‹ Les procédés nouveaux de diagnostic du cancerChapitre 11 sur 13 · X. — La biopsie · texte numérisé non relu

X. — La biopsie

Quoique le diagnostic histologique soit déjà très ancien et ne trouve son application que dans certains cas, nous ne pouvons pas le passer tout à fait sous silence, d'abord parce que certains points de sa technique ont été améliorés, ensuite parce qu’il nous semble qu’on ne l’utilise pas aussi souvent qu’on devrait le faire. Aucun médecin ne doute cependant que la biopsie soit une petite opération d’une simplicité et d’une innocuité parfaites, même sous forme de ponction biopsique dans une tumeur solide du foie, par exemple, avec l’aiguille de Tuffier-Mauté. Un prélèvement fait aseptiquement n’a jamais été préjudiciable au malade ni par hémorragie, ni par un coup de fouet que certains redoutent. On peut ajouter que le diagnostic histologique est encore, à l’heure actuelle, celui de tous les procédés anciens ou nouveaux, qui offre les plus réelles garanties d’exactitude; lorque même une fois ou l’autre il a failli, la méthode n’en est pas toujours responsable, car le prélèvement porte quelquefois à côté du point caractéristique de la lésion, ou cette dernière est défigurée par des processus intercurrents d’origine thérapeutique.

La simplification et la rapidité du procédé ne laissent plus grand chose à désirer avec la méthode des coupes par congélation ou des inclusions rapides. Sans égaler les américains qui effectuent un diagnostic histologique en moins de deux ou trois minutes, nous pouvons le réaliser avec tous les soins nécessaires, y compris la recherche toujours importante du glycogène, en quinze à vingt minutes par la congélation, c’est-à-dire au cours d’uue opération, et en une à trois heures par les méthodes d’inclusion rapide.

Parmi celles-ci nous signalerons seulement le procédé de Henke-Zeller (73), à l’acétone-paraffine, que nous ne voyons guère employé et qui nous donne toute satisfaction : fragments de 1 à 2 millimètres d’épaisseur, fixation et déshydratation ensemble dans acétone pure pendant quinze minutes; directement dans la paraffine, étuve à GO pendant trente minutes; couler, couper, etc. Si l’on dispose de trois heures au lieu d’une, il y a avantage à fixer des fragments de 3 millimètres préalablement pendant trente à soixante minutes dans l’aldéhyde formique 10 p. 100; puis, directement, acétone pure pendant trente minutes; puis, paraffine quarante-cinq à soixante minutes. On obtient ainsi des coupes plus fines et des pré¬

parations plus élégantes que par la congélation, et l’examen histologique est effectué sur une biopsie apportée à neuf heures avant la fin de la matinée, ce qui est suffisant dans la plupart des cas.

11 est temps de récapituler et de conclure : Point n’est besoin de revenir sur les méthodes spéciales qui mettent la lésion ou ses effets toxiques sous les yeux de l’observateur (radioscopie, endoscopie, diaphanoscopie, biopsie, toxicité des épanchements); personne ne conteste leur utilité immense, mais limitée. Ce sont les méthodes biologiques et humorales par leur portée générale et par les espérances qu’on a mises en elles qui absorbent tout l’intérêt du moment; c’est à elles qu’on demande de nous révéler ce que nous n’avons pas pu apercevoir par les autres moyens : des réactions d’immunité spécifiques, ou des réactions spéciales dévoilant des processus,anormaux et particuliers au cancer.

Nous sommes obligé, malheureusement, de constater que les recherches sérologiques dans le cancer n’ont abouti à aucune méthode spécifique éprouvée : les deux rapporteurs, Paltauf et Weinberg, qui ont traité du diagnostic du cancer à la récente Conférence internationale pour l’étude du cancer à Paris, sont à cet égard d’accord. La méthode des précipitines, la reaction de fixation, le choc anaphylactique, l’intradermo, sont des méthodes inconstantes, propres même à faire douter d’une spécificité quelconque dans le cancer... ou à laisser entrevoir une spécificité incroyablementétroite; dansl’un comme dans l’autre cas, elles sont inutilisables pour le diagnostic.

Quant aux substances non spécifiques du sérum des cancéreux : isolysines, antitrypsine ou lipoïdes, méiostagmines, elles sont d’une importance capitale; car l’expérience prouve que leur quantité est dans l’ensemble notablement plus élevée lorsqu’il s’agit de cancer que dans la plupart des autres maladies, et que les quelques maladies à index isolytique ou antitryptique élevé sont d’un diagnostic différentiel facile.

De tout cela découle le fait paradoxal que les moyens indirects d'hémo-diagnostic offrent, à l'heure actuelle du moins, plus de garanties que les procédés qui visent la spécificité. En pratique, devant les cas de diagnostic tout à fait hésitant, l’essai de plusieurs procédés vaudra mieux que d’un seul, et on associera avec avantage, par exemple, la recherche de l’index isohémolytiqueet celle de l'index antitryptique. On obtiendra de la sorte une indication qui, en accord avec les constatations de la clinique, devient impérative et doit mener pour ainsi dire toujours au diagnostic vrai.

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