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visible sur la radiographie, elle est asséchée, le malade ne crache plus (obs. n° 22 et n° 24) ; ou bien elle continue à sécréter sans qu’on puisse jamais retrouver de bacilles dans l’expectoration (obs. n° 23). D’autres fois il est possible que, dans un poumon entièrement fibrosé, la caverne existe en tant que cavité sans pouvoir être décelée aux rayons X. »
HÉRARD, CORNIL et HANOT ont fait l’étude anatomopathologique de ces cavités : « ailleurs on trouve à l’intérieur de l’exca- « vation une sorte-de kyste fibreux, plus ou moins épais qui « obture l’orifice des bronches et empêche toute communication < avec l’air extérieur » (c’est un fait sur lequel nous reviendrons à propos de l’atélectasie) ; « quelquefois la caverne est tapissée < par une membrane lisse qui se continue avec la muqueuse « des bronches. Dans ce dernier cas, quoique l’auscultation de « la poitrine révèle l’existence du souffle caverneux et du gar- « gouillement, la lésion retentit à peine sur l’organisme, comme « s’il s’agissait d’une simple dilatation des bronches ».
LETULLE, dans son livre : La Tuberculose pleuro-pulmonaire, est tout à fait catégorique : « On ne saurait trop lé signaler, la « guérison d’une caverne relève, dans la presque uñiversalité « des cas, non de la rétraction cicatricielle de la poche autrefois « ulcérée, mais bien plus souvent d’une lame de tissu fibroïde « à sa surface interne ; en plus, le microscope y montrera la < formation d’un revêtement épithélial en continuité avec Vépi- « thélium des bronches tributaires en amont. » #
JACQUEROD, de même, parle, en 1995, de la cavité qui persiste « sensiblement -réduite dans ses dimensions, mais asséchée par « la transformation fibreuse de ses parois en ne donnant plus. < qu’un peu de sécrétion mucopurulente sans bacilles. Ces pro- < cessus de guérison s’observent surtout quand il s’agit de ca- « vernes isolées, et plus spécialement, quand les lésions sont « limitées au lobe supérieur.» Cependant, en 1928, ce même auteur considère le-fait comme peu fréquent : « La guérison avec « persistance de la cavité n’est pas fréquente ; j'en ai cependant « observé quelques cas. La cavité siège alors à la partie supé- .< rieure du thorax » et JACQUEROD pense dès lors que son asséchement serait dû en partie « au fait que la bronche, partant de- « la partie la plus déclive, permet un drainage parfait, empêé- « chant loute accumulation de liquide. »
AMREIN en a publié une observation clinique très démonstrative où la guérison ouverte remontait à onze ans, bien que le malade ait repris son activité. <
Plus récemment, AUERBACH et GREEN rapportent un fait analogue chez un malade qui, ayant guéri par le repos, resta employé
à l'hôpital où il avait été soigné de 1928 à 1937 avec une expectoration négative et trois images annulaires bilatérales persis-. tantes. Le malade étant mort d'’hémoptysie brutale, on put conslater que celle-ci était due à la rupture d’un anévrisme d’une branche de l'artère pulmonaire dans une des trois cavernes. Celles-ci « ne présentaient pas de caséum dans leurs parois. Les « bronches étaient largement ouvertes dans les cavités. Il y avait eu transformation .progressive de la paroi en tissu fibreux aux dépens des éléments spécifiques tuberculeux. Une épithélialisation progressive mais incomplète était présente dans les trois cavernes... ».
Pourtant, les faits de guérison ouvertes vraiment stables restent rares. Et l'explication en est fournie paæ les anatomopathologistes : TRIPIER, puis GIEGLER et ASCHOFF font, en effet, remarquer que les parois de ces cavernes qui sont bien nettoyées et dont l’intérieur est lisse et plus ou moins recouvert d’épithélium contiennent toujours des parties caséeuses dans l’épaisseur de leurs parois, si bien que le risque d’une récidive in situ les menace sans cesse. Ainsi, ROCHER rapporte le cas d’un malade porteur de cavernes sous-claviculaires, négatif pendant huit mois avant son entrée au sanatorium, puis négatif pendant onze mois (37 examens directs et 6 tubages) et qui redevint positif ensuite.
Nous verrons enfin, comment dans une de nos observations (obs. n° 7, M G..) une cavité de ce genre ayant été ouverte après pleurectomie, des petits foyers caséeux sont venus par la suite se faire jour dans la caverne.
Après avoir étudié la question des «cavernes non contagieuses », KNUTH exige une observation de quatre à cinq ans avec absence de B. K. (dans les expectorations, prélèvements laryngés ou gastriques) pour affirmer l'existence d’une guérison ouverte. . É
Nous pouvons conclure que, si l’asséchement des parois cavitaires représente «un effort de la nature modificatrice”> (LAEN- NEC), cet effort aboutit à un résultat incomplet, et par suite à une guérison imparfaite, soumise à une possibilité de récidive in situ, par ouverture dans la caverne des foyers caséeux péricavitaires qui existent toujours dans de tels cas, même si, intérieurement la cavité est lisse et parfaitement détergée.