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LE KOLATIER

Le kolatier (Cola acuminata Robert Brovvn, StcrcuUa acuminata Pal. de Beauvois) (famille des Sterculiacées) est un arbre originaire de la côte occidentale d'Afrique et du Soudan. On le trouve à l'état sauvage, ou cultivé, depuis le 10<^ de latitude nord jusqu'au 5*^ de latitude sud, mais il est surtout abondant en Guinée française, à Sierra-Leone, à la Côte d'Ivoire et à la Gold Coast.

Il produit la noix de kola, dont l'usage par les indigènes de l'Afrique tropicale semble remonter aux temps les plus reculés.

C'est Lopez, dans son ouvrage Relatione del Reame di CongOy publié en 1591, qui en fait la première mention dans les termes suivants : « Vu un autre arbre qui produit un fruit nommé kola et qui est grand comme un noyer; ce fruit, semblable à la châtaigne, est de couleur rouge ou rose. On le tient dans la bouche et on le mâche pour combattre la soif et assainir l'eau. » Mais la description complète de l'arbre ne fut donnée que beaucoup plus tard, en 1804, par Palisot de Beauvois, dans la Flore d'Orvare et de Bénin.

Le kolatier est un bel arbre de 10 à 15 mètres de hauteur, à feuilles alternes, entières, ovales-lancéolées, acuniinées; les fleurs, monoïques, sont disposées en grappes unisexuées, ou portant à la fois des fleurs des deux sexes;

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les fleurs femelles sont moins nombreuses que les fleurs mâles {fig. 17'6).

Le fruit est un follicule, sorte de gousse coriace renfermant de 3 à 10 graines de la grosseur d'un petit marron, anguleuses, sans albumen et de couleur rouge ou blanche. Certains kolatiers ne produisent que des graines blanches et d'autres, que des graines rouges, mais le même arbre peut donner les unes et les autres dans le même fruit.

Les blanches sont les plus estimées des indigènes, mais les rouges plus exportées.

Les voyageurs ont reconnu l'importance du rôle que joue la noix de kola en Afrique, où elle est consommée comme masticatoire par plus de 20 millions de noirs, auxquels elle sert de base essentielle pour les marchés, les contrats de toutes sortes, les cérémonies religieuses, judiciaires ou politiques, en raison du prix qu'ils y attachent. Le kola blanc est un présent d'une valeur parfois inappréciable, qui sert de gage d'amitié et avec lequel se nouent les alliances.

C'est aux travaux du D*" Heckel, de Marseille, et du chimiste Schlagdenhauffen, son collaborateur, que Ton doit la connaissance utile de ces graines, et à la persévérance du premier, leur emploi de plus en plus grand dans la thérapeutique.

Leurs propriétés sont dues, d'après l'analyse, à une teneur élevée en alcaloïdes stimulants : caféine, 28'',348 ; théobromine, 08%023 ; rouge de kola, 1k'',290 ; albuminoïdes, ôB^'jôTi. M. Goris y a découvert récemment un nouvel alcaloïde, la kolatine, qui est détruit par la dessiccation ; il en résulterait que, pour en tirer les meilleurs efiets, la noix doit être utilisée fraîche. A l'état sec, son action serait celle d'un mélange de tanin et de caféine.

Cette graine est astringente et a une saveur amère, mais l'Européen la consomme volontiers après quelques essais, et son bienfait est indéniable.

En Europe, le produit est consommé en préparations liquides ou solides, granules, pastilles, tablettes, et con-

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sidéré juridiquement comme un aliment, ce qui en enlève le monopole à la pharmacie.

Les effets stimulants, toniques du cœur, modérateurs de l'essoufflement sont si bien reconnus aujourd'hui, que les troupes reçoivent la drogue sous forme de biscuits dits « accélérateurs ». Ces effets sont précieux dans la montagne et la richesse en tanin de la kola la fait préconiser contre la diarrhée des troupes en campagne.

Les nègres du Congo ont, parait-il, une façon bizarre et ingénieuse de conserver leurs récoltes. Us confient les graines fraîchement récoltées à des termitières où les fourmis blanches les débarrassent de leur enveloppe mucilagineuse, en laissant intactes les graines ellesmêmes, sans doute à cause de leur amertume. Mais elles les recouvrent de la boue argileuse et durcie qui sert à faire la carcasse de leur habitation, et les mettent ainsi à l'abri de la pourriture. Lorsque les nègres en ont besoin, ils déterrent la quantité voulue, et les fourmis réparent les dégâts de la brèche. On peut ainsi conserver des stocks pendant des années, dit-on.

Culture. — Le koiatier se multiplie par graines, mais on doit se servir du greffage pour reproduire les variétés et individus qui produisent le plus de fleurs femelles, de manière à s'assurer une fructification abondante et régulière. Il supporte mal la transplantation.

On doit le cultiver en sol fertile et le protéger des ardeurs du soleil pendant les premières années. Après 10 à 15 ans de plantation, l'arbre est en plein rapport et peut donner en moyenne, en deux récoltes, 10 kilogrammes de noix, le kilogramme ayant une valeur de l'%50 environ : mais il commence à produire vers la cinquième année.

D'après M. H. Fillot, la noix de kola donnerait lieu annuellement, en Afrique, à un chiffre d'affaires de plus de 34.000.000 de francs dont :

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