LA CHARITE
GRAVURE EN MANIERE NOIRE
chante forme un demi-cercle taillé en biseau sur une de ses faces, et portant sur cette face une série de traits droits, fins et serrés, gravés au burin. C’est en promenant ou plutôt en balançant cet instrument à la surface du cuivre d’abord dans les deux sens parallèles à ses arêtes, puis en diagonale, que l’on obtient un grain bien uni. Il ne faut pas moins de vingt tours de berceau, le tour comprenant l’opération dans les trois sens, pour que cette gravure mécanique donne un ton d un beau noir, homogène et profond.
Une fois le cuivre préparé, le graveur commence son
œuvre, qui consiste à détruire, au moyen de brunissoirs et de grattoirs, le travail du berceau dans toutes les parties lumineuses de la gravure projetée, et dans une mesure proportionnelle à l’intensité du blanc qu il veut obtenir : c’est donc à peu près comme s’il dessinait au crayon blanc sur un fond noir. Plus il détruira le grain, plus il atténuera les ombres que ce grain donne au tirage ; les lumières vives, franches, sont réservées poui
la fin; dans les parties du cuivre oü elles ont à produire, toute trace du berceau doit avoir disparu , le métal aura été ramené à son état primitif.
Ce procédé a, comme tous les autres, ses avantages et ses inconvénients. Le principal des avantages est de fournir une gamme très étendue de tons intermédiaires entre le blanc pur et le noir le plus profond, mais il est
bien difficile de conserver au dessin un caractère de liberté et desprit dans un travail où les contours ne sont pas écrits d’un trait, mais dégagés de la masse par une sorte de découpage.
Le prince Ruprecht, les graveurs Smith et G. Withe
Estampe satirique de Bon Boulogne, gravée en fac-similé par Perrichon.
GRAVURE AU LAVIS
lent le lieu de l’action et serve de digue aux épancheaents de l’acide qu’on versera dans ce bassin artificiel. Jne bonne précaution à prendre, en pareil cas, pour viter les infiltrations de ’eau-forte sous le rempart e cire, consiste à promener me clef chauffée le long du ircuit intérieur de ce rem- >art : la cire ramollie for— nera, par l’agglutination de es molécules et leur adhéence plus intime au cuivre, in obstacle invincible aux :mpiétements de l’acide.
Jne gouttière ménagée sur e côté du quai de cire qui ■e rapproche le plus des narges de la planche pernet de se débarrasser de ’eau-forte quand elle a ac- :ompli son office. Le trajet le la gouttière sur le cuivre loit être protégé, bien entendu, soit par la cire ellenême, soit par une couche de vernis.
En outre de l’eau-forte, le graveur dispose, pour aire des retouches, de plusieurs mordants que l’indusrie délivre tout composés, d’autres enfin qu’il peut imposer lui-même.
Une solution concentrée d’argent clans de l’acide ni- >'ique, atténuée ou non par l’addition de gomme ara- 'ique, produit des effets d’une vivacité qui dégénère
vase étrusque.
Gravure sur bois.
facilement en violence. On l’applique au pinceau : une petite éponge légèrement humectée permet d’enlever les parcelles d’argent qui se déposent sur le cuivre quand l’action est produite.
Divers mordants, notamment le soufre , sont indiqués dans les chapitres qui suivent. Un des meilleurs et des plus employés, c’est le perchlorure de fer à 45°, pur ou étendu d’eau; il agit avec netteté et convient à merveille aux finesses d’un dessin. Le temps de morsure est de quelques minutes seulement.
Il y a aussi le mordant au miel dont on se sert comme d’une couleur : il se compose en proportion variable de sel marin, de chlorhydrate d’ammoniaque et de vert-de-gris, exactement broyés sur une glace avec le jus ou sirop de miel qui se trouve au fond des tonneaux oü cette substance est conservée. Le sirop de miel peut être remplacé par le miel même, ou par de l’eau-forte ! saturée de gomme arabique. On reconnaît que le mor- • dant a fait son effet à son dessèchement et au changement de sa couleur.
Ce genre de gravure, laissant à ceux qui l’emploient ; une grande liberté de main, et ne demandant aucun outillage spécial, convient admirablement aux peintres.