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IV. — Toxicité des épanchements cancéreux

1° Le diagnostic de la nature cancéreuse des liquides pleurétiques, ascitiques ou kystiques , par l'évaluation de leur degré de toxicité sur l’animal, serait d’une exécution relativement simple dans la pratique. C’est une étude que Mme Girard- Mangin (54) poursuit depuis plusieurs années et dont les résultats nouvellement publiés apparaissent comme concluants. Nous les résumerons ainsi :

Pleurésies. Les épanchements aigus ont une toxicité à peu près égale à celles des épanchements chroniques cancéreux ; en fait, on commettrait difficilement une erreur diagnostique entre ces deux sortes de pleurésies. En outre les animaux qui auront résisté (dose non mortelle) à l’injection d’un liquide de pleurésie ai¬

guë guérissent définitivement ; ceux qui auront résisté immédiatement à l’injection de liquide de nature cancéreuse, mourront néanmoins cachectiques au bout de quelques semaines ou de quelques mois. Les pleurésies tuberculeuses n’ont qu’une toxicité insignifiante: tandis qu'un liquidecancéreuxtue, intraveineux, avec 15 cc. maximum par kilogramme d’animal, 30 à 50 cc. d’un liquide tuberculeux ne suffisent pas à intoxiquer le kilogr. de lapin.

Ascites. Les liquides péritonéaux se comportent identiquement : leur degré de toxicité renseigne donc sur leur nature cancéreuse ou non. « L’examen toxicologique des épanchements libres et des liquides enkystés est un moyen pratique d’aider à un diagnostic hésitant », écrit Mm0 Girard-Mangin ; et encore : « La toxicité renseigne mieux que la structure histologique de la tumeur sur l’évolution clinique, et par conséquent sur le pronostic. »

La technique est des plus simples, maisil faut utiliser le liquide ponctionné sans trop tarder, car sa toxicité diminue sensiblement in vitro : centrifuger, injecter dans la veine marginale du lapin les deux premiers centimètres cubes très lentement, ensuite plus vite.

Pour les cas particuliers auxquels le procédé de Mme Girard-Mangin s’adresse, il semble bien que le clinicien ait là à sa disposition un moyen facile de mettre un terme à ses hésitations, en éprouvant expérimentalement le liquide suspect au point de vue des toxines cancéreuses.

2° Nous ne mentionnerons le diagnostic cytologique des épanchements pleuraux que pour signaler un article de Dufour (53) qui a pour but de mettre en garde contre un diagnostic trop hâtif à la vue de grandes cellules vacuolaires à noyau volumineux et irrégulier. Ces cellules vacuolaires ne sont souvent autre chose que des cellules endothéliales altérées; elles peuvent se rencontrer dans des épanchements de nature quelconque. Elles sont néanmoins plus fréquentes dans les épanchements non directement cancéreux des sujets cancéreux, et de la sorte, tout en n’étant pas un indice de pleurésie néoplasique, leur présence constitue une sérieuse présomption en faveur d’une dyscrasie cancéreuse...

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