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FIG. 31. - FAUNE

Par Hans Sebald Beham.

Pour des morsures partielles, pour des raccords, on emploie également le petit vernis.

L’espace à retoucher est recouvert de ce vernis et quand la retouche est faite, on humecte avec de la salive les traits nouvellement tracés et on passe sur eux, légèrement, un pinceau imbibé d’acide nitrique.

Pointe sèche. La pointe sèche est un petit burin aiguisé en biseau et très coupant ; on le fait agir perpendiculairement sur le cuivre qu’il doit entailler franchement. Les tailles de la pointe sèche n’offrant que des angles aigus prennent moins d’encre que les sillons de l’eau-forte creusés perpendiculairement; elles donnent à l’impression un ton doux et pâle qui se rapproche de celui de l’estompe sur papier. Certains graveurs l’emploient exclusivement à la confection de planches qui alors portent le nom même de l’outil ; elle sert aux aquafortistes à faire les travaux délicats qu’ils n’osent confier à l’eau-forte, tels que le modelé des chairs, des ciels ou de l’horizon dans le paysage, et à assouplir les traits mordus trop brutalement. Le ton de la pointe sèche forme une sorte de glacis au moyen duquel on réconcilie entre elles des valeurs trop disparates.

Quand les travaux de pointe sèche sont terminés, on se sert d’un grattoir pour enlever les copeaux de cuivre soulevés par l’entaille. Ce grattoir ou ébarboir est un instrument à tranchant triangulaire que l’on passe à plat sur la planche dans le sens opposé à la direction suivie par la pointe. On sent au toucher si cet instrument a bien fait son office.

Un burin plus volumineux que la pointe sèche peut rendre à l’aquafortiste des services d’une nature oppo-

GRAVURE A L’EAU-FORTE

S’agit-il, au contraire , de supprimer des travaux , le graveur ne se trouve pas davantage au dépourvu.

Il a à sa disposition les ressources sui-

sée ; ses entailles nettes et vigoureuses conviendront à merveille pour redonner de l’éclat et de la fermeté aux ombres compactes ou salies, résultant de surfaces mordues trop en largeur et qui retiennent mal l’encre de l’imprimeur. Ces surfaces sont dites crevées.

vantes:

Le brunissoir , fi g. 32. — la vieille endormie.

SOrte de poinçon Fac-similé d’une eau-forte de Rembrandt.

mousse aplati et

présentant deux faces aux angles arrondis, sert à écraser et à élargir la surface du cuivre en rétrécissant la largeur des traits ; c’est un polissoir destiné à agir sur des surfaces déterminées et restreintes; il joue le rôle de la gomme ou de la mie de pain dans le dessin sur papier. On le fait agir parallèlement au cuivre autant que possible.

Le charbon de saule, imprégné d’huile ou d’eau, use le cuivre, et peut, par conséquent, baisser le ton d’un

plan trop mordu, ou même faire disparaître ce plan tout entier ; mais pour atteindre ce résultat il est souvent nécessaire de repousser le cuivre au marteau afin de ramener de niveau la partie où l’on veut recommencer les travaux.

Le grattoir remplit le même office dans des espaces restreints.

Pour repousser le cuivre on se sert du marteau frappant à l’envers de la planche posée sur un tas ; un compas à branches recourbées permet de déterminer les points précis où il faut agir ; une des pointes étant placée sur la face gravée du cuivre, l’autre indiquera le point correspondant sur la face opposée.

Un graveur du dépôt de la guerre, M. George, a eu l’heureuse idée de remédier aux différences de niveau cccasionnées à la surface du cuivre par des grattages ou des crevés qui nécessiteraient le repoussage au marteau, en comblant les vides au moyen d’un dépôt galvanique de cuivre exactement limité aux points nécessaires par une ceinture de vernis. Le dépôt ne se fait que sur la partie dénudée de la planche. Il est facile, au moyen du grattoir ou du charbon, de ramener la surface ainsi comblée au niveau général.

Enfin, en s’adressant à un planeur de profession, on peut faire enlever sur une planche une partie quelconque du travail et recommencer à nouveau comme sur un cuivre vierge.

J’ai indiqué sommairement les principes fondamentaux de la gravure à l’eau-forte : quant aux procédés, ils varient à l’infini, suivant la fantaisie , l’expérience et l’ingéniosité de l’artiste. Aux personnes qui désire-

Eau-forte de Rembrandt. — Héliog-avure typographique de M. Durand.

raient des renseignements précis et étendus, nous ne pourrions recommander un meilleur guide que le traité spécial de notre ami Maxime Lalanne 1 . Graveur émérite autant que professeur distingué, il a fait pour nous la planche ci-jointe, destinée à montrer les variétés d’aspect que présentent l’eau-forte, la pointe sèche et la gravure au vernis mon ou dans le genre du crayon; il sera question plus loin de ce dernier procédé.

i. Traité de la Gravure à Veau-forte, i. vol. A. Quantin, éditeur.

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