LES QUINQUINAS
llislorique. — OrigiDO. — DescriplioD. — Culture.
Parmi les plus précieuses conquêtes de la thérapeutique, il faut citer au premier rang le Quinquina, dont récorceest si utile aux fébricilants, et tout particulièrement aux coloniaux.
Historique. — Les quinquinas sont des arbres de la famille des Hubiacées, qui appartiennent au genre Cinchona: nom qui perpétue le souvenir de la comtesse El Chinchon, femme d'ui) des vice-rois espagnols du Pérou, au début du xvii*" siècle. Guérie de la fièvre par cette drogue, jusqu'alors employée seulement par les sauvages, elle la mit en crédit en la faisant connaître.
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C'est d'abord sous le nom de poudre de la Comtesse que récorce de quinquina pulvérisée fut connue et employée.
En 1648, les Jésuites l'importèrent en Europe sous le nom de poudre des Jésuites eilsL vendirent à un prix énorme (400 pistoles la dose). Louis XIV en acheta le secret et divulgua son origine. Le quinquina s'imposa alors peu à peu par son action bienfaisante, en dépit de toutes les oppositions des facultés dePépoque, longtemps après que les Péruviens en eurent démontré Tefficacité.
Les savants français lurent parmi les premiers à en faire connaître la valeur. La Condamine en 4751, Joseph de Jussieu, et surtout Pelletier et Caventou qui, en 1820, isolèrent le principe actif, la quinine, rendirent à l'humanité un service que proclame, dans le bronze de leur monument, la reconnaissance de la postérité.
Origine. — Mais, l'emploi de plus en plus répandu du remède ne tarda pas à diminuer ses sources d'origii^e, et les forêts des Andes, exploitées d'une façon barbare, s'éclaircissaientde manière alarmante. Préoccupé ajuste titre de cet état de choses, le gouvernement anglais songea, dès 1840, à introduire la culture des Cinchona dans l'Inde britannique.
Le projet fut mis à exécution en 1846, lorsque Weddell. botaniste français, eut envoyé, de Bolivie, des graines de quinquinas au Muséum d'histoire naturelle de Paris, qui en distribua généreusement les plants de multiplication. Ainsi furent créées des plantations dans l'Inde, à Ceylan et à Java.
En 1868, il y avait dans Tlnde (Sikkim, au pied de l'Himalaya) 1.200.000 quinquinas et, en 1886, 5 millions de pieds des espèces reconnues les meilleures et les plus aptes à s'accommoder du climat de la région.
A Java, pays merveilleusement doué au point de vue du sol et du climat pour la réussite de cette culture, le premier Cinchona fut planté en 1852. On y compte aujourd'hui huit plantations d'une très grande importance (plus de 9 millions d'arbres en 1908).
PLANTES Hl
Description. — Les Cimikona sont des arbres de 10 a 25 niclresde hauteur, ou des arbrisseaux, qui croissent k
Fig. m. — BntiiCHE r>E uitnuuiN'I {Cinchona sucni-iilira\ .
des altitudes comprises entre 1.200 cl 2.300 mètres dans les Andes du Pérou, du Brésil et de la Bolivie, dans une rô};ion limitée par le 10» de latitude nord et le 19» de latitude sud. Leurs Teuillea sont opposées, entières,
ovales ou lancéolées, plus ou moins amples, persislantes, vertes, mais rougissant avec Tâge. Les fleurs, à parfum agréable, en grappes composées, terminales, sont blanches ou carnées, à corolle infundibuliforme divisée au sommet en 5 lobes velus extérieurement et portant quelques poils sur la face interne (fig. 174). Le fruit est une capsule à 2 valves contenant de nombreuses graines aplaties, entourées d'une aile membraneuse. Leurs feuilles, fleurs, mais surtout les écorces contiennent, en proportions variables suivant les espèces, des principes amers, alcaloïdes, dont le plus important est la quinine et qui est accompagné, entre autres, d'un principe moins actif : la cinchonine.
Parmi la trentaine d'espèces connues botaniquement, les chimistes d'abord, les planteurs ensuite en ont retenu trois principales qui donnent les meilleurs rendements en alcaloïdes :
i^ Le Cinchona Calisaya Weddell, aujourd'hui le plus répandu dans les cultures, surtout avec sa variété LedgerUtna (C. Ledgeriana Moens), à cause de sa teneur en quinine (moins de cinchonine). C'est le quinquina le meilleur du commerce où il est connu sous les noms de China regia et Calisaya jaune rayai. Son écorce épaisse donne une poudre jaune-orangé.
