‹ Les procédés de la gravureChapitre 27 sur 53 · GRAVURE A L’AQUATINTE · texte numérisé non relu

GRAVURE A L’AQUATINTE

succès. La planche est tout entière recouverte de vernis, comme dans l’opération première de la gravure à l’eau-

forte pure, puis au moyen d’un pinceau imbibé d’un mélange d’huile d’olive , de térébenthine et de noir de fumée , on recouvre toutes les parties où l’on veut produire un grain.

Au bout de quelques instants , on frotte avec un linge mou ces mêmes parties ; le vernis , dissous par la mixture dont nous venons de donner la composition, s’enlève et laisse le cuivre à nu. Après avoir fait en sorte qu’il ne reste pas la moindre trace de salissure sur les parties dénudées , on donne le grain

au moyen de la poussière de résine et l’on tait mordre.

Nous avons déjà dit que l’on pouvait varier la gros-

FIG. 49. - PENDEI.OQ.UE d’ORFÈVRERIE

DU XVIIIe SIÈCL E.

Gravure sur bois.

seur du grain en recouvrant la planche d’une poussière plus ou moins fine; le choix de la résine a aussi son importance. On emploie d’ordinaire la résine commune ; certains graveurs préfèrent l’asphalte , la poix de Bourgogne,la colophane ou arcanson, le copal enfinqui paraît, résister le mieux à l’action des acides.

Pour obtenir un grain d’une grande finesse, donnant un ton de lavis léger, on se sert aussi du mordant au soufre ; voici la manière de l’employer : les parties du cuivre oü l’on veut produire un grain ayant été réservées ou découvertes sur le vernis par le procédé que nous avons indiqué plus haut, on les badigeonne d’huile et on saupoudre la surface de fleur de soufre, de manière à en former une couche assez épaisse qu’on laissera en place pendant quelques minutes ou plus longtemps, suivant le degré de la température ambiante, et selon qu on voudia obtenir un ton plus ou moins foncé. Ce mordant peut être appliqué également au pinceau, en se servant d’un mélange assez épais de soufre et d’huile.

Il y a diverses manières de saupoudrer une planche: un tamis très fin, par exemple, une pièce de mousseline tendue sur un châssis, ou bien une houppette à poudre de riz, atteignent parfaitement le but ; l’essentiel est de répartir la poudre d’une façon égale, ce que l'on obtient en la laissant tomber d’une certaine hauteur dans un endroit abrité contre les courants d’air.

Pour les retouchas, en outre des moyens ordinaires de 1 eau-forte, on peut employer ce même mordant au soufre, ou la mixture à base de miel dont nous avons donné la composition, ou enfin celle que voici : blanc ordinaire, thériaque et sucre délayés dans de l’eau.

PIC. 50. - MICHEL OPHOVEN,

Par Rubens. — Gravure sur bois de Smeeton, d’après un dessin de A. Gilbert.

Quand on emploie ces mordants à l’aide d’un pinceau, on procède comme s’il s’agissait de poser des rehauts à l’encre de Chine sur un dessin.

On a inventé dans ces dernières années un moyen qui permet d’obtenir, à l’aide des résines, un réseau

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