GRAVURE AU POINTILLÉ
Nous avons vu déjà que les graveurs pouvaient se servir avantageusement de points tracés au burin ou à la pointe sèche pour établir une transition insensible entre les parties en lumière et les parties colorées d’un objet quelconque. Le procédé est particulièrement employé dans le modelé des chairs. Certains graveurs de nos jours en ont tiré un excellent parti pour graver complètement les figures nues d’un tableau dont les accessoires étaient traités soit au burin, soit à l’eau-forte ; je citerai notamment Léopold Flameng , dans diverses planches d’après Prud’hon, Ingres, Cabanel, etc. Il en est d’autres qui gravent une planche au pointillé à l’exclusion de tout autre procédé, et c’est ce qui constitue le système à proprement parler, système peu recommandable dans ce cas, car les résultats en sont généralement défectueux. Les planches au pointillé sont ternes et monotones d’aspect, sans fraîcheur et sans éclat.
Morin, Boulanger, Lutma, Bartolozzi et W. Ryland ont cependant fait un certain nombre d’ouvrages estimés par ce procédé, qui était fort à la mode à la fin du xviii0 siècle.
Pour graver au pointillé on se sert, avons-nous dit, du burin et de la pointe sèche; on peut employer aussi un ciselet que l’on fait agir à coups de marteau. La grosseur des points, leur degré de rapprochement, leur
disposition, sont les éléments au moyen desquels le graveur traduit la forme et les colorations de l’image qu’il veut produire. Pour donner plus de vigueur au travail,