‹ Les procédés de la gravureChapitre 18 sur 53 · THEORIE DE LA GRAVURE · texte numérisé non relu

THEORIE DE LA GRAVURE

d’encre et partant la coloration des traits. Ici plus d’improvisation, plus d’essais : tout doit être écrit à l’avance, et du reste la lenteur du travail est telle que l’inspiration serait vite refroidie : l’art à proprement parler du graveur au burin a déjà dit son dernier mot quand la mise en œuvre commence, c’est-à-dire quand le dessin est arrêté.

Depuis l’invention de la photographie et des procédés de gravure qui en dérivent, depuis surtout que les éditeurs ont adopté l’eau-forte, la gravure au burin est un peu négligée. C’est un mode d’interprétation beaucoup trop coûteux et surtout trop long pour qu’il puisse satisfaire aux goûts du jour portés à l’économie du temps et de l’argent. La Chalcographie du Louvre et la Société française de gravure maintiennent cependant, par leurs commandes annuelles, les traditions d’un art élevé qui est dignement représenté, chez nous, par Henriquel-Dupont, François, Gaillard et leur jeune rival M. Huot,pourne citer que des noms justement célèbres.

Théorie de la gravure.

Il n’y a pas à proprement parler de théorie de la gravure, qu’il s’agisse du burin ou de l’eau-forte : dans les arts, quels qu’ils soient, les théories sont fort secondaires. Cependant on peut émettre certaines observations générales dont un commençant fera bien de profiter, ne fût-ce que pour éviter une partie des écueils qui l’attendent à ses débuts. Cochin, le célèbre graveur, est une autorité considérable dans la matière: nous ne sau-

rions donc mieux faire que de recourir aux lumières de son expérience et de son goût. Voici ce qu’il disait dans une de ses lectures devant l’Académie de peinture:

« La gravure diffère du dessin en ce que dans celui-ci on commence par préparer des ombres douces, et frap-

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