‹ Les procédés de trépanation du crâne et leur valeurChapitre 13 sur 32 · REMARQUES CRITIQUES SUR LE PROCÉDÉ DE (CHIPAULT · texte numérisé non relu

REMARQUES CRITIQUES SUR LE PROCÉDÉ DE (CHIPAULT

M. Chipault appelle ce procédé « crâniectomie bilinaire avec travée ostéoplastique intermédiaire », pour indiquer dit-il, « sa parenté avec le procédé de Jaboulay ». En effet, comme il l’avoue lui-même et comme nous le remarquions plus haut, M. Chipault semble s'être inspiré du procédé de Jaboulay comme d’ailleurs de celui de Wagner. Au chirurgien allemand il a pris l’idée d’un lambeau cutanéo-périostéo-osseux, à Jaboulay le procédé bilinéaire avec les deux fossés. M. Chipault nous dit que son procédé est d’une exécution très facile « sur le cadavre ». Nous le croyons volontiers, néanmoins la section du pédicule «et du grand côté du trapèze peuvent encore paraître d'une exécution assez peu élémentaire et dangereuse à un grand nombre de chirurgiens pour peu que les côtés du trapèze aient quelque longueur.

Pourquoi justementce procédéest-il préconisé comme plus facile par son auteur? Parce que l'opérateur lais-

sant làle maillet et le ciseau, établitses fossés au trépan

d’un maniement plus commode et moins dangereux. Mais voilà qu'il est contraint de les reprendre pour ter- * miner son œuvre et alors la difficulté reparaît.

Il est bien moins traumatisant pour l’opéré que le -

procédé de Wagner, dit Chipault, puisqu'on ne commence le martelage qu'après avoir ouvert le crâne par deux fossés parallèles. Cela est très vrai, mais néanmoins il est toujours traumatisant puisqu'il ÿ a encore - martelagé. Puisque M. Chipault incrimine le martelage, pourquoi ne pas le supprimer complètement, pourquoi n’y apporter qu’un demi remède.

Enfin les deux fossés permanents évitent les acci- - dents de compression et multiplient les indications de ce procédé. C’est là un temps excellent de l'opération permettant de faire face à toutes les éventualités : le drainage en cas de suppuration, l'écoulement des liquides en cas de compression ; mais l’idée première de ces fossés appartient à M. Jaboulay.

Disons en terminant ces simples remarques que comme le procédé de Toison, celui de M. Chipault est : purement théorique et qu’iln’a jamais été pratiqué qu’à l'amphithéâtre. Quelle que puisse donc être sa valeur, comme on ne sait ce qu’il donnerait en pratique, on ne peut le faire entrer en ligne de comparaison avec ceux qu'ont imaginés et employés, d’une part Wagner et ses imitateurs, d'autre part, à Lyon, M. Jaboulay dont nous allons exposer exactement l’opération avec ses résultats. |

ne:

Page 1