A MES MAITRES DANS LES HOPITAUX DE LILLE PLROR NAN MITEINDE NANTES
A MADEMOISELLE LE. Docreur C: NONNE -
A MussiEURS LES Doeri
DES à
CAVERNES PULMONAIRES TUBERCULEUSES
À une époque où le traitement des lésions tuberculeuses pulmonaires excavées a fait de tels progrès que l’apparition d’une caverne chez un tuberculeux n’aggrave pas tellement le pronostic, il est remarquable que le mécanisme de la guérison de ces ulcérations tuberculeuses du poumon prête encore à discussion. Cela
tient d’une part à ce que les recherches anatomopathologiques aptes à éclairer ce problème sont restées peu nombreuses vu que l’on examine généralement des sujets morts d’extension de leurs lésions et d’autre part, à ce que les constatations qui ont pu parfois être faites ont été mal interprétées ou sont passées inaperçues — ou considérées comme représentant des cas atypiques — au milieu des courants d'idées essentiellement « mécanistes » qui dominent depuis plus d’un quart de siècle dans le monde de la phtisiologie. |
Les idées « mécanistes » ont paru seules suffire à expliquer le mode d’action de. l’unique traitement actif de la tuberculose excavée : la collapsothérapie. Aussi, est-il aisé de comprendre qu'elles aient éclipsé la biologie. Et cela, d'autant plus qu’elles ont vu de nouveaux faits, tel que le « soufflage cavitaire » sem-
-bler venir consolider leurs fondements. Et lorsque CORYLLOS eut l’idée d’expliquer la disparition des cavernes par l’occlusion de leurs bronches de drainage suivie de la résorption par le sang circulant des gaz de ces cavités exclues et suivie de l’arrêt
- de la pullulation bacillaire par la suppression de j’oxygène (qui
d’après les travaux modernes est absolument nécessaire au B. K.) on conçoit aisément qu’il ait séduit l'esprit de nombreux phtisiologues à une époque où la physique et la chimie jouaient un rôle de plus en plus important en médecine,
SN Na US
Es
PAP OLT OUR RAY LR PAUNTTE VRVOE MY
J. Tricoire s ; \
On devait même se convaincre, qu’étant donné l’état physique de distension des cavernes tuberculeuses au sein du parenchyme pulmonaire, aucun autre processus ne pouvait rendre compte de leur disparition, tandis que l’étude de l’absorption par le sang circulant des « bulles gazeuses » isolées dans l’organisme montrait qu’elles étaient soumises à une aspiration telle (par la dépression des gaz dissous dans le sang) qu'aucune caverne, si distendue qu’elle soit, ne saurait devoir y résister. +73
Cela revenait à considérer une ulcération située, en tissu vivant comme un simple ballonnet de caoutchouc à parois inertes qui ne pouvait s’aplatir que s’il était « dégonflé ». On alla même jusqu’à comparer les cavernes à des «trous», faits dans des bas de soie tendus, et qui s’agrandissent d’eux-mêmes... oubliant que la texture du parenchyme pulmonaire est toute différente de celle des bas. ce qui est fort heureux.
Cependant, la pratique de la spéléotomie devait montrer à notre Maître, le Docteur BERNOU, que les cavernes ouvertes chirurgicalement guérissaient aisément, sans «atélectasie cavitaire >, par « bourgeonnement et contraction de la plaie, pour « aboutir à une cicatrice souple, minuscule, exactement comme « bourgeonnent et se contractent les, solutions de continuité des « autres organes. » C'était rappeler que les paroïs cavitaires représentent les bords d’une brèche faite dans du tissu vivant et que cette brèche ne se comporte pas autrement que toutes celles qui peuvent être faites dans les tissus de notre organisme, qu’elle porte en elle-même des possibilités de réparation spontanée. On devait objecter que les conditions des cavernes ouvertes étaient différentes de celles sises au milieu du parenchyme pulmonaire. Il fallait répondre à ces objections, et chercher si les anatomopathologistes n’avaient jamais rien trouvé de semblable au bour-: geonnement sur les cavernes non ouvertes et s'ils l’avaient rencontré souvent. Il fallait voir de même si l’atélectasie cavitaire avait toute la valeur qu’on lui prêtait et si l’anatomopathologie confirmait son existence. C’est la rédaction d’une telle étude que le Docteur BERNOU a fait le grand honneur de nous confier. Nous. l’avons entreprise selon le plan suivant :
Dans un premier chapitre, nous rappellerons l’évolution chronologique des idées sur les guérisons des cavernes et nous discuterons les arguments émis en faveur des diverses théories suc-
cessivement apparues (théories de la guérison par simple détersion ei asséchement des parois cavitaires ; par fibrose de la caverne ou de tout le foyer malade ; par emphysème hypertro-
phique comprimant la caverne ; par- « atélectasie cavitaire » enfin). |
Dans un second chapitre, nous étudierons dans le détail le processus de guérison des cavernes ouvertes chirurgicalement et nous en tirerons des conclusions d’ordre général sur l’évolution des cavernes pulmonaires tuberculeuses.
Dans un troisième chapitre, nous basant sur les conclusions du chapitre précédent et sur les constatations des anatomepathologistes, nous essaierons d'envisager par quels processus guérissent les cavernes tuberculeuses dans les diverses éventualités thérapeutiques, faisant la part des facteurs mécaniques et des facteurs biologiques. Nous essaierons de voir enfin à quoi correspondent les différents modes de guérison, du point de vue clinique, radiologique, pronostique et thérapeutique.
# + Le
RAR R.R KR" R