GRAVURE AU BURIN
La forme du burin varie, du reste, suivant la convenance du graveur.
On conduit le burin sur le cuivre en le tenant avec le pouce et les trois derniers doigts, l’index étendu sur la lame, et la partie ronde du manche reposant dans le creux de la main, de telle sorte qu’aucun doigt ne fait obstacle entre l’instrument et la planche qui, dans le tracé des tailles, doivent affecter une direction presque parallèle.
La planche peut être posée sur un coussinet, ce qui permet de la retourner dans tous les sens suivant la direction des tailles.
Les tailles sont ébarbées au moyen du grattoir.
Ce qui distingue la gravure au burin de l’eau-forte, c’est que la première donne des épreuves qui sont exactement la reproduction du travail de l’artiste; il n’y a pas à compter sur les heureux hasards de la morsure ni sur les tricheries de l’impression. La surface de la planche, essuyée avec le plus grand soin, transmet au papier l’encre déposée dans les tailles ; dans l’eau-forte, au contraire, l’imprimeur peut obtenir des colorations artificielles en essuyant plus ou moins et par places les parties non mordues, et en retroussant au moyen d’un chiffon l’encre qui remplit les sillons. Ces façons d'engraisser son travail sont interdites au graveur au burin ; la planche ne lui rend rien de plus que ce qu’il lui a donné. De là la nécessité pour lui d’être un excellent dessinateur et de n’aborder le métal qu’après avoir assuré son travail par un dessin sur papier indiquant la direction des tailles qu’il se bornera ensuite à copier, en creusant plus ou moins le métal pour varier les épaisseurs
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