PAPIERS A LA GÉLATINE
PAPIERS ARTIGUE, FRESSON 6t LEURS DÉRIVÉS
O US rangerons dans cette catégorie, par ordre de date, les papiers Artigue, les papiers Fresson , et deux papiers récents dérivés des seconds : le papier B. F. i~apidc et le papier dit « r Artistique ».
Les papiers charbons-velours Artigue existent depuis bien des années. Tout le monde connaît la matière délicate et belle qu’ils donnent, non seulement dans les tons noirs, mais même dans certaines teintes difficiles à obtenir plaisantes, comme les bistres. Le grain produit est très fin et le modelé des images absolument complet.
Les papiers Fresson possèdent des qualités de même ordre; ils se font sur divers supports et en des teintes très variées.
Le papier B. F. rapide ressemble aux précédents; il possède un grain agréable et de très beaux noirs.
La surface de tous les papiers susnommés est d’un certain luisant, même dans les blancs où la gélatine subsiste. Dans le papier « l’Artistique », le but poursuivi a été de rendre les blancs mats et les noirs
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très veloutés. Ce but a été atteint par l’addition à la gélatine de certains colloïdes, et, grâce à la composition de la couche, très chargée en pigment, l’étendue de la gamme des noirs se trouve encore augmentée ; l’éclat des blancs, l’intensité et la puissance des noirs fournis par ce papier sont extrêmement remarquables.
La marche à suivre au cours du traitement de tous ces procédés est la même ; nous allons l’exposer en insistant sur certains points et en renvoyant, pour le surplus, aux instructions particulières contenues dans les pochettes.
Sensibilisation. — Elle se fait en principe par trempage dans une solution de bichromate de potasse à 2 0/0; celle-ci doit être fraîche. En faisant varier la force du bain en bichromate on fait varier la sensibilité du papier. Un bain étendu, dont la teneur en bichromate est abaissée à 1 0/0 ou à o,5 0/0, donne donc plus de latitude pour l’évaluation de la durée d’exposition, mais ne semble pas modifier sensiblement le caractère de l’image.
Une précaution très utile pour certains papiers, moins nécessaire pour d’autres, consiste à plonger le papier dans l’eau pure ou à le passer sous le robinet, avant de le soumettre au bain sensibilisateur. Ceci évite la production des bulles et assure une sensibilisation régulière.
Le séchage dans le cabinet noir est assez long. Si l’on est pressé, ou encore si, en été, on ne dispose pas d’eau fraîche, on pourrait avoir recours à la sensibilisation par l’alcool. Mais le bichromate de potasse étant peu soluble dans l’alcool, la solution sensibilisatrice sera composée en tout ou partie de bichromate d’ammoniaque.
Faire une solution mère à 6 0/0, soit : eau 1.000, bichromate d’ammoniaque 60 grammes. Ou mieux, pour avoir plus de fermeté : eau 1.000, bichromate d’ammoniaque 3o grammes, bichromate de potasse 3o grammes, comme l’a indiqué M. Briand. Mélanger une partie de cette solution à deux parties d’alcool à 90 degrés. Ce mélange s’applique au pinceau.
Placer la feuille, couche en dessus, sur un support incliné et poreux,
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un PaP*er buvard, pour empêcher la solution de se glisser sous la feuille ; „ plonger un pinceau dans la solution alcoolisée et le passer doucement
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^ sans arrêt sur la surface. Pour le papier Artigue, il faut opérer d'un seul
^ ^ Uu j(. ^ coup, par suite le pinceau doit être de la largeur de la feuille. On peut tî- 1 <tx sfrtote. remplacer le pinceau par une bande de feutre ou de coton, serrée entre ^ deux lames de carton ou de zinc.
Séchage. — Le séchage s’effectue dans le cabinet noir où l'on suspend la feuille par un angle, en faisant adhérer à l'angle opposé un fragment de papier buvard ou de papier à cigarettes. Cette opération doit précéder de peu l'exposition sous châssis, le papier fraîchement sensibilisé se dépouillant plus aisément.
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Exposition sous Châssis. — La durée d'exposition, mesurée au photomètre, dépend naturellement, pour un papier donné, de l'intensité du cliché et du degré de sensibilisation; mais elle dépend aussi, pour le même papier, de la couleur du pigment et de l'effet que l'on veut obtenir.
Si on prend comme unité le temps d'exposition correspondant au pigment, on multipliera, en général, cette durée par 2 : 3 si le pigment est bleu ou violet, par 3 : 2 s'il est bistre ou brun, par 2 ou 3 s'il est de couleur sanguine.
Les variations de la durée d'exposition agissent d’une façon nette sur les valeurs générales de l'épreuve et aussi sur sa beauté.
La sous-exposition produit des images plus monotones, mais qui seront souvent fort agréables. Il est à remarquer que seuls les papiers à dépouillement peuvent fournir des images à la fois légères et d'une jolie matière. Les papiers à impression directe ou à développement ne permettent pas, en effet, de tenir le motif dans la gamme des gris ; leurs gris sont tristes et ne peuvent se comparer aux gris perlés des papiers à dépouillement, qui possèdent de l'éclat et de la fraîcheur.
La sous-exposition paraît moins à craindre ici que la surexposition. Une épreuve surexposée risque fort d'être heurtée et aura, sans doute, une matière inférieure parce que trop fortement raclée par
l’agent de dépouillement. De plus, sur une telle épreuve, l’action du pinceau sera peu aisée, condamnée à être brutale pour être efficace.
Ainsi que nous le disions plus haut, on ne saurait apporter trop de soin dans la recherche d’une exposition juste.
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Dépouillement. — La gélatine est personne sensible; à la brusquer on s’attire le châtiment immédiat d’un échec. Il faut lui laisser le temps de se gonfler progressivement en absorbant l’eau et de distendre progressivement les mailles du filet qui emprisonnent les grains de la matière pigmentaire. Donc l’amollir d’abord par un trempage dans une cuvette d’eau froide où elle abandonnera le bichromate, puis la soumettre à l’action du bain chaud. Pour cela deux méthodes : on peut plonger la feuille face en dessus dans une cuvette contenant de l’eau à la température voulue ; on peut, la feuille étant pendue à une réglette ou placée sur une plaque d’ébonite, faire courir de l’eau chaude à sa surface. Les deux méthodes semblent équivalentes.
Si l’on est pressé ou, encore, si on opère devant un public qu’on veuille éblouir, il est assez aisé d’effectuer le dépouillement en deux ou trois minutes, après une demi-douzaine d’arrosages à la sciure. Pour cela il suffit d’user d’un bain à la température extrême indiquée par l’instruction et d’y laisser l’épreuve assez longtemps, jusqu’à ce que l’image positive apparaisse nettement. Mais à opérer ainsi on risque des arrachements malencontreux dans les clairs de l’épreuve.
Mieux vaut user d’un bain à la température inférieure indiquée par l’instruction, l’y laisser peu de temps, lui faire subir un premier arrosage à la sciure, puis à nouveau un court passage dans l’eau chaude, puis un arrosage ; on continue ainsi en augmentant la température du bain de façon progressive, si cela est nécessaire, mais sans dépasser la limite supérieure fixée, jusqu’à ce que la gélatine cède à vos sollicitations discrètes et répétées. On s’aperçoit qu’elle cède : d’abord, à l’action produite par la sciure ; ensuite parce que la surface de la gélatine apparaît comme nacrée. A ce moment on prolonge l’action de la sciure et l’on rend moins fréquents les passages au bain chaud.
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