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GRAVURE DANS LE GENRE DU CRAYON

à être conduite avec beaucoup de soin, car il ne faut pas que les doigts s’appuient sur le vernis. Les marges du papier sont rabattues et collées au dos du cuivre, et on attend pour commencer à dessiner que le papier soit bien sec, ce qui est l’affaire de quelques heures. Alors, le cuivre étant protégé par une planchette de bois portant sur deux supports suffisamment élevés, on dessine sur le papier, sans autre précaution à prendre que d’éviter tout autre contact que celui du crayon. Le travail terminé, on décolle les marges du papier et on le soulève avec précaution ; en se retirant il emporte avec lui toutes les parties du vernis qui se trouvaient sous le chemin du crayon. Dans ce parcours, l'e cuivre est mis à nu plus ou moins nettement et dans la proportion de l’effort exercé par la pointe du crayon ; soumis à la morsure, à des morsures successives s’il le faut, il donnera exactement la gravure du dessin au crayon. (Voir la planche de la page 78.)

Certains artistes dessinent avec une pointe d’ivoire et sur n’importe quel papier, pourvu qu’il soit léger et transparent. Le trait paraît en gris : on a ainsi la pos- * sibilité de reproduire un dessin déjà fait sur le papier, sans le couvrir par de nouveaux traits de crayon.

La gravure dans le genre du crayon est un moyen qui, seul ou combiné avec les autres procédés, peut fournir d’excellents résultats.

GRAVURE EN MANIÈRE NOIRE

La gravure en manière noire a été inventée, en 1642, par le prince palatin Ruprecht , ou plutôt par un lieutenant à son service, du nom de Louis Siegen. Les estampes qu’elle donne ressem blent un peu à des dessins au lavis, et la technique du graveur présente une certaine analogie avec la façon de procéder que l’on emploie pour dessiner à la gouache sur papier teinté, c’est-à-dire que, à l’inverse de la manière habituelle, l’artiste extrait de l’ombre les images qu’il veut créer.

La planche dont on se sert est un cuivre grené qui, à l’impression, donnerait une teinte noire uniforme. On trouve des cuivres tout préparés dans le commerce, mais certains graveurs préfèrent exécuter eux-mêmes le travail mécanique du grenage. Ils se servent pour cela d’un outil d’acier nommé berceau , dont la partie tran-

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