozotype surexposée. Mais ici il n’en est plus de même et, pour des raisons multiples et majeures que nous allons dire, nous ne pensons pas qu’une épreuve à la gomme doive être révélée entièrement au pinceau.

Nous nous trouvons ici en face de deux méthodes de dépouillement bien distinctes, entre lesquelles il faut choisir : la méthode par dissolution, la méthode par frottement. Si nous employons la première, nous devons chercher à obtenir un temps d’exposition tel que la gomme ait pleinement conservé sa faculté d’absorber l’eau et de se distendre assez pour que le grain de couleur s’échappe par son seul poids.

Si nous employons la seconde, il faudra exposer l’épreuve de telle sorte que la gomme ait perdu quasi totalement sa solubilité et retienne le grain fortement, sur toute la surface de l’image.

Il faut donc prendre un parti net. S’il arrive qu’employant la première méthode, nous ayons dépassé le temps d’exposition convenable, nous serons néanmoins resté fort en dessous de la durée d’exposition nécessaire à l’emploi de la deuxième méthode ; nous nous trouverons en face d’une image où certaines régions pourront peut-être résister à l’attaque du pinceau, mais où d’autres régions — correspondant aux opacités du cliché — pouvant se développer par dissolution, sont restées molles ; ces régions-là seront détruites par le passage brutal du pinceau.

Donc, forcé de prendre parti, nous écarterons la seconde méthode pour des motifs qui nous semblent péremptoires :

Remarquons, d’abord, que ce qui constitue l’originalité du procédé à la gomme, ce qui le distingue de tous les autres procédés à dépouillement, ce qui fait l’aspect particulier et savoureux des images qu’il donne, c’est que seul il admet le dépouillement par simple dissolution,

laisse ainsi se produire ces phénomènes qui assurent le fondu des tons, permet au grain de se fixer suivant un rhytme régulier; si, comparée à une épreuve à la gomme, une épreuve à la gélatine paraît sèche et sans enveloppe, la cause en est là.

En exposant la couche jusqu’au point où la gomme a perdu la propriété qui la fait originale et unique entre les colloïdes, on fait plus qu’adultérer le procédé, on le supprime ; on rabaisse la gomme au rôle de gélatine et ce rôle elle le remplira mal, bien plus mal que la gélatine. Les grains partiront irrégulièrement, arrachés par force ; les grains restants s’assembleront sans régularité, partant sans harmonie. Et ainsi, nous n’avons jamais eu le bonheur de voir une belle épreuve entièrement dépouillée au pinceau.

Disons donc que, dans le traitement d’une épreuve à la gomme, nous maintiendrons à l’eau le rôle capital ; l’eau sera l’agent général du dépouillement.

Aux agents de friction seront réservées des interventions localisées et partielles, interventions qui se produiront d’ailleurs, non seulement dans la période du dépouillement, mais dans les périodes suivantes : période de séchage, période après séchage.

Voici quelques indications qui pourront guider les premières tentatives du commençant ; mais faisons observer qu’ici rien ne saurait remplacer l’expérience personnelle. C’est en forgeant qu’on devient forgeron ; c’est en gâchant quelques épreuves, en se faisant la main sur des épreuves manquées, que l’on se rendra compte des effets que l’on peut attendre de l’emploi d’instruments divers tels que pinceaux, éponges, estompes, bois tendre, papier buvard...

1° Période de Dépouillement. — Il y a toujours avantage à laisser le dépouillement commencer automatiquement dans la cuvette. Lorsque l’image tend à se dégager et se montre partout visible, on place le papier sur une plaque d’ébonite inclinée et, se guidant d’après une épreuve préalablement tirée sur un papier quelconque, on examine de quelle façon il convient de continuer le dépouillement.

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