MORT
à l'entrée de l'air dans les poumons doit être encore rattachée à l'arrêt et à répuisement du centre respiratoire. C'est aussi par la paralysie de ce centre qu'agit le passage du courant électrique suivi de mort.
Les maladies chroniques cachectisantes f(ui s'accompagnent de pertes considérables de sang et d'al])uniine, qui entravent l'assimilation des aliments, conduisent à la mort par anoxhéniie, épuisement du centre respiratoire et aussi peut-être épuisement des ganglions cardiaques. 11 n'est pas toujours facile, dans certains cas, de préciser la cause exacte de la mort; elle n'est pas toujours unique, ni dans les cas de mort physiologique par vieillesse, ni même dans ceux où la mort survient subitement. Prenons un exemple : un homme est atteint de dégénérescence du myocarde, avec épuisement de son muscle et de ses ganglions cardiaques. De ces lésions résultent un ralentissement de l'activité cardiaque, une oxygénation imparfaite du sang et une excitation insuffisante des centres respiratoires. La mort par surmenage ou épuisement cardiaque se complique de phénomènes d'asphyxie. (Juel mécanisme faut-il incriminer quand la mort survient? le trou])le des fonctions du canir ou celui du centre respiratoire ?
La mort physiologique, c'est-à-dire la mort lente et progressive de l'organisme sans maladie, par le fait seul de la vieillesse, est extrêmement rare ; dans ce cas, on constate la diminution, puis l'absence complète d'appétit et une faiblesse générale, graduelle et progressive. Mais le plus souvent la mort survient dans la vieillesse par le fait d'une affection quelconque, albuminurie ou maladie infectieuse ou toxique accidentelle. Les tissus de l'organisme affaibli réagissent à peine contre l'agent pathogène et ce dernier exerce rapidement son action funeste sur le cœur et le centre respiratoire.
La mort graduelle est accompagnée de ce qu'on appelle la période agonique.
L'agonie (àYûv, lutte) qui, d'après les Anciens, représentait la dernière lutte entre « le principe vital » et le principe de la mort, est la période pendant laquelle l'individu se meurt lentement et graduellement. Elle correspond au moment où l'état de conscience psychique et de connaissance est aboli. L'écorce cérébrale est déjà morte, tandis que le cœur et la respiration continuent à fonctionner faiblement.
L'agonie est une sorte d'asphyxie lente. Parrot a donné de l'agonisant un tableau d'un réalisme précis et d'une belle venue littéraire. « L'agonisant est couché sur le dos, la tête renversée en arrière, ou bien, au contraire, inclinée en avant. 11 a cessé d'être en relation avec le monde extérieur : plus de connaissance, plus de sensations, plus de
HISTOIRE aatihelle de la maladie
voix. Le corps est souvent dans la résolution et c'est à peine si, de temps en temps, on observe des contractions filjrillaires, des soubresauts de tendons et, du côté des membres, quelques mouvements faibles et sans ])ut appréciable, presque toujours provoqués par la sensibilité réflexe, la seule qui ne soit pas encore atteinte. Les yeux à demi clos ou largement ouverts sonl immoljiles : il n'y a plus de clignotement. Les pupilles, presque toujours dilatées, restent insensibles à l'influence de la lumière. Le nez est effilé et froid, les pommettes saillantes, les tempes creusées et arides. La boucbe béante semble faire appel à l'air qui manque au moribond. La cavité buccale est desséchée et les lèvres, comme flétries, sont collées sur les arcades dentaires qui proéminent démesurément. La respiration est bruyante, saccadée, et l'on entend à distance les râles et quelquefois un véritable gargouillement dù à l'obstruction des voies bronchiques par d'abondantes mucosités. On voit à chaque mouvement respiratoire le larynx s'élever et s'abaisser alternativement, comme si l'air était dégluti, la dilatation du thorax étant insuffisante à le faire pénétrer dans le poumon. Le pouls est petit, en général accéléré, parfois irrégulier et intermittent. Si on vient à ausculter le C(eur, on constate l'afiaiblissement de ses bruits et la main appliquée sur la région précordiale ne perçoit plus de choc. La peau, dont la température est habituellement plus basse et quelquefois plus élevée que dans les autres périodes de la maladie, se couvre souvent d'une sueur vis(|ueuse. »
Parmi les organes des sens, l'odorat et le goût perdent les premiers leurs fonctions, puis la vue s'abolit. L'ouïe persiste plus longtemps et l'agonisant peut cpielquefois entendre sa sentence, si le médecin commet rimprudcnce de la prononcer à haute voix.
Pendant l'agonie la tem])érature s'abaisse souvenl de un à deux degrés. Cette hypofliermie n'est pas de règle absolue ; parfois même (tétanos, insolation, pyrexies) la température atteint et dépasse 4^° pendant l'agonie ou peu de temps après la mort. On a vu des cadavres té(ani(|ues atteindre 44"- cause de celle hyperihermie réside dans l'excès de chaleur que le ralentissement ou l'arrêt de la circuhilion cutanée ne permet plus d'émettre par rayonnement.
Les conlraclions du visage provoquées par les soulfraiices ali()c(>s de la maladie ou encore l'assymcUric^ produite^ par la paralysie de ([uel- (pies nuiscles de la l'ace, disparaissent pendant l'agonie; les assistants sonl frappc's par l'asjjccl de sérénité et (juchpiefois de majeslé iinpré\ u(> (|ue présenlenl à ce moinenl suf)rèine les traits des malades.
L'agonie peul durer de uuv heure à deux jours el mèm(> ])his. Le momeiil (hi dernier ballcnieiil cardia(|ue (h)il élre consich'-ré comme l'i nslanl de hi niorl .