‹ Les processus générauxChapitre 15 sur 45 · MO HT · texte numérisé non relu

MO HT

On donne le nom de collapsus à cet état d'afTaiblissement général de toutes les fonctions de Forg-anisme qui précède parfois la mort lente et qui est occasionné surtout par raflailjlissement excessif du travail du cœur.

Dans la nioii (ipparenle ^ l'arrêt des mouvenienis du cœur et de la respiration n'est pas absolu ; on peut encore les percevoir à l'aide de procédés très minutieux. La perte de la connaissance est cependant complète. Indépendamment de l'arrêt du cœur et de la respiration, on a donné comme signes certains de la mort l'algidité progressive du corps (algor niortis), puis, quelques heures après la fin de la vie, l'apparition de taches livides cadavériques qui se montrent surtout aux parties déclives du corps, et enfin la rigidité cadavérique (rigor mortis). Ces trois signes n'ont pas un caractère de constance absolue. Leur apparition est commandée par une foule de circonstances dépendant de l'extérieur (température, humidité, situation du corps, saison de l'année) ou de l'état pathologique du sujet (maladie infectieuse, repos ou mouvement, distension intestinale, etc.). La rigidité cadavérique peut survenir parfois quelques instants après la mort (état cataleptique) ou tarder quaranlc-luiit heures et plus avant de se montrer. Au point de vue médicolégal, c'est un proljlème difficile à trancher (]ue d'établir une limite entre la vie et la mort. D'après Brouahdel, il n'existe pas un symptôme pathognonionique qui puisse permettre de déterminer dans tous les cas avec exactitude le moment de la mort.

La mort suljite est due le plus souvent à des lésions de l'appareil circulatoire et à des troubles du système nerveux central. Cependant, des perturJjations survenues dans un organe quelconque peuvent aussi provoquer la mort subite par action réflexe sur le centre cardiaque ou respiratoire.

La mort des éléments cellulaires pris isolément ne survient pas immédiatement après la mort de l'organisme, unité vivante. De nombreux faits démontrent que les cellules des divers organes continuent encore à vivre quelques minutes et nu'Mne quelques heures après la mort. L'excitabilité de difl'érents tissus après la mort et quelques phénomènes fonctionnels qui la traduisent ont permis d'élucider ce prol)lème. L'excita1)ilité électrique des muscles et des nerfs persiste pendant deux heures et môme plus chez les animaux à sang froid; les muscles qui meurent les premiers sont, par ordre d'énumération : ceux de la nuque, du dos, de la paroi abdominale, et, en dernier lieu, ceux des membres supérieurs et inférieurs. Les études d'histologie fine portant sur les multiplications mitosiques des cellules ont montré d'une manière très précise qu'après la mort de l'individu les cellules continuent à vivre, puisqu'elles continuent à parcourir les phases de leurs divisions. Si

HISTOIRE NATURELLE DE LA MALADIE

on pi'end sur un individu, au moment de la moi t, un frag-nicnt de tissu en activité de i'ormation (tissu embryonnaire, néoplasme, tissu en voie de régénération) et qu'on fixe immédiatement les cellules de ce tissu par un réactif coagulant énergique et rapide (alcool absolu, sublimé, liquide de Flemming), on trouve, à Texamen microscopi(|ue, un grand nouTbrc de cellules en voie de karyokinèse. Si ce tissu, avant d'être fixé par les réactifs, est laissé un certain temps soit encore uni au cadavre, soit détaché et placé à l'air libre, le nombre des figures mitosiques révélant la multiplication cellulaire a beaucouj) diminué, comme si, après la mort de l'individu, les cellules avaient continué à vivre par elles-mêmes et à achever leur travail de développement. En i858 [Joitrnal de physiologie) Browx-Séquakd , ayant injecté du sang défibriné dans les carotides et les vertébrales d'une tête de chien préalablement séparée du corps, vit se produire dans les traits de l'animal des contractions qui semblaient volontaires et qui persistèrent aussi longtemps ([ue dura l'injection. Sur un chien élevé dans son laboratoire et soumis à cette expérience, ce physiologiste reconnut que les yeux se tournaient vers lui chaque fois qu'il appelait l'animal par son nom.

Les expériences, couronnées de succès, de greffes de fragments de peau de cadavre sur des plaies récentes, plaident aussi en faveur de la survie des tissus après la mort de Torganisme.

La mort réelle des cellules ne commence qu'avec la désagrégation de la matière organique qui les compose, désagrégation qui se traduit par une forte alcalinité de la réaction. Le livre de Broua.hdel « Mo// et mort subite » (Paris, iSgS'i renferme l'analyse détaillée des phénomènes observés dans la mort à la suite de différentes maladies.

Dans le sang d'un animal, la à i4 heures après la mort, ou dans le sang extrait de l'animal et gardé le même laps de temps, les leucocytes ont conservé leur vie. Rxxvier a constaté par l'observation directe que, dans le sang du lapin maintenu dans la chambre humide pendant vingt- ([uatre heures à une tempc'rature de io° à i5°, les leucocytes qui semblaient frappés de mort récupéraient leur vitalité dès qu'on les portait dans une chambre humide à 38°. Après la mort de l'animal, le cœur de la grenouille peut poursuivre ses battements pendant plusieurs heures et même plusieurs jours. Chez un supplicié Rk(;n\hu et Lovk ont constaté qu'après la décapitation et l'ouverture du thorax les ventricules ont continué à battre pendant vingt-quatre minutes, tandis que la mort du système nerveux central s'était pioduili» beaucoup plus tôt. Quatre minutes après la décapilatiou l'cxcilalion tle la moelle ne provoquait plus aucun mouvenienl.

La rigidité cadai'cjifjiie des muscles des animaux à sang fi'oid, surtout

Page 1