‹ Les procès de bestialité aux XVIe et XVIIe sièclesChapitre 31 sur 63 · JEAN POIGNON · texte numérisé non relu

JEAN POIGNON

ont déclaré que cejourd'huy sur les sept heures du matin ils avoient surpris ledit accusé appelle Jean Poignon sur le grand chemin de Boursault à Chailly en copulation charnelle avec une jument noire, derrière une haye, que sur cela ils avoient appelle la Maréchaussée pour emmener ledit quidam. Apres lesquelles demandes et interrogatoires lesdits témoins se sont retirez et avons renvoyé ledit accusé en prison.

Nous, François Etienne Dubourg, Licencié es Loix et Bailly de Boursault, avons déclaré ledit Jean Poignon duement atteint et convaincu d'avoir habité et connu charnellement une jument noire mentionnée au présent procès, et pris en commettant ledit délit et crime énorme ; pour raison dequoy et réparation desquels cas, ordonnons que ledit Jean Poignon sera pendu et étranglé à une potence qui sera pour cet effet plantée sur le grand chemin de Boursault à Chailly, quoy fait son corps, et celuy de laditte jument préalablement étranglée, brûlés et leurs cendres jettées au vent ; déclarons en outre tous les biens dudit Jean Poignon confisqués au profit de qui il appartiendra, sur lesquels néanmoins sera prélevée la somme de cent vingt livres, pour le prix et valeur de laditte jument, laquelle somme de cent vingt livres sera remise entre les

mains de Guerin Bousquin, laboureur, propriétaire de laditte jument. Donné par nous Bailly susdit, cejourd'huy samedy trentième jour d'aoust mil six cent sept.

Sentence confirmée purement et simplement par le Parlement de Paris, le 30 octobre 1607,

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