La revision des écrits
Parallèlement à cette première partie du procès, il s'en déroule une autre d'importance très variable, suivant les cas, c'est-à-dire la revision des écrits. Insignifiante pour ceux qui n'ont publié aucun ouvrage ni écrit de nombreuses lettres, cette revision peut devenir extrêmement importante pour certains autres ; il y a même des exemples d'examens séparés en plusieurs séries et plusieurs séances de la
S. C. Voici en quelques mots comment on procède. Le postulateur recueille d'abord et dépose un exemplaire au moins de toutes les publications imprimées dues à son héros : en même temps il sollicite de Rome l'autorisation de faire procéder dans les divers diocèses où ils peuvent se trouver à la recherche des écrits du serviteur de Dieu ; tout le monde a pu entendre , au prône de la messe paroissiale, des avis à cette fin.
Quand les écrits sont assez nombreux et assez étendus pour mériter un examen, ils donnent lieu à un débat, suivant les formes judiciaires : l'avocat cherche à prouver que les écrits du serviteur de Dieu ne contiennent rien qui puisse porter préjudice à sa réputation de sain* teté, au contraire ; le promoteur, de son côté, épluche, comme c'est son devoir, les lettres, les passages des ouvrages, etc., qui peuvent soulever des objections contre la foi, contre les vertus du serviteur de Dieu ; enfin les cardinaux, ayant en main toutes les pièces, se prononcent sur cette revision des écrits. Leur décision, si elle est favorable, a cependant toujours un caractère négatif ; elle comporte seulement qu'on peut passer outre et que les écrits ne constituent pas un obstacle à la cause.
Mais ce serait se tromper entièrement que de voir dans la sentence favorable de la S. C. une approbation positive des idées ou des sentiments de l'auteur, moins encore une ratification de ses opinions historiques personnelles.
Cet examen est loin d'être une formalité insignifiante ; il arrive, au contraire, que des causes, d'ailleurs très intéressantes, soient complètement arrêtées, ou du moins longtemps suspendues, en raison des difficultés suscitées par la revision des écrits.