‹ Les procédés nouveaux de diagnostic du cancerChapitre 3 sur 13 · NUMEROS PARUS EN · texte numérisé non relu

NUMEROS PARUS EN

Janvier. Procédés modernes d’exploration des reins et étude clinique et thérapeutique de l’urémie.

Février. Le sommeil pathologique et thérapeutique

( Maladie du sommeil, narcolepsies , anesthésies, hypnotisme) . Mars. Les Cardiopathies ( études ethniques et thérapeutiques) .

Avril. Les récentes conquêtes de l’électricité médicale à l’usage du praticien et de l’étudiant.

Mai. La tuberculose rénale. Formes cliniques et traitement ( Thérapeutique générale, interventions, tuberculines et sérums antituberculeux) .

LE NUMÉRO : t FRANC ABONNEMENT ANNUEL (12 numéros) : 6 FR. - ÉTRANGER: 12 FR.

Par A. Herrenschmidt,

Ciief de laboratoire de la Faculté à la clinique chirurgicale de Necke •.

Au milieu du développement progressif des méthodes biologiques qui, depuis une quinzaine d’années, ont doté un certain nombre de maladies, et des plus redoutables, de moyens précieux de diagnostic et de traitement, le cancer est resté quelque peu retardataire.

Ce n'est pas qu’on l’ait négligé, au contraire; et chacun sait l’acharnement avec lequel de tous côtés on cherche à pénétrer son mécanisme biologique intime, son étiologie. L’expérimentation avec les tumeurs animales a sans doute fourni quelques données biologiques et thérapeutiques, mais insuffisantes et pas toujours applicables à l’homme.

L’effort principal dans les dernières années a consisté à rechercher des réactions spécifiques du sérum cancéreux, analogues à celles qui avaient permis dans d’autres maladies de suivre le mécanisme de l’immunité, d’obtenir des armes thérapeutiques et des méthodes diagnostiques biologiquement précises. Rien de plus légitime, car le cancer, quoique vraisemblablement de nature non parasitaire au sens habituel du mot, représente néanmoins un envahissement de l’économie par des cellules affranchies des lois qui régissent l’équilibre physiologique, cellules à allures indépendantes qui se comportent comme des parasites et qui sont susceptibles, à priori, de provoquer dans l’organisme des réactions spécifiques de défense.

Comme d’au tre part le cancer est au début un mal local radicalement curable si on le supprime en totalité, la nécessité apparaît pressante de trouver un moyen de diagnostic spécifique, qui permette de le dépister précocement et à coup sûr. dans les cas où, avec nos moyens ordinaires d’investigation, nous ne pourrions que soupçonner son existence.

Les méthodes hémodiagnostiques ont naturellement suscité le plus grand nombre de travaux, mais le courant d’idées actuel en faveur des procédés hématologiques ne doit pas nous faire oublier que les moyens locaux d’investigation ont été, de leur côté, de plus en plus per¬

fectionnés. Nous allons donc passer en revue, à regret un peu vite, parmi les uns et les autres ceux nouvellement proposés ou perfectionnés depuis environ deux ans, et dire la valeur qu’on est en droit de leur attacher; et nous voulons ainsi montrer que dans la plupart des cas de tumeur maligne, même inaccessible (les cancers qui soulèvent le plus de difficultés diagnostiques sont ceux de l’appareil digestif sous-diaphragmatique, du système nerveux central, et des reins avec les surrénales), le diagnostic cancer peut être posé avec 90 p. 100 au moins de chances d’exactitude. Mais pour atteindre ce but, il est indispensable de ne jamais séparer l’observation clinique des indications fournies par le laboratoire, de les peser comparativement avec bon sens, voire d’éliminer par leurs réactions spécifiques les maladies qui simulent le plus habituellement le cancer : la tuberculose, la syphilis, les mycoses.

La possibilité d’un pareil diagnostic ne signifie pas, malheureusement, qu’il soit à la portée de tous les médecins, surtout en dehors des grandes villes; il est, pour le moment le résultat de la collaboration du clinicien, du spécialiste et de l’homme de laboratoire. Le progrès immédiat consistera dans la simplification et la vulgarisation des procédés actuels, en attendant la méthode véritablement spécifique; car « l’hémodiagnostic du cancer n’existe pas encore » ainsi que s’exprime Weinberg au début de son rapport à la IIe Conférence internationale pour l’étude du cancer (Paris, octobre 1910).

Nous ne séparerons pas dans la suite le sarcome de l’épithélioma, et nous entendrons par cancer aussi bien la tumeur maligne conjonctivo -vasculaire que celleissue des épithéliums. Sauf une ou deux exceptions que nous signalerons chemin faisant, les deux grandes variétés de cancers ont en effet réagi identiquement dans les différentes méthodes appliquées au diagnostic des tumeurs malignes.

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