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La procédure et le décret de canonisation

La seconde étape qui conduit une cause de béatification jusqu'aux honneurs officiels de la canonisation, est relativement moins longue et moins difficile ; et nous pourrons nous contenter d'en parler brièvement.

Sur les instances du postulateur, la S. C. des Rites examine s'il y a lieu d'autoriser la reprise du procès en vue âe la canonisation ; si la

décision est favorable, lacommissionestsigaée, comme la première introduction de la cause, de la propre main de Sa Sainteté. Le postulateur ne sollicite cette reprise que s'il a déjà les éléments du procès, à savoir les miracles.

Car tout le procès consiste essentiellement dans la discussion des miracles, régulièrement deux, obtenus par l'intercession du Bienheureux depuis le décret de béatification. Les enquêtes locales sont conduites comme pour la béatification ; à la S. C. des Rites, les miracles sont étudiés et discutés de la même manière, dans trois séances semblables, antépréparatoire, préparatoire et générale, en présence de Sa Sainteté.

Après quoi le postulateur demande le décret de tuto ; la S. C. examine la question : étant donnée toute la procédure antérieure, peut-on, en sûreté, procéder à la canonisation solennelle du bienheureux N...? Sur la décision favorable de la S. C. et du Pape, la canonisation est décidée.

Toutefois elle doit être encore précédée d'un certain nombre de solennités, à commencer par les trois consistoires, survivance de la procédure du moyen âge. Au consistoire secret, auquel prennent part les seuls cardinaux, ceux*

ci expriment leur vote sur la canonisation ; au consistoire public auquel tout le inonde peut assister, Tavocat consistorial « pérore » en faveur de la cause de canonisation ; enfin au consistoire semi-public, auquel sont admis, outre les cardinaux, les archevêques et évêques présents à Rome, tous les prélats présents donnent leur vote, après quoi le Souverain Pontife, ajoutant sa propre adhésion, indique le jour où il procédera à la canonisation. On annonce ce jour aux fidèles et on prescrit des prières préparatoires.

Tous les journaux ont longuement décria les solennités si impressionnantes des récentes canonisations. Dans la Basilique de Saint- Pierre, magnifiquement ornée, le Souverain Pontife fait son entrée solennelle, entouré de toute sa cour, de tout le clergé, des prélats et évêques et du Sacré Collège . Quand il a pris place sur son trône, l'avocat consistorial lui demande, par trois fois, de prononcer la canonisation ; aux deux premières instances, le Pape répond en invitant à prier, et Ton chante le Veni Creator, les litanies des saints et d'autres prières ; la troisième fois il proclame le décret de canonisation dont voici le passage essentiel : Ad hanarem sançtœ et individuœ Trinir'

tatis, ad catholicœ fldei incrementumetdecîis, auctoritate Domini nostri Jesu Christi, sanctorum Apostolorum Pétri et Pavli, ac Nostra, matara deliberatione et voto Venerabilium Fratrum Nostrorum S. B. E. Cardinalium, Patriarcharum, Primatum, Archiepiscoporum, Episcoporum consUio ; prœdictum N. N.

sanctum confessorem esse declaramus. « En l'honneur de la sainte et indivisible Trinité, pour Taccroissement et la gloire de la foi catholique, par l'autorité de Notre Seigneur Jésus- Christ, des saints Apôtres Pierre et Paul, et la Nôtre, après mûre délibération et sur le vote de Nos Vénérables Frères les Cardinaux de la Sainte Eglise Romaine, du conseil des Patriarches, Primats, Archevêques et Evoques ; Nous déclarons N. N. saint confesseur (ou saint martyr). »

Ce décret est suivi de la messe papale célébrée avec toute la splendeur possible, au cours de laquelle le Souverain Pontife adresse à l'assistance une courte homélie sur le nouveau saint. A l'issue de la cérémonie, on annonce la concession d'une indulgence plénière. Pen* dant l'année qui suit on fait dans beaucoup d'églises des triduum ou des octaves solennelles en l'honneur du nouveau saint.

ET DE CAiNONISATION 59

La canonisation est notifiée à la chrétienté par des lettres apostoliques en la forme la plas solennelle, signées par le Pape et par tous les cardinaux présents à Rome. On y indique, en particulier, le jour fixé pour la fête du saint.

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