2** Le C. succirubra Pavon, grand arbre à feuilles ovales, amples, riche en quinine, en cinchonine et en cinchonidine, appelé quinquina rouge, à écorce volumineuse, donnant une poudre d'un rouge vif.
3** Le C. officinalis Linné, la première espèce connue, riche en cinchonine et plus pauvre en quinine. 11 donne tous les quinquinas gris du commerce; son écorce est assez mince, roulée, astringente.
Nous négligeons les autres espèces, d'un intérêt secondaire ou historique, comme le C. Pahudiand, qui fui d'abord cultivé à Java, puis abandonné au profit du C. Ledgeriana.
Culture. — La culture des Quinquinas, pour laquelle.
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il y a quelques anaées encore, on avait conçu beaucoup d'espérances dans nos colonies, nous apparait aujourd'hui comme moins engageante, à cause de l'échec que les tentatives faites ont déjà éprouvées, et aussi du fait de l'avance énorme que l'Inde d'abord, Java ensuite, ont prise et qui ne laisse plus grande place ni bénéiice à espérer pour les autres.
En effet, la production culturale et industrielle spécialisée, monopolisée en quelque sorte par les établissements de Java, font que le gramme de bisulfate de quinine qui valait, il y a trente ans encore, 1 franc, peut être obtenu actuellement au prix de 8 centimes cristallisé et de 2 centimes non cristallisé (2 francs et (K^bO l'once de 28 grammes).
La surproduction — mot d'ailleurs impropre et qui indique surtout une diminution des bénéfices réalisés par le producteur vendeur — a déplacé les centres de culture des Indes et de Ceylan à Java où 9 millions d'arbres fournissent actuellement 400.000 kilogrammes de quinine, soit plus des 4/5 de la production mondiale. La production mondiale des écorces est, d'autre part, de 8.000 tonnes, dont 6.000 pour Java, et le reste pour l'Amérique méridionale et l'Inde.
Nous voyons là, comme pour VHevea brasiliensk, l'énorme influence des cultures bien conduites. La remarque est à souligner particulièrement, car c'est grâce à leurs études scientifiques, de laboratoire et de culture, que les Hollandais, qui sont nos maîtres en la matière, ont réussi à créer cette richesse de leur colonie. Ils la développent sans cesse par les travaux poursuivis sans relâche dans leur célèbre établissement botanico-agricole de Buitenzorg (Java) que Ton peut citer comme un modèle du genre.
Par sélections, hybridations, greffe (qui conserve les variétés dont l'analyse a reconnu la plus grande richesse), par des opérations culturales judicieuses, très soignées, les Hollandais ont montré, comme pour la guttn-percha^ ce que vaut la méthode, la science et la suite dans les
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idées. L'initiative de cette entreprise habile est duc au professeur Jiinghuhn dont le monument, à Lembaiig, se trouve au milieu d'une splendide plantation xlc quinquinas (fig. 175]. C'est maintenant M. Van Lecrsuni qui
dirige cet important service.
Nos ^orta pour introduire la culture des quinquinas dans nos cotouies ont échoué et ontd'nilleurs moins d'in-
térêt aujourd'hui, bien que les promesses de rùusstle soient réelles dans certains cas.
La Réunion et Madagascar entretiennent encote des essais. L'Indochine et les Antilles ont abandonné.
La récolte se fait : par coupe en taillis, la souche donnant des rejets; parabatage; par écorçage sur arbres vivants, l'écorce se reproduisant ensuite.
Les grosses écorces du tronc sont maintenues plaies par des poids ; les minces, des branches, se routent par la dessiccation.
Les troncs couverts de mousse et croissant à l'ombre
étaat plus riches en alcaloïdes, on a imaginé l'opération du moussage, qui consiste à revêtir les troncs de mousse, maintenue à Taide de bandelettes. Les racines sont plus riches en principes extractifs que les parties aériennes des arbres.
L'usine modèle pour la préparation des produits cristallisés et autres, tirés des quinquinas, se trouve à Bandoung, au centre de Java.
il existe beaucoup de plantes réputées fébnfuges ; aucune n'égale Faction de la quinine sur les hématozoaires de Laveran.